Ça y est, les dixièmes Jeux des îles de l’océan Indien, les troisièmes organisées par Maurice depuis la création de cet évènement sportif régional, il y a quarante ans, ont commencé. Mais ces jeux, que l’on prépare depuis plus d’une année et dont le budget dépasse déjà les milliards prévus, débutent par une série de ratages résultats d’un manque de prévision ou de mauvaises décisions.

Des ratages ou manques de prévisions incroyables qui semblent aussi être l’une des caractéristiques de l’actuel gouvernement. Prenons deux exemples de l’amateurisme qui caractérise l’action gouvernementale : le projet de loi sur le financement des partis politiques et l’amendement sur la loi du Travail.

Dans le premier cas, le gouvernement semble avoir négligé une règle parlementaire de base : un projet de loi nécessitant les trois quarts des voix des parlementaires dans un Parlement où il ne détient pas cette majorité absolue se discute, se négocie pour obtenir un consensus avant d’être présenté au vote. Or, le gouvernement semble ne pas avoir envisagé le refus des parlementaires de l’opposition sur un projet de loi, dont ils avaient déjà critiqué certains aspects et il est allé au-devant d’un échec prévisible.

A moins que le but de la manœuvre ait été de demander la « division of votes » juste pour pouvoir dénoncer, sur les caisses de savon de la prochaine campagne électorale, le fait que l’opposition a  refusé de voter l’amendement sur le financement des partis politiques. Etait-ce une stratégie ou tout simplement une autre preuve de l’amateurisme des conseillers du gouvernement ? Deuxième exemple : les amendements sur la loi du Travail.

Ce projet de loi ratifié par le Conseil des ministres — où ne sont présentés que des textes dont les cabinets ministériels ont examiné à la loupe les moindres implications et possibles conséquences — sera réexaminé par un comité ministériel. Le Conseil des ministres aura à revoir sa copie parce que le secteur privé — tout-puissant sous ce gouvernement — n’est pas d’accord avec les propositions trop protravailleurs à son goût, et dit ne pas avoir été consulté avant. Encore une mauvaise décision qui risque d’avoir un effet boomerang lors de la campagne électorale.

Revenons aux JIOI et arrêtons-nous à quelques énormes ratés, en commençant par la vente des billets sur les différents sites des compétitions. Les organisateurs affirment que tous les billets sont vendus, alors que certaines compétitions se déroulent devant des gradins pratiquement vides.

Plus particulièrement les matches de football joués aux stades Maryse Justin et Auguste Vollaire. Qui sont donc les acheteurs de ces places qui ne les utilisent pas ? Selon certaines informations, les billets ont été vendus en vrac à des entreprises qui ne les utilisent pas, surtout dans le cas de « petites équipes », alors que selon la charte des jeux, toutes les délégations sont sur un pied d’égalité.

Il est inacceptable que le comité organisateur n’ait pas pris des dispositions pour que tous les matches soient joués devant des gradins remplis. Il est évident que les écoliers et les collégiens, dont les établissements sont situés autour des stades régionaux auraient été ravis d’aller assister aux matches de qualification. Ce qui peut être une manière de les intéresser au sport et plus particulièrement aux JIOI.

Mais le comité organisateur a délaissé les stades régionaux et les « petits matches » pour se concentrer sur le stade George V, dont le ministre des Sports ne rate pas une occasion de dire qu’il a été réhabilité de fond en comble pour la somme de Rs 94 millions et que les travaux étaient complétés à 53 % en janvier. Sept mois plus tard, les Mauriciens ont pu voir le résultat de ces « travaux » lors du match Maurice-Seychelles, jeudi dernier. C’est sur un terrain  — le terme pelouse ne peut pas être utilisé — où l’herbe chétive laissait apparaître des bandes de terre et où l’eau et la boue s’accumulaient que le match a été joué.

Le plus petit terrain de foot de nos villages est dans un meilleur état que celui du stade George V où pourtant Rs 94 millions ont été dépensées pour une remise à neuf totale ! Les images de ce terrain « batte boule » envahi par la boue ont été montrées par la MBC qui, pour l’occasion, étrennait son car de reportage qui a coûté Rs 100 millions et avait nécessité le déplacement de plusieurs délégations à Milan.

En tout cas, les caméras HD étaient mal réglées, ou utilisées par des amateurs, parce que les images n’étaient pas nettes, mais sombres, n’arrivaient toujours pas à suivre l’action et étaient souvent gelées, comme lors des passages cycloniques. Décidément il semble que le manque de professionnalisme, pour ne pas dire l’amateurisme, est devenu une des « valeurs » de ce gouvernement et de ses institutions.