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Pour passer les épreuves des concours les plus prestigieux du pays, 2300 professeurs ont aidé leurs élèves à obtenir de meilleures notes entre 2012 et 2016. Sur la même période, 3 602 élèves sont accusés de triche.

C’est une triche à très grande échelle qui vient d’être dévoilée en Angleterre. L’OCR (pour Oxford, Cambridge and RSA examinations), l’une des commissions d’examens les plus réputés du pays, a été le théâtre d’agissements malveillants de la part des élèves, mais aussi des professeurs. Ceux-ci ont été 2 300, entre 2012 et 2016, à venir en aide à leurs étudiants pendant leurs concours.

Plus de la moitié des professeurs incriminés pour ces aides ont été accusés « d’assistance inappropriée » durant ces épreuves écrites, pour aider leurs élèves à avoir de meilleurs résultats. À l’inverse, d’après une étude relevée par le Guardian, 3603 cas de triche de la part de jeunes ont été relevés. Parmi eux, environ 1 000 ont été disqualifiés des épreuves, et quatorze ont été expulsés du concours. À titre de comparaison, 581 professeurs ont reçu des avertissements, 113 ont dû aller suivre des stages et 83 ont été suspendus de tout rôle à un examen.

Les cas de tricherie sont souvent liés aux professeurs qui ont eu accès à la préparation des copies en amont de l’examen. Mo Tanweer, l’un des directeurs du collège Eton, à l’ouest de Londres, a dû quitter son poste après qu’il a fait circuler des questions d’un examen à venir aux professeurs de son école. Laurence Wolff, le directeur de la section «Histoire de l’art» du collège Winchester, a été suspendu à son tour après avoir été surpris en train de donner des informations à ses élèves sur les examens à venir.

De plus en plus de tricheurs

«Comme tous les centres d’examens, on prend chaque allégation de triche très au sérieux et on travaille d’arrache-pieds avec les écoles pour résoudre rapidement ce problème», a expliqué l’OCR dans un communiqué, et de préciser que le centre d’examen continuait de reporter ses données tous les ans à l’Ofqual (le bureau des examens et des qualifications en Angleterre). De son côté, Alan Smithers, un professeur de l’université de Buckingham, a déclaré au Sunday Times que «tricher aux examens est l’équivalent de prendre des drogues dans une compétion sportive et la punition doit être équivalente.»

La Royal society of arts, institution pluridisciplinaire mythique outre-Manche dont l’objectif est d’«enrichir la société à travers les idées et l’action », a relevé que le nombre de professeurs qui trichaient a largement explosé ces dernières années: 97 en 2013 contre 388 en 2016. « Notre système scolaire, avec son obsession des tests, des objectifs, des inspections, est plein de conséquences inattendues et d’initiatives perverses, a déclaré Julian Astle le directeur du développement de la RSA. C’est devenu un tel jeu que les professeurs et les directeurs d’écoles sont forcés de choisir entre aider leurs élèves ou s’aider eux-mêmes. »

– lefigaro.fr