L’Alliance Lepep a continué son combat contre le projet de IIe République du PTr/MMM hier en début de soirée à Rivière-du-Rempart sur la place des taxis. À cette occasion, sir Anerood Jugnauth a évoqué le « rapide retournement de veste » de Paul Bérenger et a fait appel « à la mémoire » du leader des mauves en relatant des scandales dénoncés par ce dernier. Le leader de l’Alliance Lepep devait également remercier Paul Bérenger de l’avoir aidé à quitter le château du Réduit « pou vinn sov nou pei ».
Sir Anerood Jugnauth a une nouvelle fois sévèrement critiqué Paul Bérenger lors d’un meeting hier en début de soirée sur la place des taxis, à Rivière-du-Rempart. D’emblée, l’ancien Président de la République a affirmé que le leader du MMM « rêve » du poste de Premier ministre. « Il ne regarde que devant lui maintenant. Il a oublié tous les scandales, s’agissant du pandit Sungkur, de Dan Callikan et de la MBC, des Bangalea, Gooljaury et autres… » SAJ a également été très virulent concernant Navin Ramgoolam qui, selon le leader de l’Alliance Lepep, possède « un esprit totalitaire », avant de dénoncer les promesses faites par le Premier ministre ces dernières années. « Li na pann fer saki li finn promet. Aster li pe refer ban promes », a-t-il martelé.
Intervenant à son tour, Vishnu Luchmeenaraidoo a affirmé qu’après les élections, « nou pou met Paul ek Navin anpandan kouma sovsouri », ce qui n’a pas manqué d’amuser la foule. Et de saluer SAJ qui, malgré son âge avancé, « s’est jeté à nouveau dans la politique » active. « Malgre so laz, li kouma enn zeneral pou sov nou pei », a lancé le colistier de SAJ au N° 7. Faisant allusion à l’équipe de l’Alliance Lepep, il s’est dit « confiant » qu’avec la présence « exceptionnelle » de trois anciens ministres des Finances – en l’occurrence Pravind Jugnauth, Xavier-Luc Duval et lui –, ils « corrigeront les injustices » de Rama Sithanen, qualifié de « Rama des Bois », « ki kokin bann pov pou donn bann ris ». Pour y arriver, dit-il, « c’est le génie des jeunes qui sera utilisé pour un 2e miracle économique ».
Pour Ivan Collendavelloo, l’occasion est donnée à la population, avec ces élections, de se « débarrasser » de Paul Bérenger et Navin Ramgoolam « d’un seul coup et pour toujours ». Et de poursuivre : « Réalisez-vous quel tort immense ce duo va faire au pays avec le projet de IIe République. Sa na pa pou marse sa. Ils ne vont pas vivre ensemble plus de trois mois. » Prenant la parole, Xavier-Luc Duval a estimé que Paul Bérenger et Navin Ramgoolam proposent « un monstre à deux têtes, kot saken pou krwar ki li detenir pouvwar ».
Présent également à ce meeting, Ravi Yerrigadoo, pressenti pour être Attorney General en cas de victoire de l’Alliance Lepep, a vivement critiqué la gestion du pays par le PTr. Selon lui, depuis que les travaillistes dirigent le pays, « tou inn devir embalao ». Selon lui, « de nombreux foyers comptent un chômeur, dont plusieurs sont des gradués qui peinent à trouver du travail », tout en critiquant le ministre Rajesh Jeetah. « Beaucoup de jeunes constatent qu’il n’y a pas d’avenir pour eux à Maurice à cause du chômage (…) Dis banane pa finn kre travay asterla pe vinn dir ou ki zot pou kre 75 000 emploi. Ou pou manz sa boul-la ou ? » Pour lui, seul un gouvernement avec, à sa tête, sir Anerood Jugnauth et Vishnu Luchmeenaraidoo comme ministre des Finances « peut permettre au pays de prospérer ».
Lui succédant au micro, Ravi Rutnah, candidat dans la circonscription, a qualifié la présente élection d’aussi « importante que celle de 1967 », date à laquelle le pays devait voter pour acquérir son statut de pays indépendant. Alors que Maurice a hérité d’un système parlementaire britannique, le projet de IIe République que proposent Navin Ramgoolam et Paul Bérenger, selon l’avocat, serait « un danger pour Maurice » tout en risquant « de causer des instabilités, comme l’ont connu certains pays d’Afrique ». Il continue : « Zot pe rod diriz sa pei-la kouma diktater (…) Navin Ramgoolam n’a pas apporté de nouveaux développements, mais a, au contraire, dilapidé les fonds publics avec des projets dont les coûts se sont avérés plus conséquents que prévu. » Et de prendre pour exemples les travaux de rénovation de l’aéroport et la carte d’identité biométrique.
Le candidat de I’Alliance Lepep au N° 3, Raouf Gulbul, est pour sa part revenu sur l’élection de sir Anerood Jugnauth comme Premier ministre en 1982, et qui a apporté « la prospérité ». Après s’en être à son tour pris à Paul Bérenger pour sa « trahison » envers SAJ quand il a commencé à négocier une alliance avec le PTr, il a ensuite reproché au leader mauve « d’ignorer les dossiers à scandales que lui-même a pourtant dénoncés lorsqu’il était leader de l’opposition, en prétendant avoir des documents qui jettent un blâme sur certains des candidats de l’Alliance Lepep ». Et Raouf Gulbul de conclure : « Nou lans li le defi tir dossye-la asterla mem ! »