Le dimanche 7 décembre, les passionnés de mangas, d’anime et de cosplay s’en donneront à coeur joie lors de la troisième édition de la Convention AnimeNext. Cet événement, dont la popularité ne cesse de grandir, leur permettra de partager leur savoir et leurs plaisirs reliés à cet univers si particulier.
Nous avons rencontré quatre cosplayers, qui nous parlent de la place que ce craze occupe dans leur vie.
Pour comprendre l’essence de ce craze à Maurice, il faut rencontrer celles et ceux qui sont passionnés par cette mode. Rendez-vous est pris dans la cour du Plaza pour une séance de photos pour le moins particulière. Devant les objectifs : Jin Kazama, tout droit sorti du jeu de baston Tekken; Garrett, un voleur sombre muni d’une arche sortie du jeu The Thief; une Japonaise vêtue de sa Wa Lolita (genre de kimono, en plus court) et un gladiateur qui a combattu aux côtés de Spartacus.
Pointant son épée vers ses acolytes en signe de défi et muni de son bouclier pour se protéger, le gladiateur mirmillon, incarné par Stephan Wong, 37 ans, donne froid dans le dos. Son visage caché par un casque ne donne aucune indication de son humeur et inspire le respect. À ses côtés, Sabrina Thiery, 22 ans, dans son costume de Wa Lolita, semble vouloir calmer le gladiateur en le charmant. Les mains posées sur ses joues pour être kawaii (mignonne), comme le veut la tradition japonaise, elle rayonne de splendeur dans ses habits noir et rouge et ses cheveux couleur neige.
Dans la peau des personnages.
Pas loin, Jin Kazama, incarné par Frédéric Lamarque, 23 ans, jette un regard froid sur les personnages autour de lui. Torse nu et vêtu d’un pantalon avec effet de feu, il dégage une prestance et une envie de combattre, accentuées par ses arm guards couleur rouge feu, qu’il met en avant en serrant les poings.
Tout près, Garrett, un archer tout de noir vêtu, scrute les environs. Son arc tendu et sa flèche pointée vers les autres, il semble prêt à laisser partir le coup au moindre geste indélicat. En se déguisant en Garrett, Teshmi Sing Gutty, 23 ans, pratique ce qu’on appelle le crossplay : incarner un personnage du sexe opposé.
Les quatre cosplayers que nous avons rencontrés sont plongés dans leurs personnages et ne prennent aucun détail à la légère. “Pour les contests, les détails sont très importants. Nous sommes notés là-dessus. Je vais customiser mon costume en ajoutant des straps par exemple, pour être le plus proche possible du personnage”, confie Teshmi.
Activité populaire.
Être dans la peau de ses personnages préférés et pouvoir réunir ce beau parterre de personnages fictifs ou historiques provenant de plusieurs époques différentes dans un même contexte sont deux des principaux éléments qui font du cosplay une activité si populaire. “J’aime l’atmosphère que le cosplay dégage, la culture japonaise qui est présentée à travers les animes, les mangas et les jeux. J’aime la façon dont les histoires se développent. Ce n’est pas destiné aux enfants, contrairement à ce que les gens pensent”, confie Frédéric Lamarque.
Un autre plaisir des cosplayers réside dans le fait qu’ils peuvent confectionner eux-mêmes leurs costumes, ou du moins une partie. Stephan Wong prend un malin plaisir à fabriquer les costumes des personnages qui lui plaisent. Son costume de gladiateur, il l’a fait cette année en prévision de la “Convention” du 7 décembre.
Costumes.
Pour confectionner des costumes et des props (accessoires), une dose de créativité est nécessaire. Teshmi Gutty, qui a fabriqué son costume dans sa quasi-intégralité, mis à part le corset et les boots, a dû improviser pour la balafre sur l’oeil de son personnage. “J’ai fait un trait au crayon et j’ai ajouté du latex liquide pour donner l’impression que l’oeil est abîmé. Je vais ajouter une lentille de contact pour répliquer l’effet mécanique de l’oeil du personnage dans le jeu.” Il en est de même pour Frédéric Lamarque et Sabrina Thiery. La création de ces costumes a également un coup. Il faut compter Rs 1,000, et même plus, si l’on en croit nos interlocuteurs.
De nos jours, la création des accessoires est devenue plus aisée pour les cosplayers avec le nombre d’informations et de démos présentes sur le net. “Il y a des forums sur internet sur les props builders. Par exemple, sur The Replica Prop Forum, vous aurez plein d’idées sur la confection des accessoires”, précise Stephan Wong.