Les animateurs de la Platform kont lalwa travay anti-travayer ont manifesté hier devant l’Hôtel du gouvernement, protestant contre le retard du gouvernement et le lobbying du secteur privé dans la mise en application des amendements à l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act, récemment adoptés par l’Assemblée nationale. Une campagne de mobilisation des travailleurs pour la mise sur pied d’un Salaire minimum social a aussi été lancée.
« Les amendements à l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA) ont été adoptés à l’Assemblée nationale le 9 avril et publiés à l’officiel dans la Government Gazette le 9 mai dernier. Malheureusement, à part celui relatif au paiement d’une “gratuity”, aucun de ces amendements ne sont entrés en vigueur jusqu’ici, privant ainsi les quelque 450 000 travailleurs du secteur privé des bénéfices qui en découlent », a expliqué au Mauricien le porte-parole de la Platform kont lalwa travay anti-travayer, Reeaz Chuttoo.
« Nous avons accepté ces amendements dans leur grande majorité parce que nous estimons qu’ils sont dans l’intérêt des travailleurs, exceptés deux ou trois de nos propositions, qui n’ont pas été retenues. La lutte des travailleurs est gagnée de petites victoires en petites victoire, comme celle d’avoir réussi à convaincre le gouvernement de ne pas aller de l’avant dans sa proposition de permettre à un groupe de travailleurs non-syndiqués de signer un accord collectif avec le patronat », a ajouté Reeaz Chuttoo. « Nou finn gagn kan mem enn gran viktwar ! Ti pou enn katastrof pou bann travayer ek bann sindika Moris si gouvernement ti al delavan ek so propozisyon pou permet enn group travayer ki na pa dan sindika sign lakor kolektif ar patron ! », rappelle-t-il.
Selon le porte-parole de la Plateforme, la mobilisation contre ces deux lois du travail doit continuer et doit être permanente. « Car, si nous avons pu convaincre le gouvernement de ne pas aller de l’avant dans sa proposition de permettre à un groupe de travailleurs non-syndiqués de signer un accord collectif avec le patronat, nous n’avons pas pu le convaincre sur un point fondamental : protéger les travailleurs contre les licenciements abusifs », explique Reeaz Chuttoo.
Pour protéger les travailleurs contre les licenciements abusifs, poursuit notre interlocutrice, la Plateforme avait proposé au gouvernement d’introduire un Portable Severance Allowance Fund dans lequel les employeurs devront verser, pour chaque mois de travail, l’équivalant d’une journée de salaire de leurs employés. À leur mise à pied ou à la retraite, les travailleurs pourront ainsi toucher une indemnité, même s’ils auront changé durant leur carrière plusieurs fois d’employeurs. « Le gouvernement n’a pas dit “non”, mais a annoncé l’arrivée prochaine des experts du Bureau international du travail (BIT) pour discuter de l’introduction d’un Portable Severance Allowance Fund et de celle d’un Salaire minimum social », a-t-il poursuivi.
Quant à la manifestation d’hier devant l’Hôtel du gouvernement, elle a également marqué par le lancement d’une campagne de mobilisation des travailleurs, à travers le pays, visant à faire pression sur le gouvernement pour mettre en vigueur les amendements aux lois du travail récemment votés. « Nou divan Parleman parski se Parleman ki finn vot sa bann amandman ki an faver travayer. Sa retar ki gouvernman pran pou fer sa, li kouma dir li pe konspir ek sekter prive pou kas lerin travayer », commente Reeaz Chuttoo.
Cette campagne de mobilisation vise aussi à pousser le gouvernement à mettre en place un unique mécanisme national pour déterminer les salaires afin de réduire l’écart entre les employés du gouvernement et ceux du secteur privé, surtout dans le sillage du dernier rapport du PRB et de celui de l’Errors and Omissions. « Fode ki travayer konpran ki bann Remuneration Orders prekoniz bann saler ek kondisyon travay minimum. Nou pe lager pou ki gouvernman instor enn Salaire minimun social pou tou bann travayer dan pei, ki nou estime bizin anviron Rs 15 000 par mwa », a encore expliqué Reeaz Chuttoo.