Le directeur de la section mauricienne d’Amnesty International, Lindley Couronne, a eu la désagréable surprise cette semaine de constater que son mail personnel a été piraté. De peur que des informations sensibles aient été partagées, il a alerté l’Information and Communication Technologies Authorities et la police qui enquête pour démasquer le « hacker ».
« C’est le président de la section mauricienne d’Amnesty International (AIMS) qui m’a averti mercredi que mes mails lui ont été transférés depuis mon mail-box et qu’il a des raisons de croire que ces mails ne proviennent pas de moi », explique Lindley Couronne, au Mauricien.
Le directeur d’AIMS s’en inquiète, car il sait que son mail-box contient des informations confidentielles et sensibles sur Amnesty. « C’est très grave car je reçois des mails du monde entier faisant état non seulement des violations de droits humains dans certains pays avec des détails très précis, mais ces mails contiennent également les éventuelles prises de position d’Amnesty International dans des forums internationaux, à l’Organisation des Nations Unies, entre autres », explique-t-il.
Dans ce contexte, Lindley Couronne cite sa récente mission à Madagascar, pour les besoins de son enquête sur les violations des droits humains dans le cadre de la crise politique dans la Grande Île. « Outre le pré-rapport officiel que nous avons rendu public, nous avons eu des échanges avec le Secrétariat d’Amnesty sur les détails, comme les noms etc, sur ce que nous avons découvert durant notre enquête. Cela risque de mettre en péril la sécurité de certaines personnes », s’indigne-il.
C’est ce qu’a poussé le directeur d’AIMS à d’abord alerter l’Information and Communication Technologies Authorities (ICTA) jeudi. « En tant que régulateur, l’ICTA a toutes les compétences nécessaires pour remonter jusqu’à la source de ce qui constitue de façon flagrante une violation des lois régissant le fonctionnement des technologies de l’informatique et des communications (TIC) à Maurice », explique-t-il.
En outre, Lindley Couronne a fait hier une déposition en bonne et due forme au poste de police de la région de sa localité, afin que le Central Criminal Investigation Department (CCID), à travers sa Cyber Unit, avec le concours de l’ICTA, remonte jusqu’au hacker (voir encadré).
« C’est manifestement l’oeuvre d’une personne ayant des idées très malveillantes à l’égard d’AIMS ou de son président. Quand une organisation comme la nôtre atteint un tel niveau de notoriété, il n’est pas étonnant que certains esprits chagrins et qui, de surcroît, se croient malins veillent à se singulariser ! », indique le président d’AIMS.