L’enquête de l’Independent Commission against Corruption (ICAC) dans le scandale des contrats du Perimeter Fence du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport – d’une valeur de Rs 47 millions – mène au Mauritius Turf Club. Cette affaire, qui remonte à février 2013, le Premier ministre Navin Ramgoolam ayant donné l’alerte d’un « tsunami » sur les corps parapublics, débouche ces jours-ci sur un Restraining Order émis par la Cour suprême contre des avoirs d’un des trois suspects inculpés provisoirement, en l’occurrence Vishwadanand Seegobin Ramjus, dont deux chevaux enregistrés officiellement au Mauritius Turf Club, faisant partie des effectifs de l’écurie Mahess Ramdin. L’ICAC soupçonne que l’acquisition de ces deux coursiers a été financée par des Tainted Funds en provenance de cette fraude. Les avoirs de la compagnie Il Saggiatiore Enterprise Ltd ont également été gelés.
C’est une des rares fois, pour ne pas dire la première, où des coursiers engagés dans des épreuves du MTC sont épinglés dans des enquêtes au criminel, confirmant l’hypothèse que le blanchiment de fonds n’est pas étranger au monde hippique. Dans le cas du détournement de fonds de l’ordre de Rs 105 millions au préjudice de HLB Appavoo and Associates, la lady du MTC Winsy Buttié étant un des principaux suspects, les officiers du Central CID n’ont pas encore franchi l’étape pour soumettre une demande pour un Restraining Order contre les chevaux courant au nom de cette dernière.
Dans l’ordre obtenu par l’ICAC en date du 8 octobre, dans l’enquête sur des entorses aux procédures pour l’octroi de ce contrat de Rs 47 millions par AML Ltd,  mention est faite spécifiquement de deux chevaux courants sous les couleurs de l’écurie Mahess Ramdin, en l’occurrence Benjamin Brush et Wolverhampton. Des dispositions spécifiques ont été prises pour la mise en sécurité de ces deux chevaux au terme de l’ordre de la Cour suprême.
L’ICAC serait en présence de la “documentary evidence” attestant des transferts de Tainted Funds pour l’achat de ces chevaux. Ces détails ont vu le jour suite à un exercice de “Money Trail” auprès des banques et autres institutions financières. Les autres avoirs de Vishwadanand Seegobin Ramjus et de la société Il Saggiatore Enterprise Ltd, qui ont été gelés, concernent un terrain de 296 mètres carrés et une maison construite au morcellement VRS de Rivière-des-Créoles, deux excavateurs hydrauliques de la marque Caterpillar et un camion portant le matricule 2419 ZW 03, de même que des comptes bancaires opérés à la State Bank of India, la Mauritius Post and Cooperative Bank et BankOne.
Vishwadanand Seegobin Ramjus fait partie des trois inculpés par l’ICAC avec le démarrage de cette enquête sur ce scandale, dont les premières ramifications ont été révélées par un audit interne dans les comptes d’Airports of Mauritius Ltd fin 2012. Les deux autres sont Seewoosagar (Shiv) Nemchand, ancien Deputy Chief Executive Officer d’Airports of Mauritius Ltd, et Ramdeo Peeharry, l’entrepreneur qui avait été choisi pour exécuter ces travaux.
L’enquête de l’ICAC vise à établir des maldonnes lors de l’octroi de ce contrat et les liens entre les différentes parties avec les conclusions d’un exercice de “Money Trail”. À ce stade, Viswadanand Ramjus a été inculpé devant le tribunal de Grand-Port, le délit présumé de blanchiment avec l’approbation de manière illégale de 100 “Payment Vouchers” au contracteur favorisé par la formule visant à scinder les contrats. Il lui est également reproché de n’avoir pas assuré le contrôle des travaux exécutés, car des paiements ont été effectués pour des travaux fictifs à l’aéroport.
De son côté, l’ancien bras droit de Serge Petit, Chief Executive Officer à AML, Shiv Nemchand, est accusé d’avoir approuvé, de manière illégale, pas moins de 150 “Payment Vouchers” pour un montant de l’ordre de Rs 15 millions en faveur d’un entrepreneur. Les premiers éléments de cette affaire d’octroi de contrats à de « petits copains » avaient été relevés au début de cette année lors d’un exercice d’audit interne. Ces détails portent sur le fait que les contrats de nettoyage et d’entretien de la clôture de l’enceinte de l’aéroport, d’une valeur de Rs 47 millions, ont été subdivisés et échelonnés sur une période de deux ans pour éviter tout recours à des appels d’offres.
Dans les milieux officiels de l’ICAC, on ne veut faire aucun commentaire sur le déroulement de cette enquête, excepté la confirmation du Restraining Order contre Vishwadanand Seegobin Ramjuset Il Saggiatire Enterprise Ltd.