Malgré l’engagement pris en avril dernier par la direction d’Airport of Mauritius Ltd (AML) devant la Commission of Conciliation and Mediation (CCM) de reprendre les négociations avec l’AML Employees Union (AMLEU) pour une révision salariale et une restructuration prévue tous les quatre ans, « les choses restent tendues », déplore le syndicat. L’AMLEU allègue qu’une « clique » au sein de la direction fait tout, « pour des raisons personnelles et obscures », afin de « saboter » ces négociations. Le syndicat réclame une enquête pour conflit d’intérêts et la reprise des négociations.
« Notre priorité reste la reprise des négociations. À la CCM le 18 avril dernier, la direction, par le biais des cadres du State Law Office qui la représentaient, a renouvelé son engagement à soumettre ses propositions. Mais depuis, rien ! » a déploré le négociateur de l’AMLEU, Jean-Yves Chavrimootoo, de la General Workers Federation (GWF), fédération syndicale à laquelle est affilié le syndicat des employés d’AML.
Le négociateur soutient qu’à  la place, la direction a demandé au syndicat ses commentaires quant au rapport soumis par CAPFOR, consultant auprès d’AML, sur la révision salariale. « Or, nous avons déjà rejeté le principe de “take it or leave it” que veut nous imposer la direction parce que certaines recommandations du consultant ne vont pas dans l’intérêt des employés, alors que d’autres favorisent carrément l’intérêt de certaines personnes de la direction », ajoute-t-il.
Yves Chavrimootoo déplore que certaines recommandations des consultants de la firme CAFOR auraient été élaborées « en consultation avec une clique » au sein de la direction d’AML. « Nous notons par exemple que les allocations de certains passent de Rs 30 000 à Rs 45 000, de même que le Car Cash Grants, de Rs 900 000 à Rs 1,5 million. Alors que ceux au bas de l’échelle obtiennent une augmentation de salaire d’une moyenne de 8%, soit des miettes, ceux se trouvant en haut, avec déjà de gros salaires, obtiennent 15%, et ce alors que cela aurait dû être l’inverse », a-t-il poursuivi.
En outre, dit encore le négociateur, si le syndicat avait accepté le rapport, les managers des départements des ressources humaines, d’affaires légales et de communication auraient obtenu une « promotion automatique » au grade de directeur, avec les avantages correspondants en termes de salaires, allocations et conditions d’emploi. « Comment peut-on accepter cela alors que l’objectif d’un syndicat est de réduire l’écart salarial entre ceux se trouvant au bas de l’échelle et les directeurs ? » a-t-il demandé. « Nous ne rejetons pas le rapport salarial in toto, mais nous sommes contre le principe de “take it or leave it“ que veulent nous imposer certains pour leur intérêt personnel. » Et Yves Chavrimootoo de reprendre : « La direction ne peut être juge et partie à la fois. Nous lui demandons de faire une enquête pour déterminer s’il n’y a pas eu de conflit d’intérêts de par l’interférence de certains membres de la direction dans le travail du consultant. »
Ashok Subron, conseiller technique du syndicat, s’est alarmé « des tensions et de la colère qui règnent » parmi le personnel. « L’AML est une compagnie trop névralgique pour le pays que pour permettre que cette situation malsaine perdure. Si la direction ne reprend pas les négociations pour signer l’accord collectif, comme l’exige la loi, nous n’aurons d’autre choix que d’aller de nouveau à la CCM. Nous lançons un appel au board pour décanter cette situation explosive ! » dit-il.