Les préparatifs en marge de l’importante revendication de rue à Port-Louis samedi — dénonçant les amendements « dangereux » à l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act proposés par le ministre du Travail et des Relations industrielles Shakeel Mohamed — abordent le dernier virage. Le comité organisateur, regroupant la General Workers Federation/Joint Negotiating Panel et la Kanpayn pu enn Nuvo Repiblik, s’attend à une foule des grands jours avec principalement des salariés venant de différents secteurs économiques, dont l’industrie sucrière, le port et le transport en commun, en vue d’accentuer la pression syndicale sur le gouvernement à pratiquement la veille de la rentrée parlementaire.
À environ 48 heures de ce rendez-vous majeur dans le calendrier syndical de ce premier trimestre, le comité organisateur met les bouchées doubles avec la tenue des ultimes réunions de mobilisation à l’intention des travailleurs. Cette campagne syndicale des plus intensives se déroule depuis plusieurs semaines sur les sites de travail et dans divers quartiers de l’île, avec une forte concentration de la classe ouvrière, en vue de mettre en place l’offensive contre les amendements jugés « dangereux » envisagés par le ministre du Travail et des Relations industrielles Shakeel Mohamed. Outre l’enchaînement des réunions de mobilisation, le comité organisateur a par ailleurs établi des contacts avec les casernes centrales en vue d’une autorisation pour cette marche pacifique d’envergure.
« Nous poursuivons nos préparatifs pour une mobilisation en masse des Mauriciens dans les rues de la capitale ce samedi. Cette manifestation marquera le début d’une alliance entre syndicalistes et salariés qui militent pour les droits des travailleurs et la jeunesse, les artistes ainsi que les militants engagés dans l’écologie et l’anti-communalisme. Le thème retenu pour cette manifestation : “Après 45 ans d’indépendance, l’heure a sonné pour le respect des salariés, de la nature et de la démocratie”. Donc le but premier est de protester contre les amendements anti-travailleurs envisagés par Shakeel Mohamed et ensuite réclamer une nouvelle Constitution non-communale où les droits des travailleurs et de la nature sont respectés », explique-t-on du côté de la General Workers Federation (GWF) et le Joint Negotiating Panel (JNP), qui constituent le comité organisateur avec la collaboration de Kanpayn pu enn Nuvo Repiblik.
Par conséquent, une importante foule est attendue samedi pour ce défilé des salariés qui débutera à partir de 13 heures à Bell-Village pour prendre fin à la Place d’Armes en longeant les rues Brabant et John Kennedy. Les gros contingents de cette manifestation devraient être les travailleurs du port, les employés du secteur du transport en commun et les artisans/laboureurs regroupés au sein du JNP de l’industrie sucrière. Dans la conjoncture, on laisse également entendre que des décisions importantes seront annoncées dans les meilleurs délais dans l’éventualité où le ministre Shakeel Mohamed persiste et signe avec ses amendements proposés dont ceux remettant en question le droit de grève des travailleurs.
Ainsi, les revendications majeures du comité organisateur, appuyées par 15 fédérations et confédérations syndicales et 33 syndicats, concernent le retrait de tous les amendements mettant en péril les droits existants : de grève ; les dispositions relatives aux « droits » des employeurs de négocier et de signer un Collective Agreement les liant avec des travailleurs non syndiqués ; l’institution d’un Redundancy Prevention Board pour que les employeurs justifient tout licenciement massif « prior to any redundancy for economic reason » et finalement qu’aucune modification de la loi ne soit moins favorable aux modalités existantes de service des travailleurs, à celles qui seraient adoptées dans la législation.
« La GWF et le JNP lancent une sévère mise en garde contre certains syndicalistes qui négocient actuellement avec le ministre du Travail Shakeel Mohamed sans s’opposer officiellement à la remise en question du droit de grève. Pir, zot pe mem fer propozisyon pou introdwir bann nouvo mekanism ki kareman donn posibilite patrona pou eliminn totalman drwa de grev dan kad enn negosyasyon kolektiv. Tout syndicaliste complice, d’une façon ou d’une autre, de la remise en question du droit de grève chapeautée par Shakeel Mohamed, sera condamné par les travailleurs au cours de la manifestation de samedi, et également demain devant l’histoire… » prévient le syndicaliste Ashok Subron, au nom de la GWF.