Annabelle Laprovidence a fait la fierté de Maurice lors de sa participation aux Jeux du Commonwealth en 2014 en décrochant la médaille de bronze. La judokate allègue qu’il y a un laxisme au sein du Caretaker Committee de la fédération de judo. Elle ne participe plus à de grandes compétitions et sa bourse demeure insuffisante. Le Caretaker Committee de la fédération de judo refuse de communiquer à ce sujet.

Il y a quatre ans, Annabelle Laprovidence remportait la médaille de bronze en judo dans la catégorie +78 kg aux Jeux du Commonwealth en Écosse. Aujourd’hui, elle galère. Elle précise que sa bourse est en constante baisse. “Avant de remporter la médaille de bronze aux Jeux du Commonwealth en 2014, je gagnais peu. Puis, la somme a augmenté. Mais elle a encore diminué. Pour avoir la bourse, il faut remporter des médailles. Au niveau du Caretaker Committee de la Fédération mauricienne de judo, on nous explique que s’il n’y a pas de déplacements et de performances, on ne peut avoir de bourse. On est obligé de participer à une compétition tous les trois mois. Or, je n’ai participé à aucune compétition depuis un an. Ce n’est pas de ma faute si je n’ai pas la chance de participer à des compétitions de judo.”

Allocation mensuelle.

Selon nos informations, elle figure parmi la liste des bénéficiaires de l’Athlete Assistance Scheme. Elle se situe dans la catégorie continentale, dans laquelle les sportifs reçoivent une allocation mensuelle de Rs 9,500 à Rs 11,000. Annabelle Laprovidence reçoit Rs 9,500 et également Rs 5,000 du Comité Olympique Mauricien. Tout comme 46 autres sportifs choisis par leur fédération respective et qui sont susceptibles de décrocher la médaille d’or aux Jeux des îles de 2019.

Avec son fils Keyan

Sollicité pour une déclaration concernant le cas d’Annabelle Laprovidence, François de Grivel, le Président du Caretaker Committee mis en place par le ministère de la Jeunesse et des Sports, a refusé de répondre à nos questions. “Je n’ai pas d’information à vous donner à ce sujet. Tout ce que nous faisons se passe en interne.”

La judokate espère que les choses vont évoluer. “Le non-soutien de la fédération me fait douter. Je me demande si j’aurai le courage de rester longtemps dans le milieu sportif.”
Annabelle Laprovidence est maman depuis cinq ans d’un garçon nommé Keyan. Être mère ne change rien à sa vie de sportive. Six mois après avoir accouché, elle a repris le judo. “Ma mère m’a toujours encouragée. Elle avait peur que je ne puisse pas reprendre après mon accouchement. Elle s’occupait de mon fils lorsqu’il était bébé. Elle s’en occupe toujours quand je pars m’entraîner”, confie la jeune maman de 26 ans.

Elle se sacrifie pour son fils.

En 2013, elle décroche la médaille d’argent au Judo Open de Maurice. “Ça me fait de la peine de laisser mon fils avec ma mère quand je m’entraîne ou quand je participe à une compétition. Dans la vie, il faut faire un choix. Si je veux avancer et assurer son avenir, c’est la seule solution. Il a cinq ans. Il me comprend.”

Annabelle Laprovidence se sacrifie pour son fils et pour le bien-être de sa famille. “Nous faisons les choses à tour de rôle. Tantôt c’est ma mère qui cuisine tantôt c’est mon père.” Ses parents et son petit ami jouent un rôle important dans sa réussite sportive. Ils sont sa source de motivation. “Ce n’est pas parce que j’ai un enfant que tout est fini. Bien au contraire. Je dirais même que c’est une bénédiction. Tout comme moi, Keyan aime le sport. Il fait de la natation, mais n’aime pas le judo.”

“Sans sport, je n’aurais pas été la femme que je suis maintenant. J’étais timide comme ce n’est pas possible. Maintenant, je parle à tout le monde”, dit cette jeune femme chaleureuse et au sourire communicatif. Le judo lui a permis de rompre sa timidité et d’avoir confiance en elle. Dès qu’elle sort de chez elle, quelques voisins l’arrêtent pour un brin de causette.

Attirée par le judo.

Son attirance pour le sport débute grâce à une amie, la nièce de Joseph Mounawah, ancien entraîneur national de judo. “Comme je n’ai pas de sœur, nous faisions tout ensemble. Joseph Mounawah nous demandait souvent de nous entraîner vu que nous étions toutes les deux costaudes. Petit à petit, en l’accompagnant au sport, j’ai appris à aimer le judo.”
La championne a 13 ans lorsqu’elle constate que ce sport lui plaît. “Au collège, je ne pratiquais aucune activité sportive”, précise l’ex-étudiante de Medco Cassis. Elle décide d’arrêter le collège en Form IV pour s’adonner totalement au judo. Entre-temps, elle suit un cours de building maintenance pendant deux ans. À 18 ans, elle participe à sa première grande compétition.

Aujourd’hui, la sportive initie au judo les enfants de 5 à 15 ans et les entraîne. “Pendant les vacances scolaires, j’entraîne les enfants avec mon ancien coach à Grande Rivière Nord-Ouest. Ils sont plusieurs à suivre ce cours et à l’adorer.”

Elle ne se voit pas faire autre chose que le judo. Annabelle Laprovidence reconnaît que son sport de prédilection lui a ouvert plusieurs portes et lui a permis de rencontrer beaucoup de gens. “Je ne perçois pas une grosse somme mais j’ai pu construire ma maison grâce au judo. J’ai pu visiter beaucoup de pays. Je suis heureuse”, conclut-elle, le sourire aux lèvres.


Bio express

Situation familiale : En couple.
Âge : 26 ans.
Totem : Chien
Plus grande frayeur : Les gens. On ne sait jamais vraiment ce que certains ont dans leur tête.
Plat préféré : Briani
Série préférée : Power
Chanteuse préférée : Vitaa


Les moments marquants de son parcours

2011: Annabelle Laprovidence décroche la troisième place dans sa catégorie (+78 kg) au championnat d’Afrique junior à Madagascar et remporte la médaille d’or aux Jeux des Îles aux Seychelles.
2012 : Elle remporte la médaille de bronze au championnat d’Afrique de judo au Maroc.
2014 : Elle est médaillée de bronze aux Jeux du Commonwealth en Écosse.
2015 : Elle remporte la médaille d’or aux Jeux des Îles à La Réunion.