Après les médecins, les infirmiers et les pharmaciens, c’est au tour des psychologues, des physiothérapeutes et d’autres professionnels exerçant dans des disciplines liées à la santé d’avoir leur Council. Dans l’ensemble, les intervenants, des deux côtés de la chambre, ont accueilli favorablement la création d’un Allied Health Professionals Council, car les professionnels cités dans le projet de loi exerceront désormais dans un cadre légal, et ce dans l’intérêt du public. Mais la composition du board de ce futur Council a donné lieu à certaines critiques, notamment du leader du MMM. « The Council will be completely under the control of the Minister », craint Paul Bérenger, s’appesantissant sur le nombre important de membres qui seront nommés par le ministre de tutelle. À l’heure du “summing-up”, le ministre Husnoo a repoussé les critiques du leader des mauves et a assuré que les nominations seront faites « après consultations ».
Lors de la présentation du projet de loi en début de soirée, le ministre de la Santé a reconnu que son ministère n’a pas eu la tâche facile dans les consultations avec ces différentes catégories de professionnels en vue d’arriver à un accord pour la création d’un conseil de l’ordre commun. « It was not an easy task, en raison des caractéristiques de chaque profession », devait dire Anwar Husnoo. Voici la liste de professions figurant dans cet Allied Health Professionals Council Bill : audiologists, chiropractors, clinical scientists, counsellors, dietitians, radiographers, medical laboratory technologists, nutritionists, occupational therapists, orthopaedic technicians, osteopaths, physiotherapists, podiatrists, psychologists, psychomotor therapists, psychotherapists, speech therapists et sports therapists.
Anwar Husnoo a indiqué que son ministère avait sollicité l’aide d’un expert étranger pour la préparation de l’ébauche du projet de loi et a ensuite fait un rappel des différentes propositions à ce sujet et ayant conduit finalement au projet de loi présenté en première lecture le mois dernier. Le ministre a beaucoup insisté sur les discussions ayant eu lieu ces dernières années avec les parties concernées. « Dans le “discours programme”, le gouvernement, pour ce qui est du domaine de la santé, a mis l’emphase sur la nécessité d’offrir à la population un “good quality health care”. Mais la bonne santé d’une personne ne se limite pas qu’au traitement prodigué par un médecin. Une variété de professionnels sont concernés. La création de ce Council tend dans la direction des souhaits du gouvernement concernant l’amélioration des soins de santé », a expliqué le ministre Husnoo au sujet de l’importance de ce nouveau conseil. De la même manière qu’un conseil de l’Ordre des médecins veille à la bonne pratique de la profession médicale dans les paramètres fixés par la loi, cet “Allied Health Professionals Council” est appelé à exercer un contrôle sur les professionnels sous son ombrelle. Ce contrôle se fera de la manière suivante : l’enregistrement de ces professionnels selon les critères stipulés dans la loi; la publication d’un registre annuel; l’établissement d’un “Code of Practice on standards of professional conduct and ethics”; ainsi que l’organisation de programmes de formation.
Le leader du MMM, qui est intervenu juste après le ministre, a dit que son parti accueille favorablement ce projet de loi. « C’est une bonne chose », selon lui, que ces professionnels de santé exercent leur profession dans un cadre légal. « Ce Council sera là aussi pour représenter dorénavant ces professionnels. Il ne faut pas oublier cet aspect, tout aussi important que le cadre légal », a insisté Paul Bérenger.
Mais le leader des mauves a aussi exprimé de sérieuses craintes quant à une « totale mainmise du ministre de la Santé » sur le fonctionnement de ce futur Allied Health Professionals Council. « The fact is that out of thirteen members of the Board, twelve will be appointed by the minister. There is litteraly une totale mainmise du minister », a dit Paul Bérenger. Ce dernier a aussi fait remarquer que ce projet de loi est présenté au parlement « à un moment où le Medical Council passe par des moments difficiles ». Et de dire qu’il croyait « que les autorités auraient tiré des leçons des événements » qui secouent depuis plusieurs semaines le conseil de l’Ordre des médecins. Il s’est ainsi demandé comment le board de l’Allied Health Professionals Council « arrivera à fonctionner en toute indépendance » en raison « du nombre élevé de nominés » alors que le Medical Council, dit-il, est confronté à plusieurs problèmes, malgré le fait que ses membres aient été élus par leurs pairs. « I wish this Allied Health Professionals Council perform much better than the Medical Council », a souhaité le leader du MMM.