Lors d’un congrès tenu hier soir à Curepipe, et ponctué par la présentation des candidats pour la Ville Lumière aux municipales, l’Alliance Lepep s’est félicitée d’avoir placé une femme sur la plus haute marche de l’État. Les différents intervenants n’ont d’ailleurs pas manqué de souligner que l’Alliance Lepep a tenu sa promesse faite durant la dernière campagne électorale.
La coalition gouvernementale entame cette semaine sa dernière ligne droite de sa campagne sur le terrain, multipliant les contacts avec son électorat. Toutefois, elle a tenu à mettre en garde contre Éric Guimbeau et son parti, le BSD, « en qui l’électorat ne devrait pas faire confiance » !
Le leader du MSM a qualifié l’intronisation d’Ameenah Gurib-Fakim comme Présidente de la République de « jour historique ». Il poursuit : « L’Alliance Lepep a marqué l’histoire. Nous avons élu une femme au poste de Speaker et, maintenant, une femme occupe le poste de Présidente de la République. » Le leader du MSM a par ailleurs critiqué Paul Bérenger pour avoir précipitamment quitté la State House avant même le début de la cérémonie d’intronisation de la nouvelle Présidente de la République. Pour Pravind Jugnauth, il s’agit d’un « affront » fait à une cérémonie solennelle. « C’est du Bérenger tout craché ! », dit-il.
Pravind Jugnauth a tenu ainsi à dénoncer la campagne de « dénigrement » menée par Navin Ramgoolam et son allié, Paul Bérenger, durant la dernière campagne électorale dans le cadre des élections générales. Il a cité une déclaration de Navin Ramgoolam lors d’un meeting où l’ancien Premier ministre avait mis en doute les compétences d’Ameenah Gurib-Fakim pour assumer le poste-clé de présidente sous prétexte qu’elle n’avait « pas les compétences nécessaires » pour être élue vice-chancelière de l’Université de Maurice.
Pravind Jugnauth a de nouveau pris pour cible Paul Bérenger pour ses « déclarations contradictoires » et Navin Ramgoolam pour ses « largesses et les scandales » dévoilés au grand jour. « Bérenger koze apre ki azir ene lotte façon. Aster la li offense ki line pane ressi seconde motion pou nomination Ameenah Gurib-Fakim dan Parlman », a soutenu Pravind Jugnauth.
Poursuivant sur Paul Bérenger, il a accusé ce dernier d’avoir fait circuler, durant un récent meeting, un article de presse datant de 2000 et dans lequel le leader du MSM avait déclaré que « le pays avait besoin de 200 personnes comme Dawood Rawat », le patron de la BAI. Et le leader du MSM de rétorquer à ce propos qu’il estimait à l’époque qu’il se devait « d’encourager les businessmen créant de l’emploi et qui prospèrent ». Et de lancer : « Il était tout à fait normal à l’époque que je lui donne mon soutien. Si j’avais su qu’il utilisait l’argent des polices d’assurance pour se remplir les poches, ou kwar ki mo ti pou dir kass pake ? »
Le leader du MSM a fait un aveu de taille en admettant que l’alliance PTr/MSM avait obtenu, en 2010, le financement de la BAI lors des élections générales. Mais il devait cependant mettre au défi Paul Bérenger de dévoiler les sources de financement du MMM pour les dernières élections générales. « Bérenger doit rendre des comptes », a déclaré Pravind Jugnauth. Le ministre de la Santé et membre du Mouvman Liberater, Anil Gayan, devait, plus tard, indiquer que le financement du MMM par la BAI était à hauteur de RS 10 millions.
En ce qui concerne le cas d’Éric Guimbeau, les intervenants de l’Alliance Lepep ont mis en garde l’électorat de Curepipe en lui demandant de « ne pas lui faire confiance », et ce suite aux « résultats décevants » de Mario Bienvenu lorsqu’il était maire de Curepipe. Alors que ce dernier, représentant le MMSD, était au pouvoir depuis 2012, l’Alliance Lepep a déploré le manque d’intérêt de Mario Bienvenu pour la ville, estimant qu’Éric Guimbeau « n’était pas le meilleur exemple ». Et de faire ressortir : « Enn zom pa kapav sanz enn lavil. Gimbo napa ala hauteur… Il faut une équipe pour développer une ville ! »