Pravind Jugnauth, un des dirigeants de l’Alliance Lepep et également leader du MSM, a annoncé une série de lettres qu’il enverra dès demain au Premier ministre indien, au Speaker de l’Assemblée nationale et à Airbus respectivement, dans les plus brefs délais. Il écrira d’abord à Narendra Modi, Premier ministre indien, pour attirer son attention sur les conditions dans lesquelles le gouvernement mauricien s’apprête à lancer le projet de métro léger.
La lettre qui dénoncera ce “scandale”, a annoncé Pravind Jugnauth lors de la conférence de presse de l’Alliance Lepep hier après-midi, sera envoyée demain. “Narendra Modi avait non seulement fait campagne contre la fraude et la corruption, mais aussi sur la bonne gouvernance et la transparence. De ce fait, il comprendra très bien la pertinence de nos propos quand nous disons : quand une assemblée à été dissoute, le caretaker governement doit laisser le soin au prochain gouvernement de prendre la décision qui s’impose sur le métro léger”, a déclaré Pravind Jugnauth.
Ce dernier a rappelé que “Paul Bérenger limem finn dir ki na pa kapav alwe enn kontra alor ki ena enn caretaker government !” Pour Pravind Jugnauth, l’allocation du contrat se fait dans la précipitation. “Un contrat alloué à Rs 24 milliards et qui passe ensuite à Rs 32 milliards avec l’operating cost est inacceptable (…) Ils n’ont pas le droit moral d’agir ainsi. Zot pa kapav amar lame-lipie enn prosen gouvernman”, a décrié le leader du MSM.
Mais le gouvernement indien ne sera pas le seul à prendre connaissance de la lettre de Pravind Jugnauth. La société indienne AFCONS Infrastructure Ltd, qui a décroché le contrat du projet de métro léger, recevra également une copie de cette missive. Et continuant sur la même lancée, Pravind Jugnauth a indiqué qu’il écrira aussi à Airbus, “qui prône la transparence et la bonne gouvernance dans sa mission d’entreprise”, à propos des avions achetés par Air Mauritius et dont le montant n’a pas été divulgué.
Dans un autre temps, Pravind Jugnauth adressera une lettre au Speaker de l’Assemblée nationale. C’est en sa capacité de leader de l’opposition, a-t-il dit, qu’il lui demandera une copie du rapport de l’Audit. “Malgré la dissolution du Parlement, je suis toujours leader de l’opposition. J’ai le droit d’avoir une copie du rapport de l’Audit (…) et prendre connaissance de son contenu”, a expliqué Pravind Jugnauth.
Et de conclure à ce sujet : “Le Premier ministre aurait dû rendre public le rapport de l’Audit dans les jours qui ont suivi le 5 septembre dernier, soit la date à laquelle il dit avoir déposé le document à l’Assemblée (…) Il n’est pas difficile de comprendre la stratégie et les raisons qui ont incité Navin Ramgoolam à cacher ce rapport !”
Coupures d’eau récurrentes
 Déplorant les propos de Navin Ramgoolam sur l’état de santé d’Ivan Collendavelloo, autre dirigeant de l’Alliance Lepep et leader du Muvman Liberater (ML), Pravind Jugnauth a expliqué ne pas comprendre les attaques du leader du PTr. “Nou ti dan Remake kan Bérenger ti dekouver so kanser. Nou ti fer la priyer pou so lasante refer. Zordi nou adverser, nou pe kontiynn fer la priyer pou so lasante. Kan Navin Ramgoolam, ki nou adverser, ti fer intervansyon sirizikal dan l’Angleterre, nou ti fer lapriyer pou so lasante refer.” “Nous avons des opinions et arguments politiques opposés parce que nous sommes des adversaires. Mais on ne peut avoir des positions aussi basses pour faire ce genre de commentaires”, a déclaré Pravind Jugnauth.
De son côté, Ivan Collendavelloo, qui s’était d’ailleurs adressé en premier à la presse, a rappelé que c’est sir Anerood Jugnauth qui, en 1995, était alors Premier ministre, avait introduit la dialyse à Maurice. Et non Navin Ramgoolam, lequel, selon Ivan Collendavelloo, “est en train de revendiquer la paternité de la dialyse”.
Candidat au N°19, également circonscription de son adversaire direct, Paul Bérenger, et leader du MMM, Ivan Collendavelloo a dénoncé les coupures d’eau récurrentes qui affectent les habitants. “Pendant 20 ans, personne n’a pensé à remplacer les tuyaux et valves défectueux”, a lancé le leader du ML, une situation qui, dit-il, contraint les habitants à faire un bond en arrière. “Nou pe retourn dan lane 80, dan Roches-Brunes ki fief Paul Bérenger, bann fam pe al sers delo dan seo !”
Ivan Collendavelloo a appelé les habitants affectés par les problèmes d’eau, leur demandant de ne pas s’en prendre aux chauffeurs des camions-citerne. “Le problème vient des dirigeants qui n’assument pas leurs responsabilités et non les chauffeurs qui ont l’instruction de privilégier certaines personnes”, a avancé le leader du Muvman Liberater.
De son côté, Xavier-Luc Duval, leader du PMSD, a rappelé, et ce à l’intention de Navin Ramgoolam, les grandes lignes de ses réalisations alors qu’il était ministre de l’Intégration sociale. “Navin Ramgoolam a eu l’audace de critiquer ma performance”, a d’emblée scandé l’ancien ministre des Finances. Retraçant les circonstances dans lesquelles il s’est retrouvé au ministère de l’Intégration sociale, Xavier-Luc Duval a énuméré certaines des mesures qui ont été adoptées : la subvention aux malades nécessitant un traitement à l’étranger qui est passée de Rs 200 000 à Rs 500 000 (Rs 800 000 dans certains cas), une attention spéciale aux crèches, l’aide sociale de Rs 750 accordée à 6 000 familles en difficulté économique dont les enfants sont scolarisés, les logements sociaux dont la construction des maisons en béton sous tôle, les tablettes tactiles… Xavier-Luc Duval a aussi critiqué le tandem rouge-mauve sur le projet de IIe République. Selon lui, le PTr et le MMM ne disent pas tout sur le projet.
Durant la conférence de presse, les différents dirigeants de l’Alliance Lepep ont déploré le ton et le langage de Navin Ramgoolam, qui seraient, disent-ils, cautionnés par Paul Bérenger. Allant plus loin, Pravind Jugnauth a jugé “infecte” le caractère communal des propos de Navin Ramgoolam, lequel selon lui, “incite à la haine raciale”.