Anastasia Hélène, 24 ans, est une fervente lectrice de Scope. Nous l’avons rencontrée le jour de son anniversaire. C’est une personne simple qui a une passion dans la vie : la musique. “J’aime danser, chanter, écouter de la musique. Ce sont les seules choses, ou presque, qui me permettent d’oublier les soucis du quotidien. J’aime aussi rigoler entre amis.”

Battante dans l’âme, elle fait de son mieux pour offrir une vie décente à son fils d’un an et demi, qu’elle élève seule. Elle aspire à avoir une vie meilleure. “Je suis serveuse à l’hôtel depuis plus d’un an. Je souhaiterais trouver un meilleur travail qui me donnerait la possibilité d’offrir plus de confort à mon fils. Ma priorité, c’est mon fils est ma famille.”

L’habitante de Mont Roches a dû arrêter l’école à la Form III, faute de moyens. “Mes parents sont divorcés. Ma mère n’avait pas la possibilité de payer ma scolarité. J’ai arrêté l’école pour aller travailler dans une usine afin de pouvoir aider ma famille à s’en sortir. Ma mère s’était bien occupée de ma sœur et moi; j’avais le devoir de l’aider à mon tour à joindre les deux bouts.”

Même si elle n’est pas riche, Anastasia Hélène a le cœur sur la main et ne refuse jamais d’aider quelqu’un dans le besoin. “Je suis comme ça. Si quelqu’un n’a pas de quoi manger, manque des sous pour s’acheter une bonbonne de gaz, je suis capable de remuer ciel et terre pour l’aider même si je n’ai pas beaucoup de moyens. J’estime que le bon dieu m’a mis sur terre pour être une bonne personne et non pas pour agir en égoïste.”

La boîte à questions

Notre invitée a plongé sa main dans notre boîte à questions. Et le hasard lui a imposé ce qui suit.

À quelle personnalité publique confieriez-vous les clés de votre maison pendant vos vacances à la plage ?

Le chanteur Mana’C. J’ai confiance en lui. C’est mon chanteur préféré, il me plaît beaucoup. Je lui confierai mes clés les yeux fermés, même si je ne le connais pas personnellement.

Si vous deviez changer un trait de votre personnalité, quel serait-il ?

Mo tro lagel (rires). J’ai tendance à m’énerver rapidement, notamment contre ma maman et mon fils. Quand on me critique, même si je suis consciente que c’est vrai, j’ai tendance à répondre et à nier. J’ai envie de changer cet aspect-là de moi.

C’est officiel, le Père Noël existe et lit cette rubrique. Que souhaitez-vous lui demander ?

Ça tombe bien, j’ai toujours cru en lui. Je lui demanderai une maison, une voiture, un bon travail et surtout pouvoir vivre heureuse. Mais je pense que la première chose que je demanderai, c’est de soulager toutes les personnes pauvres du monde entier. Donnez-leur un toit, de la nourriture, de l’eau potable, changez leur condition. Ôtez-les de leur situation déplorable.

Qu’offrirez-vous au Premier ministre s’il vient chez vous à l’heure du dîner et de quoi lui parlerez-vous ?

Un bon curry de viande accompagné de riz blanc. C’est mon plat préféré, j’en prépare assez régulièrement, une fois par semaine. Je préfère la viande au poulet. Franchement, je ne sais pas vraiment de quoi je pourrais lui parler en particulier. Disons de tout et de rien.

Quelle est votre plus grande frousse ?

Les rats. J’ai des frissons quand j’en vois. À 7 ans, j’ai été mordue par un rat et ça m’a traumatisée. Je me suis réveillée en sursaut et je l’ai vu en train de ronger mes doigts de la main. J’avais du sang plein les doigts. Je suis restée à l’hôpital pendant deux semaines, ça a pris beaucoup de temps avant de guérir. On m’avait fait des piqûres mais je ne guérissais pas, j’avais très mal. Depuis ce jour, je ne peux plus voir de rats sans me mettre dans des états pas possibles.

Confiez-nous votre plus grand secret.

Désolé, mais cela ne vous concerne pas. Ça ne regarde que moi. Je suis la seule à le savoir, je ne l’ai jamais confié à qui que ce soit et ça ne risque pas d’arriver. Il n’y a que moi et mon matelas qui sommes au courant (rires).

Quel est le meilleur conseil que vous pourriez donner à votre enfant ? Et le pire ?

Je lui dirais d’étudier à fond. Il pourra ainsi avoir un bon travail et éventuellement devenir son propre patron. J’aurais préféré qu’il travaille à son propre compte parce que les patrons ont tendance à vous considérer comme un tapis sur lequel ils peuvent s’essuyer les pieds. J’ai eu de très mauvaises expériences professionnelles. J’ai travaillé pour des gens qui me parlaient mal, qui ne me respectaient pas, qui ne me payaient pas à la fin du mois.
Quant au pire conseil que je pourrais donner à mon enfant, ce serait de tomber amoureux. L’amour fait toujours souffrir. Au début, tout est rose, mais ça finit toujours par vous faire de la peine. Je ne veux pas voir souffrir mon enfant.

Pensez-vous que nous sommes seuls dans l’univers ?

Non, nous ne sommes pas seuls, j’en suis certaine. Nous ne pouvons pas être seuls dans l’immensité de l’univers. Ce n’est pas parce que nous ne les voyons pas que les extraterrestres n’existent pas. J’ai vraiment envie d’avoir la chance de rencontrer une forme de vie extraterrestre.

Quelle sera votre première action le jour où l’on vous nommera Premier ministre ?

Sonn enn petar (rires). Je serai heureuse, j’aurai la possibilité de changer les choses, de faire évoluer les choses dans le bon sens. Je mettrai en place des mesures visant à faire disparaître la prise de drogues synthétiques. Le seul moyen pour moi est de légaliser le gandia.

Vivre d’amour et d’eau fraîche, ça vous dit ?

Ça n’existe pas. De nos jours surtout, deux personnes doivent travailler pour pouvoir vivre. Sinon, vous allez mourir de faim. Personne ne vous donnera quoi que ce soit. De toute façon, tomber amoureux ne m’intéresse plus; c’est la pire chose qui me soit arrivée.