Le ministère de l’Éducation veut constituer une banque de supply teachers (enseignants temporaires) pour les classes du mainstream et de la filière Pre-vocational dans ses collèges et a lancé depuis quelques jours un appel à candidatures dans cette direction. Le ministère aurait besoin d’environ 150 supply teachers pour l’année à venir pour remédier au manque éventuel. Déjà, il y a des contractuels dans presque tous les collèges d’État. Mais beaucoup d’entre eux renoncent au poste en cours d’année pour des emplois plus rémunérateurs ailleurs, déstabilisant ainsi le déroulement du programme d’études. Cette année dans une école des Plaines-Wilhems, des élèves ont ainsi eu trois profs d’anglais, soit un pour chaque trimestre…
Pourquoi le ministère est-il confronté à un manque aussi aigu d’enseignants dans ses écoles ? « Chaque année il y a des absences de longue durée et il nous faut trouver des remplaçants sans compter les postes vacants avec le départ à la retraite des enseignants. Dans le passé on a toujours reproché au ministère de ne pas planifier les ressources humaines mais les choses changent maintenant et nous voulons éviter le manque d’enseignants tout au long de l’année », explique un officier au sujet de cet appel à candidatures.
Ainsi, le ministère recherche des « temporaires » dans presque toutes les matières qui sont enseignées dans ses établissements : comptabilité, art & design, biologie, business studies, chimie, computer studies, economics, anglais, français, hindi, hinduism, home economics, islamic studies, mathématiques, éducation physique, physics, social studies, sociologie, Travel and tourism, urdu, allemand, italien, espagnol, arabic, Design & communication/Design and technology, mandarin, marathi, tamil, telegu, musique (occidentale, orientale) et danse classique. Il est bon de savoir que c’est le ministère et pas la Public Service Commission qui prend en charge l’exercice de recrutement de ces supply teachers.
Les recteurs sont d’accords que le ministère fasse appel aux « temporaires » pour remédier au manque spécifiquement dans le cas de congés de longue durée tels le vacation leave et le maternity leave. En revanche, ils s’interrogent sur l’emploi des contractuels au lieu d’avoir des permanents dans les postes qui sont vacants depuis plusieurs années. « En raison des contraintes budgétaires, il y a une tendance dans la fonction publique d’employer des contractuels dans divers postes mais ce n’est pas correct d’adopter la même formule dans le domaine de l’enseignement », disent ces chefs d’établissements. « Il nous faut des personnes qui sont là sur une base permanente et qui développent un sens d’appartenance aux collèges », explique l’un d’entre eux.
La pratique de « supply teachers » dans la politique du ministère est désormais courante et s’est répandue à l’ensemble de ses collèges. Ainsi, aujourd’hui dans beaucoup d’écoles, on compte au moins une vingtaine de contractuels. Mais aux dires des recteurs, cela donne lieu à une situation inconfortable et influe sur la qualité de l’enseignement. Si quelques contractuels témoignent d’un réel engagement dans leurs fonctions, d’autres, selon les recteurs, ont un passage dans le milieu scolaire et c’est pour cette raison que l’on entend souvent les élèves se plaindre des fréquents changements de profs — « ayo nou fin sanz ankor profeser ! ». C’est le cas, cette année, d’une classe dans un National College des Plaines-Wilhems où les élèves ont vu défiler trois profs d’anglais. « Le premier est arrivé en début d’année et a travaillé jusqu’à la fin du premier trimestre ; le second a quitté avant la fin du second trimestre et le troisième est arrivé au début de ce troisième trimestre », confirme le recteur de l’établissement. Et c’est avec raison, dit-il, que les élèves l’ont interpellé en ces termes : « Monsieur, pa pou zanze ankor-la ? » Les recteurs ne prennent pas le risque d’attribuer des responsabilités spécifiques aux contractuels, de peur que ces derniers s’en aillent d’un moment à l’autre.
En revanche, on cite le cas de plusieurs supply teachers qui sont en poste depuis cinq ans et dont le contrat est renouvelé à chaque année scolaire. « Ils adorent leur métier et ont un bon track record. On trouve dommage que le ministère ne les emploie pas sur une base permanente », disent des recteurs. Dans les collèges, on affirme qu’il y a un urgent besoin pour des enseignants à titre permanent pour des matières techniques telles Design & communication/Design and technology ainsi pour la filière purement scientifique de même que pour la Physical Education. « Il est impératif d’avoir des postes permanents dans ces matières », insistent des chefs de département dans le domaine concerné.