La maison de l’ancien consulat de France, au 5 rue St Georges à Port-Louis, sera bientôt décrétée monument national. Déclaration du ministre des Arts et de la Culture Mookhesswur Choonee lors d’un récent atelier de travail sur le patrimoine intangible à Maurice.
Mookhesswur Choonee indique que Maurice compte à ce jour quelque 180 sites nationaux et la maison de l’ancien consulat de France viendra ainsi s’ajouter à cette liste. La demeure qui abritait également l’espace Campus France – aujourd’hui transféré à l’Institut français de Maurice à Rose-Hill –, a été acquise par Caterpal Mauritius Ltd, société de conseil en investissement implantée à Maurice en partenariat avec la société Saralux du Luxembourg.
Une des conditions pour l’acquisition des lieux obligeait les nouveaux propriétaires à préserver son caractère historique. La maison date du 20e siècle et l’architecture est typique de l’époque. Dans sa cour, l’on peut voir le monument aux Forces Françaises Libres, qui « fait référence aux Mauriciens qui se sont battus aux côtés du Général de Gaulle ». La société y a installé ses bureaux et a converti une des pièces en galerie d’art en vue d’accueillir des artistes locaux.
Avant d’être à la France, la maison a été la propriété du Dr Onésipho Beaugeard, premier député élu de Port-Louis en 1886 dans le premier conseil de Gouvernement de l’époque britannique. Le ministre des Arts et de la Culture a axé une grande partie de son discours sur la préservation du patrimoine, qu’il soit tangible ou intangible.
Le patrimoine intangible, notamment le séga traditionnel mauricien, la musique, chant et danse bhojpuri, le séga chagossien et le séga tambour de Rodrigues, était au centre de cet atelier de travail organisé par le National Heritage Fund (NHF). L’objectif du gouvernement est de présenter ces quatre musiques et danses pour être inscrites au patrimoine mondial de l’humanité. L’atelier regroupait des artistes, représentants de centres culturels et organisations travaillant dans le cadre de la préservation du patrimoine mauricien.
Mookhesswur Choonee a exhorté les personnes présentes à faire des recherches sur un aspect de l’histoire qui est perdu. « Ena enn parti de listwar nounn raté. Mo dire ki finn ariv mo koté l’Afrique ? », s’interroge-t-il, en soulignant le drame commis par la colonisation. Il a aussi observé que le patrimoine intangible est un élément clé dans la construction et la consolidation de la société mauricienne. « Si bizin sanz la loi pou permet preserv sa patrimwan la, nou pou fer li. »
Le ministre a rappelé que Maurice compte déjà deux sites sur la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO : l’Aapravasi Ghat et le Morne. Un troisième viendra bientôt s’ajouter à cette liste avec la présentation des Gorges de la Rivière-Noire devant le comité du Patrimoine mondial.
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Soutien financier pour la préservation des sites
Le ministre des Arts et de la Culture affirme avoir récemment eu une discussion « ferme » avec le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval pour qu’un budget soit alloué à la préservation des sites classés « patrimoine ». Les discussions sont allées dans le bon sens, fait ressortir Mookhesswur Choonee, devant les participants à l’atelier de travail sur le patrimoine intangible à Maurice.
« J’ai eu des consultations avec le ministre des Finances pour nous aider dans la préservation des héritages à Maurice. Les compagnies versent 2 % de leur profit pour le Corporate social responsibility. Pourquoi est-ce que 1 % n’irait ainsi pas à la préservation des sites du patrimoine ? »,  affirme M. Choonee en précisant que de nombreux bâtiments aux valeurs inestimables tombent en décrépitude car les propriétaire n’ont pas les moyens de les rénover et de les préserver. « Le ministre des Finances a dit qu’il était d’accord pour nous donner un coup de main », déclare-t-il.