Dans une lettre à l’Organisation internationale du Travail (OIT), la Federation of Civil Service and other Unions (FCSOU), sous la signature de son président, Narendranath Gopee, s’élève contre le commissaire des prisons. L’union accuse Vinod Appadoo de répression syndicale, d’entrave et d’interférence dans les activités de la Prisons Officers’ Association. Ce qui va à l’encontre de la Freedom of Association and Protection of Rights to Organise Convention (N°87) de l’OIT (que Maurice a ratifiée en avril 2005) et la section 30 de l’Employment Relations Act.
$Dans sa lettre à l’OIT, le président de la FCSOU, Narendranath Gopee, rappelle que le 10 juillet, Hanson Heeranath Mungrah, en tant que secrétaire de la Prisons Officers’ Association (POA), a participé à une émission sur une radio privée. « Le 14 juillet 2017, le secrétaire de la POA a reçu une lettre du Commissioner of Prisons, lui demandant des explications sur ce qu’il considère comme étant une violation des procédures, pour n’avoir pas au préalable recherché sa permission afin de participer à cette émission radiophonique », précise Narendanath Gopee dans sa lettre. Le commissaire des prisons, Vinod Appadoo, affirme que Hanson Heeranath Mungrah « aurait violé le Standing Order N°25 », c’est-à-dire, la section 6 (b) du Code of Offence against discipline.
« Or, le Standing Order concerne les actions disciplinaires à l’encontre des officiers de la prison qui ont commis un délit, et non contre un syndicaliste », relève le président de la FCSOU. « En plusieurs occasions durant l’émission radiophonique, le présentateur a clarifié le statut Hanson Heeranath Mungrah en tant que représentant de la POA et non comme un “prison officer” », ajoute-t-il.
La FCSOU estime que cette action du CP est répressive, anticonstitutionnelle et vise intentionnellement à décourager le secrétaire de la POA à assumer de manière légale ses activités syndicales. Le président de la FCSOU rappelle que le GM se doit de promouvoir un esprit de démocratie participative, que tout citoyen mauricien doit respecter. « Une violation de ce principe démocratique fondamental de façon unilatérale qui compromet le droit à la liberté d’expression doit être découragée pour permettre un meilleur fonctionnement de nos institutions », observe le syndicaliste.
Dans ce contexte, la FCSOU exhorte l’OIT à faire pression sur le gouvernement pour rappeler à l’ordre Vinod Appadoo. « Nous vous demandons de plaider auprès du gouvernement mauricien pour demander au commissaire des prisons de s’abstenir d’exercer son autorité arbitraire envers le secrétaire de la POA », écrit Narendranath Gopee. Le président de la FCSOU rappelle que la POA est un syndicat dûment enregistré et reconnu par l’employeur (ndlr : le gouvernement) et son agent (ndlr : le commissaire des prisons) comme un « bargaining agent » pour la « bargaining unit » de la prison. En outre, Hanson Heeranath Mungrah, en tant que secrétaire du syndicat, a été plusieurs fois sollicité par la presse et les médias pour débattre des questions relevant des conditions de service des officiers de prison.
Nerendranath Gopee argue également que l’Article 156 des Digest of Decisions and Principles du Freedom of Association Committee of Governing Body de l’OIT stipule que « the right to express opinion without previous authorization through the press » est un droit fondamental. De même, poursuit le syndicaliste, les Nations unies, en synthétisant les libertés citoyennes comme définies dans la Déclaration universelle des Droits humains, affirment que la liberté de pouvoir émettre ses opinions sans aucune interférence et sans avoir à rechercher une permission préalable est une « composante privilégiée » de la liberté d’expression.