Un effluve onirique et réel. Une senteur énigmatique qui attire lors d’un passage en boutique hors taxes et qui finira peut-être sur quelques étagères – ce n’est pas donné j’en conviens – vendredi prochain.  Mais ce n’est pas d’une pampille de fragrance enchanteresse dont il est question. Mais de Bien-Être – celui de notre société qui fout le camp. D’une société qui semble s’enfoncer de jour en jour dans une mare de chicot et qu’une petite bougie en bordure de route ne pourrait fichtre illuminer.  
La violence familiale avant qu’elle ne devienne un terme générique était bien présent dans les temps anciens. L’histoire de l’humanité, la mythologie et la théologie regorgent d’exemples de fratricide, parricide, filicide, et autres suicides. Il est dit que le fils d’Adam et Eve, Caïn, tua son frère Abel par jalousie et rivalité entre frères. Dans la mythologie grecque, Œdipe décrit des épisodes de fratricide et de parricide entre autres. Les femmes battues et autre violence envers la femme ont existé depuis les temps anciens. Ces violences étaient encouragées et acceptées dans les sociétés qui les pratiquaient. Il en est de même pour le viol marital ou encore de la violence envers les enfants. Aristote n’écrivit-il pas, “The justice of a master and that of a father are not the same as the justice of citizens, though they are like it; for there can be no injustice in the unqualified sense towards things that are one’s own, but a man’s chattel, and his child until it reaches a certain age and sets up for itself, are as it were part of himself, and no one chooses to hurt himself (for which reason there can be no injustice towards oneself). Therefore the justice or injustice of citizens is not manifested in these relations; for it was as we saw according to law, and between people naturally subject to law, and these as we saw’ are people who have an equal share in ruling and being ruled. Hence justice can more truly be manifested towards a wife than towards children and chattels, for the former is household justice; but even this is different from political justice”?  Et dans la Rome ancienne, le “Patria Potestas” donnait le droit absolu au père de vendre, d’abandonner, de sacrifier et même de tuer sa progéniture. C’est dire que cette violence dont nous sommes témoins aujourd’hui n’est pas nouvelle. Mais est-ce une raison pour s’y habituer au point de trouver normal qu’on tranche la gorge de quelqu’un pour une simple altercation, un billet de Rs. 100 ou qu’on s’acharne sur un corps meurtri, voire sans vie ?
Car il me semble qu’entendre ou lire les dits faits divers de nos jours relève d’une violence si pornographique que l’on commence par  s’y habituer. J’aimerai bien avoir tort mais l’on connaît tous quelques ‘jokes’ bien mauriciens, qu’ils soient salaces ou pas, n’est-ce pas ? Mais lorsque la raillerie de la Saint Valentin équivaut à offrir un broyeur à sa femme/copine en cadeau,  et qu’on se permet non seulement d’en rire mais aussi de ‘Share’, il faut croire que quelque chose ne tourne plus rond chez nous.  Trois femmes sauvagement assassinées et rien ou presque. Oui, forcément, elles ont fait la une des journaux et suscité des réactions de part et d’autre. Manque d’encadrement légal, mauvaise gestion de la colère, une société en perte de valeurs, une politique pourrie, on a tous quelque part tenté de trouver des explications, une logique à l’illogique parce qu’on ne peut ne pas comprendre, égocentriques et imbus de nous-mêmes que nous sommes que trop souvent.
Un gilet fluorescent « mo kamouad » !  Il a suffi qu’on vienne de l’avant avec le port d’un gilet fluorescent jour et nuit si on conduit un deux-roues, de quelques klaxons – que dis-je ? –  d’un boucan de klaxons dans les rues de la capitale pour que les autorités capitulent. Victoire ! « Mo kamouad » ! Mais est-ce que les rues de la capitale ont frémi aux cris d’indignation de toi Femme qui représente, à moins de me planter dans mes maths, plus de 50% de la population ou de Toi/, citoyen/ne apparemment averti(e) parfois grande gueule quand bon te semble sur les réseaux sociaux ou dans les médias ? Qui osera – parce qu’il faut croire que quelques chtis incognitos brandissant des pancartes et dénonçant la violence sous toutes ses formes ne ferait pas broncher ou se feraient taxer de révolutionnaires – quelle personnalité ‘crédible’ osera prendre la barre et pousser chacun de nous – non pas les autorités uniquement – à confronter nos démons ?