Il y a nécessité d’espacer la tenue des différentes élections si la volonté existe réellement de diminuer le taux d’abstention. Seul un électeur sur trois a voté !?Des élections gagnées même avec 65% des électeurs ne se rendant pas aux urnes, demeurent, malgré tout, des élections gagnées. Et, ce n’est certes pas Lalians Lepep  qui fera la fine bouche. Contre toute attente –  à commencer chez les vainqueurs eux-mêmes – c’est l’alliance gouvernementale menée par le trio Mouvement Socialiste Militant – Parti Mauricien Social Démocrate et Mouvement Libérater qui a remporté les élections municipales, dimanche dernier, en balayant complètement les listes MMM des cinq Conseils municipaux du pays.? Le score a été est sans appel : 120 sièges de conseillers pour Lalians Lepep contre 0 au MMM. C’est un résultat qui booste évidemment le gouvernement central en place depuis six mois et l’incite à maintenir son style de gestion du pays. « Un tout autre résultat aurait été un grand découragement personnel pour moi « , a avoué, soulagé, le Premier ministre, Sir Anerood Jugnauth lors d’une conférence de presse. SAJ lui-même, officiellement « grippé », s’était gardé de se mouiller à la campagne électorale et avait choisi d’envoyer au front ses seconds couteaux Pravind Jugnauth, Showkatally Soodhun, Xavier-Luc Duval et Ivan Collendavelloo en dépit du fait que, en face, Paul Bérenger et son état-major avait placé la barre très haut en appelant à un « vote-sanction » contre la politique générale du gouvernement. En plus d’exploiter à fond les problèmes du groupe BAI dans des arrondissements de la capitale où une telle exploitation était supposée avoir des effets …?C’est, d’autre part,  la pire performance jamais réalisée par le MMM depuis sa première participation – triomphale – à des élections municipales en avril 1977. ?Il faut en effet noter que, même au plus fort d’une précédente déroute en 2005 face à la défunte Alliance Sociale PTr – PMXD dirigée par Navin Ramgoolam et les travaillistes, le MMM, en alliance à l’époque avec le MSM des Jugnauth et le PMSD de Maurice Allet, était parvenu, tout au moins, à faire entrer un des siens au Conseil de Beau-Bassin – Rose-Hill, en l’occurence Toussaint André.?Or, dimanche dernier, le MMM n’est pas arrivé à faire élire un seul de ses candidats et, au final, c’est pas moins de trois de ses anciens Lord-maires (Dorinne Chuckory, Antonio Seedoo et Aslam Hossenally à Port Louis ) et quatre anciens maires , Reza Gunny ( à Quatre Bornes ),  André Toussaint et Philippe Boudou  (aux Villes-Soeurs ) et Ananda Rajoo ( à Curepipe ) qui sont passées à la trappe.
Le MMM attendait les votes travaillistes, mais ce furent ses dissidents qui rappliquèrent !     
Ces jours-ci, en Europe, particulièrement en Angleterre, en France et en Belgique on commémore la Bataille de Waterloo. Ce fut dans cette commune de Belgique où, le 18 juin 1815, Napoléon, jusque-là empereur conquérant qui imposait sa suprématie sur tout le vieux continent, connut une de ses plus sévères défaites militaires aux mains d’une coalition d’Anglais et de Prussiens.
Toute proportion gardée, les municipales de dimanche dernier à Maurice ont revêtu l’allure d’un Waterloo pour le MMM également. A l’image de Napoléon qui attendait un coup de main du maréchal Grouchy pour vaincre la coalition, mais, qui, au contraire, vit arriver Blücher, maréchal allemand qui contribua définitivement à battre ses troupes, Paul Bérenger et les mauves ont, eux, attendu les votes des partisans du Parti travailliste. En vain ! Le Labour ne participant pas à la course et son leader, Navin Ramgoolam, ayant appelé à  » sanctionner le gouvernement « , les mauves croyaient pouvoir tirer les marrons du feu. Mais, ils valent, peut-être, ce qu’ils valent, comme Blücher, ce fut les dissidents mauve d’Alan Ganoo-Joe Lejonglard-Kavi Ramano-Jean-Claude Barbier et Raffick Soorefan  du Mouvement Patriotique qui ont finalement rappliqué pour aider Lalians Lepep à enfoncer leur ancien parti. Le Mouvement Patriotique (bien que aussi non-partant ) a, en effet, été très actif à Quatre-Bornes et à Port Louis. Et, l’activisme de ces dissidents – pour ne pas dire leur hargne à faire battre celui que, hier encore, ils adoraient – a bien grignoté des dizaines, sinon des centaines de voix ici et ailleurs qui auraient pu permettre quelques candidats mauves de passer dans quelques arrondissements.
Pour les besoins statistiques, il faut rappeler que seulement 35,59% des 394,965  électeurs répartis sur l’ensemble des cinq villes ( Port Louis, BB-RH, Quatre Bornes, Vacoas – Phoënix et Curepipe ) a voté, soit un électeur sur trois.
Ce pourcentage total est le plus bas depuis 1996 et est en recul par rapport à la participation aux élections municipales de 2012 (45%). Ce peu d’intérêt de l’électorat des villes à accomplir le devoir civique aura permis au Premier ministre d’exprimer, de manière assez triviale, « si pas ti bizin enlève zotte sa drwa dé vot là « . Cependant, le Premier ministre ne savait pas encore au moment où il s’exprimait que son camp allait être victorieux !
 Plus sérieusement, devant ce qui a été une désertion citoyenne grave, certains pensent, eux, que c’est tout le calendrier des consultations démocratiques que les dirigeants politiques du pays gagneraient à revoir s’ils ont la réelle volonté de diminuer l’abstention à l’avenir. Tout en n’excluant pas entièrement la possibilité que le peu d’autonomie et d’initiatives laissées aux Conseils municipaux par le pouvoir central aient pu diminuer leur importance aux yeux des électeurs les poussant à s’abstenir, beaucoup pensent, véritablement, qu’il y a lieu d’espacer la tenue des élections. De plus, les  dates des différentes élections (générales, municipales et villageoises ) devraient être fixées longtemps bien à l’avance comme cela se pratique dans les grandes démocraties du monde. Ces deux mesures auraient pour conséquences qu’aucun parti parvenu au pouvoir ne pourrait profiter indûment de la dynamique créée par sa précédente victoire aux générales pour organiser donner le coup de grâce à ses adversaires désorganisés.
Effectivement, l’Histoire a démontré qu’à Maurice depuis  l’Indépendance (1968) – exception faite lorsque quand le MMM minoritaire dans le pays aux générales du 20 décembre 1976 avait arraché 3 villes sur 5 au pouvoir Ptr-PMSD seulement cinq mois – jamais un parti ou une alliance de partis qui a perdu les élections générales n’a pu remporter des élections municipales organisées rapidement après les générales. Il prévaut, concédons – le, encore un trop grand découragement chez les partisans du parti battu pour qu’ils puissent immédiatement reprendre le chemin des urnes. Par contre, le MMM et le MTD d’Anil Baichoo et l’alliance MMM-MSM avaient pu vaincre les forces gouvernementales, mais, à chaque fois, ce fut toujours deux années après les générales.
Le fort taux d’abstention noté aux dernières élections municipales n’a fait que confirmer cette règle du syndrome post-défaite aux élections générales, lequel syndrome s’est davantage aggravé avec la non-participation de l’électorat travailliste. Même le leader des rouges a trouvé moyen de ne pas aller voter !