En marge des procédures en Cour suprême dans l’affaire des réclamations logées par des membres de la famille Mohamed suite à des allégations de trafic d’armes, l’Executive Director de Conflict Awareness Project (CAP), Kathi Lynn Austin, passe à l’offensive contre l’Independent Commission against Corruption (ICAC). Cette dernière est ciblée dans une affaire de « breach of trust, confidentiality and security » intervenant dans les locaux du haut-commissariat mauricien à Londres en mai de l’année dernière.
Par voie de lettre ouverte au Directeur des Poursuites Publiques, Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, Kathi Lynn Austin réclame une enquête au plus haut niveau dans cette affaire. « Without your swift action, I fear that certain entities within Mauritius may continue their attempts to hinder our cooperative approach towards investigating arms trafficking and other possible crimes committed in your country », écrit-elle à cet effet.
Kathi Lynn Austin retrace la chronologie des événements menant au rapport dénonçant la participation de marchands d’armes russes notoires dans un réseau opérant à partir de Maurice. « Prior to releasing the report, I met officials from Mauritius in order to alert them to the facts of the case », fait-elle comprendre en soutenant que, dès cette étape, elle avait rassuré les autorités de sa collaboration dans toute enquête subséquente.
Puis devait intervenir la déclaration de novembre 2012 à l’assemblée nationale du Premier ministre, Navin Ramgoolam, au sujet des garanties à la sécurité de l’Executive Dircetor du CAP. « Subsequently, ICAC proposed a confidential meeting at the Office of the High Commissioner in London, rather than in Mauritius, to avoid any potential harm or threat of legal action against me », affirme-t-elle dans cette correspondance.
Grande devait être la surprise pour Kathi Lynn Austin que le rendez-vous convenu de manière confidentielle avec l’ICAC en mai de l’année dernière avait fait l’objet de fuites. « On the last day of our London meetings, an unknown individual entered the Office of ther High Commissioner with the intent of serving Court papers against me », confirme-t-elle en ajoutant que, « possibly as intented, these Plaints have hindered cooperation on the investigation related to the aforementioned operation ».
La patronne de Conflict Awareness Project est très sévère à l’encontre du silence assourdissant de l’ICAC au sujet de cette fuite d’informations au plus haut niveau. « As of today, neither I nor CAP have received a response from ICAC or any other Mauritius government authorities concerning the breach of trust, confidentiality and security that occurred at the Mauritius Office of the High Commisioner in London », s’insurge-t-elle, d’où cet appel au DPP en vue d’instruire une enquête formelle sur cette affaire.
En conclusion, Kathi Lynn Austin ajoute que « finally, let me conclude with the assurance that we at CAP remain firm in our office to assist relevant authorities on matters raised in the August 2012 CAP report ».
Dans le camp des Mohamed, l’on rejette la thèse de fuites d’informations au sujet du déplacement de Kathi Lynn Austin à Londres. Ils ajoutent qu’ils avaient eu recours au service de détectives privés à l’étranger pour pouvoir retracer les mouvements de la directrice de CAP et servir les documents de réclamations logées en Cour suprême à Maurice.