L’ambassade de Madagascar réagit aux cas des trois ouvrières contraintes de se séparer de leurs enfants. Selon la porte-parole, c’est un manque de connaissance des procédures qui ont conduit les « filles » à cette situation. L’ambassade dit toutefois avoir agi pour repousser leur date de départ afin de leur permettre de s’organiser pour la garde de leurs enfants.
Les trois ouvrières malgaches de Corona Clothing devaient quitter Maurice aujourd’hui. Mais suite à l’intervention de l’ambassade de Madagascar, leur départ a été repoussé pour ce week-end. Le Passport and Immigration Office (PIO) leur a fait comprendre que l’enfant qu’elles ont eu alors qu’elles travaillaient à Maurice ne sont pas en situation légale. Il leur a été suggéré d’aller déposer les bébés à Madagascar et de revenir travailler, car leurs permis de travail sont encore valables.
L’ambassade de Madagascar n’a pu faire grand-chose pour ces femmes contraintes d’être séparées de leurs enfants. « Si la loi est ainsi, nous devons nous plier à la loi », explique Nadie Ratsizafy, porte-parole de l’ambassade.
Cette dernière ajoute que c’est par ignorance que les ouvrières se retrouvent dans cette situation. « Elles ne connaissent pas les procédures. Si elles étaient venues nous voir on aurait pu les conseiller. » Elle ajoute toutefois que l’ambassade est intervenue auprès de l’usine pour demander de repousser la date de leur départ et a fourni les papiers nécessaires pour permettre aux enfants de voyager, puisqu’ils n’ont pas de passeports.
Nadie Ratsizafy insiste sur le fait que les ouvrières ne seront pas « déportées » comme cela a été rapporté, mais le problème se pose avec leurs enfants. « Leurs maris sont aussi ici, travaillant dans d’autres usines, mais leurs permis sont assez stricts en ce qui concerne les enfants. »
Tout de même, dit-elle, Corona Clothing s’est montrée compréhensive envers les ouvrières et a même aménagé une garderie sur place. « Ces filles sont là depuis six ans alors qu’un contrat initial dure trois ans. Cela démontre que la compagnie était satisfaite de leurs services. »
Il nous revient que ce n’est pas la première fois que des ouvrières malgaches doivent aller confier leurs enfants à d’autres personnes avant de revenir travailler à Maurice. Le syndicaliste Feyçal Ally Beegun, lui, fait ressortir que le contrat des trois ouvrières concernées se termine en décembre 2015. Il lance un appel aux autorités pour que les enfants soient autorisés à rester jusqu’à cette date. « La meilleure place d’un enfant est dans les bras de sa mère », affirme-t-il. Il s’interroge également sur le « vrai rôle » de Corona Clothing dans cette affaire.