Si la Platform kont lalwa travay anti-travay concède que le ministère du Travail a pris en compte certaines de ses propositions dans les amendements à l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act présentés hier à l’Assemblée nationale, elle déplore cependant que « les fondamentaux des lois du travail pour définir un mécanisme de résolution de conflits et des accords collectifs ont été ignorés ». Pire, les amendements Mohamed « ont augmenté le rapport de forces en faveur des employeurs », argue la Platform dans une analyse émise hier.
« Plusieurs de nos propositions d’amendements ont été certes retenues, mais les fondamentaux des lois de travail pour définir un mécanisme de résolution de conflits et des accords collectifs ont été ignorés. Au contraire, les amendements proposés ont augmenté le rapport de forces en faveur des employeurs », a argué la Platform kont lalwa travay anti-travay dans une analyse rendue publique hier après-midi lors d’un rassemblement devant l’Assemblée Nationale alors que le ministre Shakeel Mohamed y présentait son projet de loi.
Le leader de l’Opposition Alan Ganoo accompagné des députés Veda Baloomoody, Lysie Ribot, François Labelle et Joe Lesjongard ont traversé la rue pour venir rencontrer les animateurs de la Platform à l’heure de la pause thé de l’Assemblée nationale vers 17 h 30 (voir plus loin).
« Les fondamentaux de l’Employment Relations Act (EReA) et de l’Employment Rights Act (ERiA), qui définissent, supposément, les termes et conditions d’un contrat de travail et protègent le travailleur contre un renvoi injustifié n’ont pas été considérés comme nous l’espérions », a encore déploré la Platform dans son document d’analyse.
Parmi ses propositions ignorées pour amender l’ERiA, la Platform cite celle relative à l’introduction d’un Portable Severance Allowance Fund. Elle avait suggéré que les employeurs versent, pour chaque mois de travail, l’équivalent d’une journée de salaire de leurs employés dans ce fonds. À leur mise à pied ou retraite, les travailleurs pourront ainsi toucher une indemnité, même s’ils auront changé durant leur carrière plusieurs fois d’employeurs.
La Platform souligne en outre le fait que le ministère de la Sécurité sociale n’ait toujours pas le pouvoir de poursuivre en justice les employeurs pour non paiement du Recycling Fee versé au Nations Savings Fund qui tombe sous l’égide de ce ministère. Elle déplore aussi que la « notice for termination of work » soit restée à 30 jours, contre trois mois auparavant.
Autre manquement : la Platform avait proposé de donner 14 jours à un travailleur pour décider s’il joint le Workfare Program, et que le tribunal ne prendra pas plus de 30 jours pour déterminer si un licenciement est justifié ou non. De même, un travailleur accusé de « gross misconduct » n’est toujours pas éligible au paiement du Recycling Fee. Il est de ce fait doublement puni car il perd également son emploi, observe la Platform. Celle-ci déplore aussi la non-introduction de Minimum Social Wage sous ces amendements.
Concernant l’EReA, la Platform s’élève, entre autres, contre le fait que les syndicats ne peuvent toujours pas faire appel à l’arbitration sans l’aval des employeurs. Elle déplore aussi qu’aucune échéance n’ait été introduite pour les cas devant la cour industrielle.
Lors d’un point de presse devant l’Assemblée Nationale hier en fin d’après-midi, Reeaz Chuttoo a expliqué, entre autres, que la finalité de tous amendements à une loi du travail est la protection des travailleurs. « Vwala kifer nou bizin res mobilize », a-t-il insisté.