Commentant, lors d’une rencontre jeudi avec la presse, les propositions d’amendements que le ministre du Travail Shakeel Mohamed compte apporter à l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act, les principaux animateurs de la Confédération Syndicale de Gauche (CSG)-Solidarité ont été unanimes à estimer qu’elles vont à l’encontre des intérêts des travailleurs du pays.
« Minis Shakeel Mohamed finn limem avoue dernierman dan Parlman, ki depi lantre an vigueur de Employment Relations Act (EReA) e Employment Rights Act (ERiA), 15 700 travayer finn perdi plas. 15 700, li pa tigit-sa ! » s’est exclamé Venoo Ramsamy, un des animateurs de CSG-Solidarité. Il était entouré d’autres animateurs de cette confédération syndicale, dont Atma Shanto et Narain Devianand.
« Minis Mohamed pe sov de so responsabilite. Sa bann propozisyon damandeman ki li pe rod amene-la dekapit sindika dan pei », s’alarme Venoo Ramsamy.
Le syndicaliste cite à cet égard la nécessité d’avoir 30 personnes pour fonder un syndicat, contre sept auparavant. « Ena boukou Petites et moyennes entreprises (PME) dan pei, ki anploy mwins ki 30 dimounn. Sa vedir ke bann travayer bann PME condane », a-t-il avancé.
De même, poursuit l’intervenant, il faut désormais avoir 10 syndicats pour former une fédération, et cinq fédérations pour fonder une confédération syndicale. « Ainsi donc, avec ses deux fédérations, la CSG-Solidarité est appelée à terme à disparaître ! » a-t-il prévenu.
« L’EReA et l’ERiA, ainsi que les amendements proposés, vont dans la réalité décapiter le mouvement syndical. De même, alors que 80 % des travailleurs du pays ne sont pas syndiqués, au lieu d’avoir du “Collective Bargaining”, c’est du “Collective Begging” que le gouvernement propose à la classe des travailleurs », fulmine-t-il, exemples à l’appui. « Nous allons assister à la longue à la disparition des Remuneration Orders dans le secteur privé », prévient-il.
Élaborant sur le mécanisme que l’EReA et l’ERiA et les amendements proposés mettent en place avant de pouvoir organiser une grève, le syndicaliste a dit prévoir une ingérence directe de l’État dans des affaires syndicales. « L’espace de la liberté syndicale, ainsi que celle des travailleurs, rétrécit de jour en jour comme une peau de chagrin devant les paramètres exigés avant de pouvoir organiser une grève ».
Atma Shanto a, de son côté, tiré à boulets rouges sur le ministre Shakeel Mohamed. « A sak fwa ki le mouvman sindikal finn leve ek proteste, li fer bel bel deklarasion frakasant ki fer sanblan defann lintere travayer, me se le kontrer ki vre », a-t-il soutenu.
Le syndicaliste a par ailleurs déploré que le gouvernement n’ait remis aux syndicats que les points saillants des propositions d’amendements aux lois du travail et non l’ébauche du projet de loi des amendements.
Atma Shanto a d’autre part regretté que le Redundancy Protection Board proposé ne sera saisi des cas de licenciements qu’après qu’ils soient effectifs, contrairement au défunt Termination of Contrat Service Board (TCSB) qui enquêtait avant les licenciements pour déterminer s’ils sont justifiés. « Aster met ou deor avan, apre fer lanket », a-t-il ironisé.
Narain Devianand, pour sa part, a dit relever de nombreuses contradictions dans ces deux nouvelles lois du travail, relatives notamment au collective bargaining et au National Remuneration Board. Il a annoncé une assemblée des délégués le mardi 22 mai au Foyer Fiat, à Petite-Rivière, pour décider de la marche à suivre.