Boycottée par un groupe de propriétaires, l’assemblée générale extraordinaire (AGE) du syndicat général IRS des Résidences Azuri a tout de même eu lieu le 21 juin. Pourtant, une demande d’injonction en Cour suprême datée du 16 juin avait été déposée pour contester sa tenue. La compagnie gestionnaire des résidences Azuri, Blue life Ltd, explique que la tenue de cette AG est en conformité avec l’ordre du juge en Chambre donné en avril dernier. Pour elle, cet ordre permettait à Ocean Edge Property Management Company Ltd (Ocean Edge), qui agissait comme syndic provisoire, de convoquer des AGE pour le syndicat secondaire La Baie (un des blocs d’appartements d’Azuri) et celui du syndicat général IRS. L’issue du scrutin était sans surprise : la société Ocean Edge a été élue comme syndic pour un an. Cela, avec une majorité de 90% des voix des propriétaires présents ou représentés, équivalent, selon Bluelife Ltd, à une majorité simple de 48,9%. Cette opération est contestée par les copropriétaires qui estiment qu’il y a conflit d’intérêts, étant donné qu’Ocean Edge est une société soeur de BlueLife Ltd, et ne peut, selon eux, défendre les résidents car étant salariée du promoteur.
Selon certains propriétaires d’Azuri, cette élection s’est faite avec moins de 10 propriétaires présents dans la salle. L’objet de leur contestation — d’où le boycott le jour de l’assemblée — ce sont les voix utilisées par les promoteurs pour faire grimper la cote d’Ocean Edge. Ils s’insurgent qu’en vertu des clauses administratives qui lui sont conférées, Bluelife Ltd se sert depuis toujours des voix d’un lot qui n’est pas construit depuis le début de la commercialisation il y a quatre ans.
Ces contestataires expliquent que “les seules voix de ce lot fantôme représentent près d’un quart des suffrages, et les voix des lots invendus ainsi que les voix des propriétaires du rental pool pour lesquels le promoteur demande à avoir les procurations, le total des voix disponibles entre les mains de Bluelife dès le début de la séance étant proche de 50% des suffrages”.
C’est face à cette situation “d’une élection perdue d’avance” mais aussi en raison de leur “ras-le-bol” pour ce qui est de l’administration et de la gestion de l’entretien des résidences et parties communes des IRS d’Azuri par Ocean Edge que ces propriétaires “mécontents” auraient boycotté l’AGE. Ils soutiennent qu’un représentant des propriétaires a tenté de contester la séance avant les élections en déposant trois documents qui n’ont toutefois pas été pris en compte.
 
“Dans le respect de la loi”
La CEO de Bluelife, Christine Marot, confirme qu’un propriétaire est venu, juste avant le début de la séance, soumettre une lettre contre la tenue de l’assemblée. “Toutefois, l’assemblée ayant été légalement convoquée et étant légalement constituée, elle a donc été tenue”, dit-elle, ajoutant que, comme ce fut le cas la veille pour l’assemblée du syndicat secondaire La Baie, “tout s’est déroulé dans le calme”.
Ocean Edge s’est, de plus, assurée de la présence d’un huissier pour les deux assemblées extraordinaires afin de veiller au bon déroulement des scrutins, ajoute-t-elle. Christine Marot fait ressortir que “lors de l’audition en Cour Suprême, le 29 juin dernier, le copropriétaire ayant requis une injonction a retiré sa demande mais s’est réservé le droit de contester le procès-verbal de l’assemblée et l’élection du syndic”. Estimant que “c’est son droit légitime d’intenter un procès s’il sent que ses droits ont été lésés”, la CEO de Bluelife indique que “nous sommes confiants que les choses ont été faites dans le respect de la loi et démocratiquement”.
Mais les contestataires ne comptent pas restés les bras croisés. Se disant “très déçus” et “découragés” de l’état de leur appartement dont des failles techniques et d’infrastructure indiquées dans les colonnes de Week-End, ils se disent prêts à continuer à se battre pour recouvrer leur droit et le plaisir de vivre à Maurice. L’un des propriétaires propose même “à chaque personne (Mauricien ou étranger) qui le souhaite de venir visiter son appartement pour un constat de visu de l’état de son appartement. Les visiteurs jugeront d’eux-mêmes !”
Il entend ainsi contredire les affirmations de Bluelife Ltd à l’effet que son appartement ne comporte pas autant de failles que mentionnées dans le rapport de l’expert mandaté pour cela.