ANDI CENTRE OF EXCELLENCE: L’alchimie entre la rigueur et l’approche humaniste

Le 24 octobre 2011, le Centre de recherche Biomédical est désigné Centre d’excellence par ANDI (African Network for Drugs and Diagnostics Innovation). Un an après son lancement, un constat des réalisations de ce centre de recherche, unique dans l’océan Indien, s’impose. Le Pr Dhanjay Jhurry, le directeur et celui qui a été derrière sa création nous parle avec fierté de ce centre, dit-il, bâti autour de l’expertise de personnes qui regardent dans la même direction. En effet, en presque une année, ayant pu attirer des fonds considérables tant sur le plan national qu’international pour ces projets de recherche, le CBBR est un exemple de réussite dans la recherche biomédicale dont les pays voisins peut s’inspirer. Sa réussite repose sur l’alchimie entre la volonté de réussir, la rigueur et l’approche humaniste dans le travail entrepris.
Il y a exactement un an, le 15 décembre 2011, l’ANDI Centre of Excellence for Biomedical and Biomaterials Research inaugurait dans les locaux du bâtiment du MSIRI ce centre qui allait rapidement acquérir une grande importance pour la recherche biomédicale dans l’océan Indien. S’il existe des institutions qui font de la recherche dans le pays, le CBBR a pu se démarquer de par son travail sans relâche pour poursuivre ses objectifs de « l’excellence ». En effet, explique le Pr Jhurry, le CBBR jaillit de l’idée de mettre sur pied un centre de recherche par les chercheurs. « À l’Université, plusieurs personnes font déjà de la recherche et certaines ont atteint un niveau où elles travaillent en indépendance », dit-il. Le CBBR sera ainsi appelé à être le pont entre l’Université de Maurice et le privé, comme l’était dans le passé le MSIRI. En mai 2011, le centre est approuvé par l’Université de Maurice, et le 24 octobre de la même année, il obtient la reconnaissance internationale d’ANDI. Le 15 décembre, le centre réussit à obtenir ses propres locaux afin d’offrir une meilleure visibilité à son action. Il faut souligner que la réussite d’un tel centre dépend aussi de son autonomie, lui permettant d’élaborer sa propre politique scientifique, afin d’éviter qu’il soit étouffé par l’administration universitaire.
Valeurs humaines
Un centre de recherche, dans l’imaginaire populaire, dispose de salles remplies d’appareils complexes de haute technologie, où règne une atmosphère plutôt lourde. Or, dans les locaux du CBBR, c’est dans une atmosphère de convivialité et une ambiance chaleureuse que travaillent les chercheurs, les doctorants et les stagiaires. Les étudiants ont aussi leur bureau. « C’est une structure à l’horizontale, nous fonctionnons comme une véritable équipe et personne n’est dévalorisé », soutient le Pr Jhurry. Si la rigueur est de mise dans le travail entrepris par cette équipe, l’on prône également l’approche humaniste. D’ailleurs, précise-t-il, « cette réussite nous la devons bien évidemment à cette équipe qui a su au cours de l’année passée, dans des périodes parfois difficiles mais sans jamais renoncer, poursuivre les objectifs que le CBBR s’était assigné à lui-même. C’est en effet dans le respect et la promotion des principes intangibles que sont la recherche d’excellence, la valorisation, l’enseignement et l’ouverture aux autres, que le Centre a su faire ses preuves. Le CBBR est un centre qui vit ».
Le CBBR a ainsi commencé avec un financement à hauteur de Rs 4,7 M du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Durant cette année, le centre réussira aussi à obtenir des fonds du Mauritius Research Council et de la Tertiary Education Commission pour l’achat d’équipements. Récemment, le CBBR a pu obtenir aussi le soutien du secteur privé pour l’achat d’autres équipements. La MCB vient d’apporter une contribution de Rs 1,1 M pour l’achat de quatre nouveaux équipements, à savoir un Biological Safety Cabinet Level II, une Hydraulic Laboratory Press, un Ultra-Turrax et un Dissolution tester, appareils qui vont tous permettre de faire avancer la recherche biomédicale. À noter que c’est la première fois qu’une société du privé investit dans la recherche. D’autres compagnies, estime le Pr Jhurry, devraient emboîter le pas de la MCB. L’objectif principal du centre étant de développer la recherche médicale dans la région et promouvoir des partenariats en vue de bénéficier de l’expertise étrangère. Le résultat attendu est la découverte, le développement et la fourniture de nouveaux outils sanitaires, y compris fondés sur la médecine traditionnelle, le développement de capacités et la création de centres d’excellence en recherche.
« Vision, stratégies et actions »
Le Centre de Recherche héberge deux National Research Chairs, l’une dirigée par le Pr Jhurry et l’autre par le Pr Theeshan Bahorun, également très connu pour ses travaux de recherche dans le domaine de la biochimie appliquée. Avec son équipe, ses recherches portent sur la thématique des antioxydant functional foods et leurs effets bénéfiques sur la santé notamment contre le diabète, les maladies cardio-vasculaires et le cancer. Si le CBBR est le premier centre de recherche à avoir pu attirer des fonds pour la recherche du secteur privé, il s’est aussi affirmé sur le plan international avec la signature récente d’un accord avec l’Université de Western Australia pour un projet sur Drugs Delivery. L’Université de Western Australia financera ce projet à hauteur de AUS $ 24 000 pour deux ans. Un autre projet avec une société réunionnaise est en voie de finalisation. Le CBBR compte d’ailleurs déjà douze publications pour cette année dans des revues scientifiques de renom et un brevet sur les méthodes de préparation des polymères. Ces accomplissements doivent pouvoir contribuer à encourager la recherche à Maurice mais aussi dans les partenariats internationaux comme le CBBR le démontre dans son approche.
Le bilan d’une année est pour le Pr Jhurry un pari réussi, car, dit-il, c’est un centre qui fonctionne. Guidé par la devise « Vision, stratégies et actions », le Pr Jhurry a déjà établi le calendrier de travail pour 2013. Il compte organiser une journée portes ouvertes destinée aux diplômés et souhaite que cette démarche puisse trouver écho auprès des étudiants étrangers. « C’est important de montrer à ces jeunes qu’il y a quelque chose qui se fait à Maurice ». Par ailleurs, dans l’optique de rendre transparentes toutes les activités du centre, le Pr Jhurry compte produire son rapport sur le travail du CBBR sur deux ans en 2013. Le comité scientifique du CBBR, composé de personnes de ressources locales et internationales, sera ainsi appelé à évaluer le travail. Par ailleurs, le Pr Jhurry estime qu’il est temps que le gouvernement songe à inclure la recherche dans la Corporate Social Responsibility. « Il y a plusieurs compagnies comme la MCB qui souhaitent investir dans l’innovation, pourquoi ne pas mettre en oeuvre des nouvelles pratiques de recherche et de partenariat », dit-il. Ainsi pour l’année 2013, il y a encore pleins de défis qui attendent le CBBR, mais pour le Pr Jhurry, l’objectif est d’atteindre le but ultime qui est la recherche d’excellence, peu importe les obstacles.

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