Cela fait déjà deux semaines que le vraquier MV Angel 1, battant pavillon panaméen avec une cargaison de 30 000 tonnes de riz, a échoué sur les récifs à un peu moins de trois milles nautiques de la côte de Poudre d’Or. Cela fait six jours qu’a débuté le pompage des 900 tonnes d’huile lourde et de diesel se trouvant dans les réservoirs de ce cargo. Il faudra attendre en principe jusqu’à mercredi prochain pour la fin de cette première étape délicate pour éviter tout risque de marée noire dans cette partie de l’île.
C’est ce qu’a confirmé à Week-End en fin de journée d’hier, Tony Redding, le porte-parole de la compagnie internationale, chargée de superviser et d’exécuter les différentes étapes du renflouage d’Angel 1 des récifs au Nord-Est de Maurice. En effet, l’une des principales préoccupations exprimées par le gouvernement est de prendre toutes les mesures possibles pour éviter des cas de pollution suite à des fuites d’huile lourde dans la zone sinistrée en mer. 
Ainsi, la cellule de crise placée sous la responsabilité du Prime Minister’s Office et comprenant des représentants de la National Coast Guard, de la Police Helicopter Squadron, du Directorate of Shipping, de la Mauritius Ports Authority et du ministère de l’Environnement, avait décrété que le pompage de la cargaison d’huile lourde à bord du MV Angel 1 sera la priorité des priorités. Aucun autre exercice ne sera autorisé avant cette étape.
Depuis mardi dernier, de gros moyens ont été déployés pour rétablir la fourniture d’énergie électrique à bord du vraquier en vue de démarrer le pompage d’huile lourde dans le Bunker Barge, Minorque, affrété d’une des compagnies pétrolières opérant à Maurice. La capacité de ce chaland spécialisé est d’un millier de tonnes.
L’appui logistique de la Police Helicopter Squadron a été déterminant lors de cette partie initiale. Les hélicoptères de la police ont effectué jusqu’en fin de semaine pas moins de 200 rotations entre le hélipad improvisé sur le terrain de football de Belmont à Poudre d’Or au MV Angel 1 pour le transfert des techniciens matin et soir aussi bien que des équipements susceptibles d’être héliportés malgré les conditions climatiques extrêmement difficiles en mer.
Le tonnage de matériels transbordés est de quelque sept tonnes, alors que les remorqueurs de la Mauritius Ports Authority, le Labourdonnais et le Sir Gaêtan Duval, étaient engagés dans l’acheminement de matériels plus lourds, notamment des compresseurs et des générateurs à être installés et opérés à bord du cargo en détresse et avec la salle des machines quasiment submergée.
« The position where MV Angel 1 is grounded is just beyond the reef opposite Poudre d’Or. The sea remains rough on the Eastern Coast Line and hence transfer of any men and materials on board the ship becomes a very difficult task. Therefore, helicopter remains the only means to efficiently and safely transfer the members of the salvage team and their equipment on board the stricken ship. Without the helicopters, it would have been impossible to commence any salvage operation with the requirse urgency », souligne le commandement de la Police Helicopter Squadron.
Ainsi, à hier après-midi, 167 tonnes des 900 tonnes d’huile lourde ont été pompées. La satisfaction de mise est que jusqu’ici ‘ »there is no fuel leakage ». Le Conseil des ministres a pris note de la situation lors de ses délibérations de vendredi dernier. « Au rythme des opérations en mer, le pompage de la cargaison d’huile lourde devra être complétée d’ici la mi-semaine », confirme-t-on dans les milieux concernés. En guise de mesures de précautions, plus d’un kilomètre de bouées anti-marée noire ont été placées autour du cargo et dans le lagon de Poudre d’Or. Les autorités ont également sollicité la coopération des pêcheurs de la région pour un Monitoring de la situation.
Parallèlement, les spécialistes des opérations en mer se penchent déjà sur l’élaboration d’un Salvage Plan pour désenclaver le MV Angel 1 des récifs de Poudre d’Or. Deux remorqueurs, le Mahanuwara, d’une capacité de 6 000 chevaux vapeurs, affrété d’un chantier naval du Sri Lanka, et le N’Dongeni du Mozambique, sont attendus en rade de Port-Louis demain.
Après le Clearance des autorités portuaires, ces deux unités se dirigeront sur la zone des opérations pour dégager et remettre à flot le MV Angel 1. Ces spécialistes, venus d’Europe et d’Afrique du Sud, n’écartent pas la possibilité de transborder une partie de la cargaison des 30 000 tonnes de riz pour faciliter le renflouage.
« The first priority was to pump the fuel oil on board. This being done in a most secures manner up to now. We are going to remove from the ship the fuel oil that can be recovered; We have also started working on a salvage plan. We have different options to refloat the vessel. We’ll choose the best one and there is also the possibility that we will have to discharge part of the consignment of rice », a ajouté le porte-parole des opérations de sauvetage.
D’autre part, le Directorate of Shipping a initié une enquête sur cet accident en mer. Le capitaine du MV Angel, Teynaldo Alcuizar, a été entendu sur les circonstances de son Emergency Anchorage en latitude 20°04,08 Sud et en longitude 57°44,66 Est à partir de 22 heures 24 le vendredi 5 août dernier. Cette décision avait été prise parce que le vraquier avait développé une panne de moteur. Par la suite, la situation devait s’empirer avec la coque du cargo endommagée par les récifs  et une importante voie d’eau avec pour conséquence la salle des machines complètement inondée dans les premières 72 heures. Les conclusions de cette enquête seront soumises au Conseil des ministres à toutes fins utiles.