En 1995, la boucle allait être bouclée avec l’alliance MMM/Ptr. Cette entente allait sonner la fin des espoirs, des idéaux sociétaux et politiques. Tous les amalgames avaient été tentés entre partis jusque-là. On avait une fois de plus bradé ses convictions et idéaux pour une prise du pouvoir. Qu’importait la notion de pluralisme à enseigner au peuple, celle qui veut que les partis et leurs propositions soient différents avant une élection et ce jusqu’à la représentativité élective, au lendemain des résultats du scrutin national. Pour après, ceux qui se trouveraient certaines similitudes de projets se mettraient peut-être alors ensemble : au gouvernement ou dans l’opposition. D’autre part, dans le contexte mauricien, il n’y a pas de différence entre un élu transfuge qui a trahi sa propre doctrine pour son propre intérêt politique (encore fallait-il qu’il en ait une avant d’entrer en politique) et un parti qui entre en alliance. Ces deux blocs politiques, par l’amalgame, ont fini par présenter une pensée unique. Le jaune et le bleu donnent du… Il n’y a désormais plus qu’une enseigne, en réalité, dans la sphère politique mauricienne actuelle.
L’amalgame fait alors surgir – pas en première ou dernière analyse – deux problèmes majeurs : le fond et la forme de la vie politique. Et donc du devenir de la vie de chaque Mauricien. Commençons par la conclusion ; chaque vote posé sur l’un des deux blocs politiques ne fait que maintenir le fond dans un état déplorable, et pour ce qui est de la forme, ce plébiscite continuera à brouiller et retenir l’avancée démocratique et la vie de nos enfants et nous-mêmes. Concrètement, parmi d’autres, il n’y a pas de plan viable pour faire reculer la criminalité dans leurs programmes et pourtant ils sont à l’Assemblée. Aujourd’hui le peuple ne comprend plus et se plaint de cette situation (il est connu et mesuré que cette sorte de difficulté crée l’instabilité dans la société et son contraire pour les dirigeants). Quant au fond, ses questions sont innombrables. Une réforme électorale de théâtre et une réforme des Administrations régionales loin d’être appropriée pour 2012 sont là pour nous le rappeler. L’ensemble du mécanisme étatique et institutionnel actuel est loin de satisfaire le simple citoyen mauricien dans ses démarches de progrès. On ne lui apprend rien à ce dernier (Ramgoolam et Bérenger dans un débat télévisé ?), la débrouille en tout genre semble être devenue un moteur de vie pour la majorité devant les manquements grandissants.
Une première démission des partis allait survenir avec la focalisation sur l’économie dès 1983. C’est louable, sauf que l’instruction politique et citoyenne du peuple, cette démocratie qui se devait de progresser, ne faisait pas partie de cette considération. Première déviation de nos fondamentaux. La deuxième, c’est quand le MMM a baissé les bras (1987, année de référence) pour continuer son travail jusque-là légitime. Dès lors, il suffirait à tout ce beau monde de commenter, de présenter des propos pour exister, se faire accepter en attendant la prochaine élection. C’est du « Ou montre moi le doi mo koupe » de SAJ que tout le mal-être de Maurice allait naître. Au vu du peu de réaction au fil des mois et des années, le terrain démocratique devenait forcément un terrain mou. Ils avaient tous compris cela. Année 1987, début du tocsin annonciateur du gel démocratique, du recul des foules, de la justification des socioculturels, de l’entrée des premiers fistons dans la politique. Les premiers mouvements associatifs (aujourd’hui mouvements spécialisés, engagés, ONG) allaient voir le jour pour atténuer ces manquements avec, alors, de timides déclarations au vu de la situation engendrée et encourue.
La seule chose à retenir, c’est que le peuple n’était pas réellement pris en compte dans ce plan. 25 ans déjà. Le rejet du système dans sa totalité a encore gagné en force avec la conclusion de l’alliance MMM/MSM, dépeint par un mot dans les rues : « dégoût ». Alors que l’autre alliance Ptr/PMSD, etc est dépassée et monodémocratique. Organiser des élections ne devrait pas suffire à lui seul à cacher une pensée unique issue d’amalgames. Le peuple gagnerait à faire confiance à celui qui ne s’autoriserait pas d’alliance pour ses intérêts électoraux, à celui qui n’en ferait pas pour le bien-être de l’intérêt général. C’est là la garantie d’honnêteté politique, d’un apport au pluralisme, d’un enseignement qui s’ouvrira, dans l’absolu, sur une démocratie participative.