Elle s’est envolée pour Paris la semaine dernière pour la deuxième édition du festival Cri de Femme International, qui se tiendra du 7 au 31 mars. L’unique voix mauricienne – et de l’océan Indien – à participer à ce rendez-vous culturel militant, la chanteuse Anick Ruggoo, alias Sista Jahnika, ne pouvait cacher son excitation et sa fierté à l’idée d’être sur la scène de l’auditorium Bellevilloise (Paris) dans la soirée du 8 mars. Une expérience qui s’annonce prometteuse et qui servira certainement de tremplin à l’artiste.
Dans sa maison de Beau-Bassin, où nous l’avons rencontrée à la veille de son départ pour Paris, le 28 février, c’était le grand bonheur. Anick Ruggoo a du mal à rester inactive. Excitée à l’idée de participer au festival Cri de Femme International et, par dessus tout, fière de la tournure que prend sa carrière de chanteuse. Elle est heureuse. “Je ne peux qu’être fière de moi, car je vais partager la scène avec une vingtaine d’artistes étrangers : des Américains, des Colombiens, des Argentins, des Martiniquais, des Anglais, des Indiens…” Anick Ruggoo interprétera Revey twa Fam et Calor, morceau en espagnol qui figure également sur son album, Rev La Mizik Kontinie, et qui parle aussi de la femme.
Choc.
Depuis un mois et demi qu’elle a reçu son invitation pour le festival de Cynthia Phibel, la coordinatrice de Cri de Femme International, la chanteuse mauricienne confie être toujours sous le choc. Tout a commencé quand Cynthia Phibel a découvert le profil d’Anick Ruggoo sur Facebook, et a souhaité écouter des extraits de ses compositions. “Elle m’a ensuite dit qu’elle avait été touchée par les paroles de Revey twa Fam. Elle a aussi trouvé que les paroles de la chanson sont appropriées au thème du festival, qui est cette année Maltraitance de la femme.” Au courant de toutes les procédures à suivre, son époux a soutenu et encouragé Sista Jahnika dès le début. “Sans lui, je n’en serais pas là”, indique Anick.
Espoir.
Anick, qui a lancé son premier album solo, Rev La Mizik Kontinie, en décembre, avait du mal à faire décoller sa carrière musicale. Les recettes des ventes de son disque, pour le premier mois, n’étaient pas fameuses. Sans pour autant se décourager, l’artiste gardait l’espoir que le soleil finirait par briller. “J’avais eu raison de ne pas baisser les bras, mais aussi de croire en mes capacités.” La joie et la fierté d’Anick ont ainsi doublé, en apprenant de Cynthia Phibel qu’elle serait l’unique représentante de Maurice et de l’océan Indien au festival.
Performance.
La chanteuse, qui a déjà évolué sur quelques grandes scènes aux côtés de ses camarades des Katz au débuts des années 2000 – pour assurer, notamment, la première partie des chanteurs français Lord Kossity et Daddy Nuttea à La Réunion – se dit confiante de livrer une bonne prestation à Paris. Toutefois, c’est pour mettre toutes les chances de son côté qu’elle répétait sans relâche peu avant son départ. “Il y aura une grande foule au festival. Je suis consciente du fait que c’est du lourd, et que je doive impérativement être à la hauteur.” Anick Ruggoo, qui n’a fait que des petites scènes et posé sa voix sur deux compilations depuis la sortie de Rev La Mizik Kontinie, espère que sa participation au deuxième festival Cri de Femme International lui ouvrira les portes du succès à Maurice. Qu’elle sera désormais invitée à participer à de grands concerts locaux. En attendant, elle compte, dès son retour à Maurice, travailler sur plusieurs projets : un DVD de son album, et un autre qui regrouperait divers groupes féminins. “Je veux venir en aide à ces formations qui sont bourrées de talent, mais qui ont du mal à se faire un nom sur la scène locale. Je connais bien cette souffrance !”