Les ingrédients d’une réédition de 1982 sont bien présents. Le gouvernement est miné de l’intérieur. Il est secoué par un nombre incalculable d’affaires, d’allégations de fraude, de corruption, de prise illégale d’intérêt, de détournement, de gaspillage à outrance des fonds publics, de passe-droits, de favoritisme ostentatoire et révoltant etc.
Ramgoolam est Premier ministre alors que Bérenger et Jugnauth sont dans l’opposition. Bérenger est au sommet de sa popularité. Duval a perdu de sa force politique. Boolell et Mohamed ne peuvent que profiter des derniers instants. Boodhoo a le courage exemplaire de dénoncer des faits graves. Le gouvernement ne survit que grâce aux transfuges et doit tout faire en vue de contenir les éventuels dissidents en son sein. Des élections sont renvoyées sine die en méconnaissant le principe démocratique de l’État affirmé par la Constitution.
Le climat est mauvais dehors. Tout le monde ne parle que des affaires, l’implication de tel ou tel ministre dans telle ou telle affaire. Ramgoolam est constamment en voyage alors que la misère bat son plein dehors.
La radio-télévision nationale nous bombarde d’une overdose de Ramgoolam. La répression est dans l’air. Bérenger est convoqué par la police alors qu’il a agi en tant que témoin pour dénoncer des faits. Des journalistes s’estiment étroitement surveillés.
Les jeunes se mobilisent par ailleurs et semblent dire qu’il faut définitivement une autre île Maurice.
Tels étaient les ingrédients qui ont conduit à une défaite à plate couture du gouvernement sortant en 82 !