Après que Paul Bérenger a décidé de seconder la motion de Pravind Jugnauth, mardi au Parlement, contre le budget supplémentaire de l’ICAC dans le cadre du Supplementary Appropriation Bill 2010, l’Alliance de l’Avenir se pose des questions sur le rôle du leader de l’Opposition. En effet, au cours d’une conférence de presse tenue hier, Nita Deerpalsing et Lindsay Morvan, directeurs de la communication du Ptr et du PMSD, ont indiqué que « cette prise de position de Paul Bérenger est la preuve de son instabilité politique ». « Tantôt il se vante d’avoir dénoncé le scandale MedPoint (…), tantôt il soutient le MSM, ek rant dan kaless kassé du scandale du siècle. Pourquoi ? Même ses députés s’en étonnent », devait ajouter Nita Deerpalsing.
L’attitude de Paul Bérenger est des plus complexes pour les membres de l’Alliance de l’Avenir. Ces derniers se disent « étonnés », non seulement par « l’hypocrisie de Pravind Jugnauth » concernant l’affaire MedPoint, mais également du soutien du leader du MMM, qui se vantait récemment d’avoir révélé le « scandale du siècle », au MSM. Revenant sur la motion de Pravind Jugnauth, mardi au Parlement, contre l’octroi d’un budget supplémentaire de Rs 3 millions à l’ICAC, la directrice de communication du Ptr rappelle que « c’est Pravind Jugnauth lui-même qui a créé ce supplementary expenditure ». La signature de Pravind Jugnauth, alors Grand Argentier, dans le dossier du financement de l’achat de la clinique MedPoint, en est, selon elle, la preuve. « Pravind Jugnauth a de ses propres mains signé ce document le 23 décembre 2010 », dit-elle. Le contrat de vente entre le ministère de la Santé et Krishan Malhotra a été signé le 28 décembre 2010, alors que le chèque de Rs 144,7 M, représentant le montant de la vente, a été remis le même jour. Et le 29 décembre 2010, le chèque remis au Dr Malhotra avait déjà été encaissé, permettant à la soeur de Pravind Jugnauth, Shalini Jugnauth Malhotra, « de se mettre Rs 15 millions dans les poches ». « Bann zafer inn fer vitess lalimiere », fait ressortir Nita Deerpalsing, soutenant que si cette affaire s’est déroulée aussi rapidement, « c’est probablement en raison du Capital Gains Tax qui devait prendre effet dès le 1er janvier 2011, comme l’avait envisagé l’ancien ministre des Finances, Pravind Jugnauth lui-même ».
« Des militants mauves dégoûtés »
Pour la directrice de communication du Ptr, la demande de Pravind Jugnauth au Parlement relèverait du jamais vu. « Alors qu’il a lui-même créé ce supplementary expenditure, aujourd’hui il demande de ne pas cautionner ce budget ? Come on, il n’y a rien de sérieux là-dedans », dit-elle. Et de rappeler qu’en règle générale, l’Estimate of Supplementary Expenditure (ESE) se doit d’être présentée au Parlement six mois après le budget. La dernière présentation budgétaire ayant été faite en novembre 2010, l’ESE aurait dû être présentée vers mai/juin 2011. « Pourquoi ce document, ayant déjà été préparé par l’ex-ministre des Finances, n’est-il pas sorti de ses tiroirs ? », se demande Nita Deerpalsing. Cependant, dit-elle, « la population mauricienne sait très bien que le MSM existe uniquement pour le clan familial ». Ce qui la choque davantage, c’est la prise de position du leader du MMM. « Même les députés de son propre parti étaient étonnés et embarrassés de sa décision de seconder Pravind Jugnauth », assure Nita Deerpalsing, concluant « qu’effectivement, des années-lumière séparent les militants du MMM de leur leader ».
Et sur le terrain, cette distance est encore plus visible, soutient-elle, affirmant que « les militants de longue date se disent dégoûtés par l’attitude de leur leader ». Et ce, pour la plus grande joie du Ptr. Nita Deerpalsing confie en effet qu’un groupe de militants mauves de la circonscription N° 18 (Belle-Rose/Quatre-Bornes) l’aurait approchée, de même que son colistier Xavier-Luc Duval, pour « soutenir le Premier ministre dans son projet de développement du pays », et se joindre ainsi à l’Alliance de l’Avenir.
Épidémie de fausses nouvelles
Abordant le sujet de la fragilité de la majorité parlementaire du gouvernement, Nita Deerpalsing soutient, une nouvelle fois, qu’« une majorité est une majorité, et nous allons continuer à implémenter le programme gouvernemental ». Elle devait ajouter que la population a pu se rendre compte que, même si le MMM s’unit au MSM pour « mettre des bâtons dans les roues du gouvernement », l’ESE a tout de même été votée par 36 voix contre 29 à l’Assemblée Nationale. Dénonçant ce qui serait, selon elle, « une épidémie de fausses nouvelles dans le pays », notamment des rumeurs autour d’éventuelles défections de députés rouges pour rejoindre une éventuelle alliance MSM-MMM, Nita Deerpalsing a lancé un appel pour « un minimum de professionnalisme » de la part des journalistes.
S’appuyant sur les résultats d’un récent sondage politique, Nita Deerpalsing soutient que « pena personn ki latet pa lor zepol pou kit enn Premier minis ki ena soutien la population ». Ce qu’il faut retenir de ce sondage selon elle, c’est que le leader du Ptr dispose d’une appréciation de 56% du public, contre 29% pour le leader du MMM, et 2% pour Pravind Jugnauth. « Qu’il s’agisse d’Anil Baichoo, de Kalyanee Juggoo ou de Mookhesswur Choonee, les trois noms cités comme pouvant prochainement quitter le gouvernement et le Ptr, tous nient catégoriquement », soutient-elle, ajoutant que « personn pena lintention pou al dan kaless kassé. Et zot tou solider ek zot leader ».
Remake 2000 : « Un joke »
Déplorant les articles de presse de « type far west » qui alimentent l’actualité politique, les représentants de l’Alliance de l’Avenir dénoncent les « articles téléguidés pour tenter de déstabiliser le gouvernement et créer la confusion au sein de la population ». Ils y voient un signe « du désespoir dans lequel se trouve l’Opposition aujourd’hui ». « En plus de vouloir déstabiliser l’Alliance de l’Avenir, l’Opposition se sert de ces magouilles, de ces cinémas, pour tenter de gard zot dimoun mobilisé ». L’Alliance de l’Avenir dit également ne pas craindre un « remake 2000 », considérée comme « un joke », préférant se concentrer sur le budget « réaliste » qui sera présenté le 4 novembre. « Un budget responsable et réaliste, rien d’électoraliste, dans un contexte économique mondial difficile », rappelle Nita Deerpalsing, assurant que le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, fera de son mieux pour que ce budget génère la croissance économique et consolide