C’est l’anarchie sur la plage publique de Trou-aux-Biches. Les habitants de la région et les familles mauriciennes qui s’y sont rendues pour pique-niquer pendant leurs journées de vacances de ce début d’année ont été consternés de voir que la petite plage de sable blanc si prisée des Mauriciens et des habitants de la région était envahie par plusieurs rangées de chaises longues placées sur les pas géométriques par des commerces privés de location sur une surface plutôt conséquente située sur toute la longueur et la largeur de la plage, entre le local des Coast Guards et l’hôtel de Trou-aux-Biches, devant un restaurant en voie d’aménagement. Il était en effet difficile de s’asseoir ou de circuler sur cette plage publique en ce début d’année, certains commerces ayant même installé plusieurs rangées de chaises longues à même le sable au bord de l’eau. Il devenait pratiquement impossible pour les familles mauriciennes de profiter de l’espace de sable fin entièrement occupé par ces commerces. En outre, d’énormes pancartes avec l’inscription « to rent » sont posées à même le sable pour appâter les touristes qui paient ces chaises longues au prix fort.
Par ailleurs, l’espace parking étant rétréci à cause de la construction d’un restaurant par un opérateur privé sur cette plage, entrer ou sortir de la plage publique en voiture en période de forte affluence est devenu un véritable casse-tête, des véhicules étant garées des deux côtés de la voie d’entrée faute de place. Au point où beaucoup d’automobilistes se rendant à la plage n’ont pas d’autre choix que de se garer plus loin le long de la route côtière.
Le ministre des Terres et du Logement Abu Kasenally, ayant annoncé une opération nettoyage et la démolition de structures de commerce de nourriture sur les plages publiques, ferait bien de mettre bon ordre aussi dans cette course à la privatisation de l’espace public à Trou-aux-Biches par ces commerces privés qui s’approprient les plages pour y disposer des dizaines de chaises longues payantes au détriment des familles et des enfants mauriciens privés dorénavant de ces étendues de sable blanc réservées maintenant aux opérateurs privés et à une clientèle qui aura les moyens de payer.