Face à ce qu’il juge être “l’ambiance de fin de règne” qui prévaut actuellement dans le pays, Paul Bérenger, leader du MMM, conseille au Premier ministre et leader du Ptr, Navin Ramgoolam de venir de l’avant, comme il l’a promis, avec un projet de loi sur la réforme électorale et d’organiser, par la suite, de nouvelles élections générales. Il invite le chef du gouvernement à “tirer les leçons” de ce qui se passe, ces jours-ci, en Turquie et au Brésil en soulignant que nul ne peut résister à de tels “ras-le-bol”.
Évoquant l’affaire Varma, Paul Bérenger trouve que ce qu’il en a résulté, cette semaine, n’est que la conséquence de l’”arrogance du pouvoir” et des “atteintes à l’État de droit”. Accueillant positivement la décision du député travailliste de démissionner de son poste de Private Parliamentary Secretary (PPS) après son arrestation, le leader du MMM dit attendre que Maurice Allet soit aussi arrêté à l’aéroport à son retour au pays. Pour lui, il convient maintenant d’établir le rôle qu’aurait joué le Deputy Prime Minister Rashid Beebeejaun dans toute cette affaire de même que celui de l’implication éventuelle du vice-PM Xavier Duval.
Paul Bérenger, qui souhaite que la police fasse son travail “comme il se doit”, dit toutefois “beaucoup douter” que tel sera le cas. “À la lumière du comportement de la police ces derniers temps, j’ai des raisons de douter beaucoup que cette enquête soit menée comme il le faut”, dit-il. Et d’ajouter: “Le Commissaire de Police a laissé entendre que la police pou kass paké. On verra bien mais je suis en droit d’exprimer des doutes”. 
S’en prenant ensuite au ministre Anil Bachoo, le leader du MMM estime qu’il est  “trop facile” pour ce dernier de venir s’excuser après avoir “copieusement insulté” les journalistes. “Bachoo s’est, dit-il, complètement disqualifié comme ministre”. Le leader des mauves fait allusion aux affiches du Remake 2000, annonçant le meeting prévu vendredi prochain à Lallmatie dans la circonscription du ministre, qui ont été, dit-il, “systématiquement déchirées”. Pour lui, Anil Bachoo est un homme fini politiquement et ne relèvera pas la tête “surtout après son incompétence qui tue”.
Paul Bérenger rappelle que, le même jour, cette semaine, quand le ministre des Infrastructures publiques se permettait d’insulter “copieusement” les journalistes,  son collègue Hervé Aimée, qui était à ses côtés, a, lui, parlé des “ennemis à l’intérieur même du Ptr.” Il estime que les propos du ministre des Administrations régionales s’adressaient, ni plus ni moins, au PM. Selon le leader des mauves, en effet, Hervé Aimée aurait ainsi “menacé” Navin Ramgoolam, l’invitant à “corriger” ces “ennemis de l’intérieur”. Ce qui fait dire au leader du MMM que tout cela ressemble à de la “cacophonie”, de la “débandade” dans une “ambiance de fin de règne”.
Il enchaîne avec, cette fois, le ministre Vasant Bunwaree “toujours en poste” et qui, pour Paul Bérenger, représente “une honte nationale”. “Travayis mem honté”, selon lui. Mais, déclare le leader des mauves, Navin Ramgoolam est “incapable d’agir”. Il explique, à cet effet, que contrairement aux cas Varma et Issack, si le PM s’avisait à prendre des actions, il s’en serait suivi une démission de l’Assemblée nationale et l’organisation d’une partielle. “En attendant, s’insurge-t-il, tout fout le camp au ministère de l’Education”.
“Conseil à Ramgoolam”
Face à cette “ambiance de fin de règne”, Paul Bérenger trouve qu’il est temps pour Navin Ramgoolam de “prendre un temps de réflexion” en se souvenant que sa présente majorité tient grâce au vote de deux transfuges “entièrement discrédités”, à savoir, les ministres Mireille Martin et Jim Seetaram. “Il doit tout aussi se souvenir que s’il a été élu de justesse en 2010, c’est grâce au soutien du MSM”, explique encore le leader des mauves. D’où son “conseil à Ramgoolam” de voir ce qui se passe ces jours-ci, d’une part du côté de la Turquie, de l’autre au  Brésil.  Paul Bérenger soutient, sous ce rapport, que nul ne peut résister à un tel ras-le-bol.
Dans le cas particulier du Brésil, le leader du MMM trouve “formidable” que la présidente, Dilma Rousseff a concédé, vendredi soir, que, sur fond de la présente fronde sociale, le pays avait besoin d’une réforme du système politique et de moyens plus efficaces pour combattre la corruption. Paul Bérenger rappelle que, pourtant, l’ancien président Lula de même que Mme Rousseff ont “beaucoup fait”  pour leur pays. À Maurice où, dit-il, “tout fout le camp depuis 2005”, le PM, selon le leader des mauves, a intérêt à “tirer les leçons” de ce qui se passe, ces jours-ci, dans ces deux pays. “Cette ambiance de fin de règne ne doit pas durer, au risque d’être très néfaste pour le pays”, dit-il.
Paul Bérenger rappelle, à ce stade, la déclaration “catégorique” de Navin Ramgoolam à l’Assemblée nationale, le 7 mai dernier, à l’effet qu’un Livre Blanc portant sur la réforme électorale sera circulé et débattu “vers le mois de juillet”.
Aussi, pour le MMM, explique le leader de ce parti, “l’idéal”, c’est que le PM vienne “comme promis” avec un projet de loi portant sur la réforme électorale et qu’après son adoption, le pays aille vers de nouvelles élections générales. “Il reste une semaine à Navin Ramgoolam pour tenir parole”, souligne Paul Bérenger qui laisse entendre que, même s’il n’envisage pas de reprendre tout de suite son siège au parlement, il se fera quand même un devoir de participer à un “bon débat” d’une telle importance que la réforme électorale à l’Assemblée nationale.
Si, explique-t-il encore, le Remake 2000 est “on”, dans le cas où il se confirme qu’un projet de loi sur la réforme électorale est effectivement présenté à l’Assemblée nationale, comme promis par le  PM, le MMM et le MSM décideront, chacun en tant que parti, de participer aux débats. Paul Bérenger dit, par ailleurs, que le MMM reste “ouvert” à tout autre débat sur toute autre réforme constitutionnelle au-delà de la seule réforme électorale que ce parti juge, néanmoins, prioritaire.