L’Église catholique de Maurice a marqué hier son entrée dans l’Année de la foi à travers un grand rassemblement au monument Marie-Reine-de-la-Paix. Cette année a été promulguée par le pape Benoît XVI pour célébrer les 50 ans du Concile Vatican II qui a été un tournant pour l’Église par rapport à son ouverture au monde. Devant la foule de fidèles, l’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, devait souligner que cette année de la foi coïncide avec une année difficile d’un point de vue économique. Il a ainsi fait un plaidoyer pour que cette année de la foi soit aussi une année de solidarité car, dit-il, « Jésus concentre son regard sur les blessés de la vie ».
Symbolisme, dynamisme et poésie. Ces substantifs décriraient bien la célébration d’hier, qui a nécessité plusieurs mois de préparation. Et, à en juger par la foule massive au pied de la montagne des Signaux, on dirait sans hésiter que la foi se porte bien chez les catholiques.
Huit tableaux grandeur nature représentant Jésus s’adressant à des personnages de la Bible autour du thème de la foi. Parmi : celui où il dit « Cesse d’être incrédule et deviens un homme de foi » ou, celui avec « Confiance ma fille, ta foi t’a sauvée ».
Devant la crypte du monument, une croix géante en bois dans laquelle a été taillée une porte. Après la procession des prêtres vers la crypte, l’évêque arrive et donne des coups de frappe à la porte au moyen de sa crosse en martelant : « Ouvrez-vous portes éternelles, laissez entrer le roi de gloire ! »
Cette porte, c’est la porte de la foi. C’est celle-là même par laquelle, depuis quelque temps déjà, l’évêque invite à entrer pour raviver sa foi… Les servants y font leur entrée, suivis du clergé, au son du chant Hosana, ouvrons les portes. Le ton de la célébration est donné. Une ambiance vivante et festive.
S’ensuit cette scène émouvante et très poétique où, comme un témoignage de sa foi, l’évêque se laisse conduire par une main d’enfant vers l’autel. La foi qui, comme devait plus tard le dire Mgr Maurice Piat, implique qu’on se laisse faire, qu’on soit à l’écoute. À l’exemple de Marie. Le mot latin “fiat” illustre bien cette idée de la foi. « Marie dit “Dieu fait ce que tu veux avec moi d’après ta Parole”. C’est cela une écoute profonde. »
La messe débute. Le père Jean Claude Véder, à qui a été confiée la liturgie, invite à faire ensemble le signe de la croix tout en entamant un chant en lien avec le geste. « La port finn ouver. Le Christ finn ouver li. Li signal nou pas par la port. Anou dir li mersi. Anou repon so linvitasion, nou ouver nou leker, nou fer enn pa dan nou la fwa », clame Mgr Piat. La chorale chante Ouver la port to leker, le nouveau chant composé par le père Laurent Rivet dans le cadre de cette messe de la foi.
Sous le soleil dardant de ce dimanche après-midi, à l’abri de leur parasol, les fidèles, vêtus de blanc, sont venus témoigner leur foi. Le blanc, symbole de leur baptême, mais aussi de pureté. Est mise en scène, par des jeunes talents de la paroisse de Saint-Patrick, l’évangile du jeune homme riche qui veut savoir auprès de Jésus de quelle manière il peut obtenir la vie éternelle. Jésus lui dit alors de quitter tous ses biens au profit des pauvres. Ainsi, seulement aura-t-il son trésor au ciel. Mais, le visage du jeune homme se renferme à ces mots car ses biens étaient conséquents. Dans la mise en scène, Jésus invite plusieurs autres personnes à laisser leurs biens pour le suivre. Ceux-ci passent par la porte de la foi représentée par la grande croix en bois et Jésus dit : « Li byen difisil pou bann dimounn ki ena gran dibyen pou rant dan rwayom Bondie. Me pou Bondie, tou posib ».