Le projet d’alliance électorale entre le Ptr et le MMM, qui avait été enterré samedi à la lumière de la déclaration du leader mauve, Paul Bérenger, à la suite de la réunion du comité central de son parti, pourrait, semble-t-il, reprendre vie. « Nous sommes désormais d’accords sur tout, sauf sur un dernier point qui porte sur la nomination des ministres dans un gouvernement de coalition », a laissé entendre Paul Bérenger lors d’une conférence de presse ce matin. Le problème peut, selon lui, être réglé et devrait peser lourd dans la décision finale que doivent prendre les dirigeants mauves lors de la réunion spéciale du comité central du MMM jeudi. Le MMM a, de plus, prévu l’organisation de deux séances de son assemblée de délégués, les 15 et 16 juin prochains. La première sera consacrée aux discussions et à la réflexion, tandis que la seconde, elle, sera consacrée à la prise de décision concernant une éventuelle alliance Ptr/MMM.
S’agissant de la réforme électorale et du mini-amendement constitutionnel, Paul Bérenger a  qualifié le travail abattu jusqu’ici « d’acquis historique considérable ». À noter d’ailleurs que le comité Faugoo se rencontrera incessamment pour mettre la dernière main aux textes de lois concernés.
Revenant sur le dossier de l’alliance MMM/Ptr ce matin, Paul Bérenger a expliqué que les directions des deux partis sont en effet tombés complètement d’accords, et ce après d’intenses discussions sur toutes les conditions d’une alliance entre les deux partis. Le premier et ambitieux point du programme porte sur l’objectif de faire de Maurice un pays phare et un modèle d’unité dans la diversité, la démocratie, l’intégrité et un développement qui soit “environment friendly”. Ce qui veut dire, a-t-il précisé, la « consolidation de l’unité nationale et de la démocratie », mais aussi « un nouveau départ dans le combat contre la corruption » tout en donnant « un nouveau souffle » à l’économie. « Ramgoolam et moi avons aussi eu des discussions sur la prise de nouvelles initiatives diplomatiques pour rétablir la souveraineté mauricienne sur l’archipel des Chagos. Un accord a également été conclu sur la création d’un Serious Fraud Office, comme proposé par Navin Ramgoolam. Ce bureau sera totalement indépendant et disposera des finances et du personnel nécessaires pour prendre un nouveau départ dans la lutte contre la fraude et la corruption », a-t-il dit. Il a également fait mention de l’introduction de la Declaration of Asset Act, « à  l’intention des ministres et députés », ajoutant : « Cela veut dire ce que ça signifie en termes de renouvellement du personnel politique également. » Le programme prévoit aussi l’occupation de la fonction  de Président de la République par Navin Ramgoolam, avec Jayen Cuttaree en tant que vice-Président. Le poste de Premier ministre, lui, devra être attribué à Paul Bérenger. Alors que le Premier ministre doit garder tous les pouvoirs qu’il dispose actuellement, le Président, lui, doit être élu au suffrage universel à un tour pour un mandat de sept ans. Il doit en outre avoir le pouvoir de décider de la dissolution du Parlement, comme en Inde. Le président pourra également présider le Conseil des ministres lorsqu’il le souhaite et doit également avoir un rôle diplomatique, exercé en étroite collaboration avec le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères. Il disposera aussi d’un pouvoir de nomination encore plus important que ceux dont dispose actuellement le Président. D’autres pouvoirs, revenant pour l’heure au Premier ministre, seront exercés par le Président, après consultations toutefois avec le Premier ministre et le leader de l’opposition. Parmi ces nominations figure celle du Commissaire de Police, actuellement nommé par la Discipline Forces après consultations avec le Premier ministre. Par ailleurs, concernant le poste de Premier ministre adjoint, Paul Bérenger a précisé que Navin Ramgoolam devait nommer une personnalité qui devait démissionner de ses fonctions pour occuper cette fonction. Cependant, des changements ont eu lieu à ce sujet. Le vice-premier ministre doit être un travailliste alors que le No 3 dans la hiérarchie gouvernementale reviendra à un membre du MMM, à savoir Reza Uteem. Le poste de Speaker serait occupé par une femme issue du MMM alors que la fonction du Speaker-adjoint sera confiée à un membre des travaillistes. La répartition des tickets se fera selon la formule 30-30.
Paul Bérenger a confirmé que le Premier ministre a remis en cause quelques points de l’accord. Ce qui  avait provoqué un “deadlock”. Cette question a été portée devant le comité central, qui n’avait pas pris de décision et avait référé toute la question au bureau politique d’hier. A ce propos, Paul Bérenger a expliqué que deux tendances se sont exprimées à cette occasion : l’une en faveur d’un MMM allant seul aux élections et l’autre pour la révision des points de contentieux. La réunion du comité central, prévue ce jeudi, « prendra la décision qu’il faut prendre ». La question sera portée ensuite devant l’assemblée des délégués mauves, qui se rencontreront les 15 et 22 juin prochains pour prendre une décision finale.
S’agissant du principal point de contentieux, Paul Bérenger a expliqué qu’il porte sur la nomination des ministres dans le cadre d’un gouvernement de coalition. « La loi est claire et précise que le Président doit nommer le ministre sur les conseils du Premier ministre. » Paul Bérenger fait également remarquer que les suggestions de Navin Ramgoolam sont prises en considération par la direction du MMM. « Nous avons fait des concessions de part et d’autre. »
« Nous prenons les choses très au sérieux et nous demandons à tout le monde de réaliser qu’il s’agit du destin d’un pays. Nous voulons faire de Maurice un pays phare, un pays modèle. Deux grands partis qui ont leur histoire derrière eux discutent. Nous sommes conscients de nos responsabilités », lance Paul Bérenger. Répondant ensuite aux questions de la presse, le leader mauve a observé que la question de la répartition des tickets au sein d’une éventuelle alliance, un point fondamental dans le cadre d’un éventuel accord, n’a jamais été évoquée à la réunion du bureau politique mauve hier. Il a révélé qu’Alan Ganoo est un des principaux intermédiaires entre le MMM et le Ptr. Paul Bérenger a, de plus, précisé que dans l’éventualité où les “Provisional Provisions” seraient adoptées, tous les candidats du MMM déclareront leur communauté “under protest”. Il a aussi expliqué que, dans l’éventualité d’une alliance MMM/Ptr, Navin Ramgoolam occupera les fonctions de Premier ministre jusqu’à ce que la loi sur la 2e République soit adoptée. Ce dernier soumettra ensuite sa démission afin de présenter sa candidature à la présidentielle.
Dans un autre ordre d’idées, Paul Bérenger a demandé au College Aleemiah de revoir sa décision concernant la révocation de Mme Nunkoo. Il s’est dit « satisfait » que le contrat visant à purger la montagne Macondé des pierres qui représentaient un danger pour le public a été alloué.