Les habitants du No 18, qui comprend la ville de Quatre-Bornes et ses alentours, se sont réveillés hier matin encore sous le choc de la démission de Roshi Bhadain. « Nou pas ti kroire ki li ti pour démissionné, parceki politicien kose ene ta, pas faire narien ». Au moins il a eu le courage de le faire, disent ces citoyens de la ville des Fleurs qui le remercient « pou donne nou l’occasion dire ceki Mauriciens pensé ceki gouverman ine faire, mais oussi rôle l’oppositon ».
Les Quatre-bornais disent avoir cru à un vrai changement, mais sont désabusés de l’inconstance de leurs élus : « C’est dan nou circonscription ki tou nou banne député ine sanz camp même pas après deux ans : Kamano ine kitte MMM, Xavier ine sorti vice premié ministre pou leader de l’opposition ek Badhain ki ti plis gouverman ki gouverman, zordi pen vine devant nu pous sanction so bane ancien kamarad. »
Ils sont unanimes cependant à reconnaître que si le problème du Métro Express est un facteur réel et important dans la crise actuelle, il n’en demeurent pas moins vrai qu’il y a d’autres raisons objectives pour envoyer un message clair au gouvernement à mi-mandat : « Ni tou kroire ki tou banne excès régime Ramgoolam ti derrière nou, mais excès ca gouvernement là oussi inquiétant même si énan éne deux réalisations. Banne politiciens pas prend leçon du passé et nou kolère. Zote prend no pou couillon. Astère nou bizin bien comprend rôle Badhain dans tou sa banne zistoire là, BAI, Betamax, etc  »
Les avis sont encore partagés sur qui ils vont soutenir dépendant dans la partie de la circonscription où l’on se trouve.
A Sodnac où Bhadain à un certain écho, ils disent attendre les noms des autres candidats pour décider de la marche à suivre : « Il nous faut de nouvelles têtes, il ne faut pas qu’on nous envoie des anciens qui ont déjà donné et qu’on salue pour leur contribution. » Ils pensent que l’impopularité du gouvernement est telle que les partis au pouvoir vont fuir ces élections et se demandent si l’opposition ne devrait pas présenter un candidat unique. « Bhadain ? Pourquoi pas? Il est jeune et intelligent. Un peu casse-cou. Mais s’il y a consensus sur un autre candidat, nous pourrions être partants »
Du côté de Bassin, on se réjouit d’être le point central du pays pour quelque temps, mais on est avare de commentaires à ce stade : « Nou ki faire élection, nou ava guetté ki manière tout évolué. »
Du côté des cités, la « fierté » du travail du leader de l’opposition, Xavier Duval, au Parlement est bien réelle, mais les problèmes locaux n’ont pas été résolus, en particulier la sécurité et la drogue. Enfin, dans le vieux Quatre-Bornes, on se dit pour partie heureux d’avoir l’occasion de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas le moment venu; d’autres se disent plus préoccupés par la fin de leur jeûne que par les joutes électorales : « When we come to the bridge, we will cross it. »
Roshi Bhadain bénéficie d’un capital certain chez les jeunes de la circonscription, mais aussi la gent féminine parce qu’il incarne un certain renouveau à cause de sa jeunesse. « Li faire politik différemment. Li jeune, li moderne ek li pas gagne peur causé. » Mais il est moins populaire chez les plus âgés qui voient en lui un démagogue digne de la vieille garde : « Tou ti korek car ti faire sheriff dan kat bornes avec bann dimoune ti dan duty free. Mais kouma bloque Heritage City, li emmerdé. Li pareil couma banne lé zotte là… ».
Les votants du No 18 ne manquent de rappeler qu’ils ont jeté dans la poubelle de l’histoire de grandes personnalités de la politique, à l’image de « Paul Bérenger ki ine bizin sauver allé casiète dans Rose-Hill et Rama Sithanen ki fine prend so retraite politique ». Ils disent souhaiter que la démocratie vive à Quatre-Bornes et que le gouvernement ait le courage de présenter un candidat pour venir s’expliquer et que l’opposition ne soit pas trop dispersée : « Nou souhaite un face à face pou nous envoyé un message clair ki pou réflète le sentiment de tou le pays. » Au cas où ce sera un “carri brouillé” de candidats, ils sont nombreux à ne pas exclure “alle bord la mer” jour d’élection.
« Nou diman tou banne parti ek zo candidat garde nou la ville propre. Pas banne fanion et toute simagré ki faire nou voté. Nou oulé respecté la sécurité et l’ordre. Enfin nou dimane Premier ministre prend ene décision rapidement pour sa election là. Nou pas souhaité ki nou localité dans mood élection trop longtemps », affirment-ils. « Nous dire nou banne compatriote ki nou pou prend nou responsabilité. : No 18 li ène la gare, pa ziste pou bis ek metro, mais oussi pou politicien ! »