L’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) avait saisi la Cour suprême d’une demande de révision judiciaire et logé un procès contre le ministère de l’Éducation. Cette contestation faisait suite à la décision du ministère de mettre en pratique les recommandations du Professeur Torul pour mettre un terme aux fringe benefits des enseignants mauriciens exerçant à Rodrigues à partir de janvier 2013. Plus de dix-huit mois après, l’affaire a été appelée en Cour suprême devant les juges Abdoorafeek Hamuth et Iqbal Maghooa, qui ont statué que c’était une affaire privée entre un employé et son employeur, qui ne suscite pas l’intervention de la plus haute instance judiciaire à ce niveau. L’UPSEE devra en premier recours saisir l’Employment Rights Tribunal. Le syndicat a ainsi retiré l’affaire devant la Cour suprême hier pour être logée devant l’ERT sous peu. Quelque 60 enseignants sont concernés par cette affaire.
Cette demande avait été logée le 18 juillet 2013 et l’affaire devait être prise sur le fond hier. Les juges Abdoorafeek Hamuth et Iqbal Maghooa ont cependant attiré l’attention du plaignant, représenté par Me Yousouf Lalloo, sur le fait qu’il s’agit d’une affaire privée entre ces enseignants et leur employeur, le ministère de l’Éducation. Les juges estiment qu’à ce stade, l’UPSEE devrait avoir recours à d’autres options avant de saisir la plus haute instance judiciaire dès la première tentative. À cet effet, l’UPSEE devra en premier loger sa demande devant l’Employment Rights Tribunal. « We propose you to pursue other avenues which you need to exhaust before coming here », a dit le juge Hamuth. Le syndicat représenté par son président Yahya Paraouty a ainsi retiré l’affaire devant la Cour suprême et la logera devant l’ERT sous peu. Les codéfendeurs sont la PSSA, la Rodrigues Educational Development Com­pany Ltd et la Rodrigues College Development Co Ltd.
Cette décision de quelque 60 enseignants de poursuivre le ministère de l’Éducation est intervenue après la mise en pratique des recommandations du Professeur Torul sur les enseignants exerçant à Rodrigues. Depuis 1989, les enseignants mauriciens exerçant à Rodrigues ont toujours perçu des fringe benefits outre leur salaire de base pour compenser leur déplacement. Ainsi leur salaire est payé par la Private Secondary Schools Authority (PSSA). Ils touchent un salaire selon les recommandations du Pay Research Bureau, pour les enseignants des écoles secondaires privées, une allocation de perturbation mensuelle (disturbance allowance) de 25 % du salaire et une allocation de loyer mensuelle de 10 % du salaire mensuel. Après quelques contestations des enseignants rodriguais qui estimaient que ceux qui viennent de Maurice devraient avoir le même salaire qu’eux, le 6 février 2009, le conseil exécutif de l’Assemblée régionale de Rodrigues décide de réduire les allocations versées aux enseignants mauriciens et d’aligner leurs salaires et autres conditions d’emploi sur ceux des enseig­nants nés à Rodrigues et y travaillant. Face au rejet par les enseignants mauriciens de ces nouvelles conditions, le ministère de l’Éducation avait demandé au Prof Torul de revoir leurs conditions de service et de rédiger un rapport. Dans son rapport rendu en décembre 2009, le Prof Torul propose la réduction de certains fringe benefits des enseignants mauriciens à Rodrigues. Il en ressort qu’à partir janvier 2013, les nouveaux enseignants sont embauchés sur un contrat de trois ans, et une fois celui-ci terminé, ils doivent faire le choix entre rentrer à Maurice ou rester à Rodrigues sans les prestations. Pour ce qui est des anciens, leurs allocations ont été tout simplement arrêtées depuis janvier 2013. L’UPSEE à travers cette demande de Judicial Review veut que le ministère de l’Éducation revoie ces mesures qui, dit-elle, découragent de plus en plus les enseignants à partir à Rodrigues. « Si cela persiste, il y aura un manque d’enseignants à Rodrigues car personne ne voudra faire le déplacement pour rien », dit le syndicat. L’UPSEE logera bientôt sa demande devant l’ERT.