La section mauricienne d’Amnesty International se joint à une mobilisation mondiale en vue d’empêcher l’exécution de Troy Davis, prévue le mercredi 21. Cet Américain de 42 ans a été condamné à mort il y a 20 ans pour le meurtre d’un policier, sans preuve matérielle. AIMS organise ainsi une veillée aux chandelles ce soir de 19 h à 21 h à côté de Rogers House, Port-Louis, qui abrite l’ambassade américaine.
« L’État de Géorgie, aux États-Unis, ayant fixé la date d’exécution de Troy Davis au 21 septembre prochain, c’est maintenant au Comité des Grâces de cet État de décider si Troy Davis, condamné pour le meurtre d’un policier, doit vivre ou mourir. Cependant des doutes sérieux pèsent toujours sur la culpabilité de cet Américain, aucune preuve n’ayant été apportée par la poursuite, excepté des témoins oculaires. Depuis le procès, sept témoins sur neuf se sont rétractés », explique au Mauricien Rishi Hardowar, Death Penalty Campaign Coordinator à Amnesty International Mauritius Section (AIMS).
Selon Rishi Hardowar, la date d’exécution du 21 septembre prochain à 19 h 00, est la 4e à laquelle Troy Davis doit faire face depuis juillet 2007. « Et ce sera vraisemblablement la dernière, plus aucun recours judiciaire n’étant possible. Désormais, et comme chaque fois, seul le Comité des Grâces de l’État de Géorgie peut commuer la peine de mort de Troy Davis, et lui éviter ainsi l’exécution. Un espoir réel subsiste d’une telle décision, qui ne pourra être obtenue que par une forte mobilisation au niveau local et international », explique le Death Penalty Campaign Coordinator d’AIMS.
En effet, le cas Troy Davis a suscité une forte mobilisation à travers le monde. De Jimmy Carter au Pape Benoît XVI en passant par l’actrice Susan Sarandon, ils sont nombreux ceux qui réclament que le Comité des Grâces fédéral commue la peine capitale en détention à perpétuité. De nombreuses organisations de défense de droits humains, dont Amnesty International (AI) ainsi que des individus appellent à la clémence. Car trop d’incertitudes pèsent sur ce dossier. Troy Davis fait désormais figure de symbole d’une justice approximative, en particulier au sud des États-Unis. AI a même circulé une pétition en ligne à cet effet.
Cette affaire débute en 1991, quand Troy Anthony Davis est condamné à mort pour le meurtre de Mark Allen MacPhail, policier abattu le 19 août 1989 à Savannah, État de Géorgie. Depuis le début de son inculpation Troy Davis a reconnu s’être trouvé sur les lieux au moment des faits, mais a nié être l’auteur du crime. Il n’y a aucune preuve matérielle à son encontre.
Selon la presse internationale, ces éléments à charge reposaient entièrement sur les déclarations de témoins, dont sept sur neuf sont revenus, au cours des années, sur leur déposition. De procédures en procédures, son exécution a été reportée in extremis à trois reprises. L’affaire Troy Davis souligne tous les obstacles judiciaires que les condamnés à mort doivent surmonter aux États-Unis en vue d’obtenir gain de cause auprès des cours d’appel. Plusieurs centaines de milliers de citoyens dans le monde ont déjà appelé les autorités américaines à commuer la condamnation à mort de Troy Davis et à rouvrir un procès.
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