La formation artistique mauricien Mistik dan zil (MDZ) fête cette année ses dix ans d’existence. Pour l’occasion, il prévoit un grand concert sur le terrain de foot de Riambel le samedi 21 décembre, de 18 heures à 23 heures. L’occasion aussi de présenter les nouveaux morceaux qui figureront sur son troisième album, dont la sortie est attendue pour 2014.
La formation MDZ a vu le jour en 2003 à la suite d’une rencontre entre quatre amis, Jean Marc Tourail, connu comme Gelosse habitant Chebel, les frères Kersley et Jimmy Rose, et Jean-Noël Jocelyn, tous trois de Riambel. Jusque-là, les quatre travaillaient chacun de leur côté, indique Gelosse au Mauricien. Même aujourd’hui, une bonne partie du travail se fait au niveau individuel. « Nous composons la plupart du temps en solo. Ensuite, nous nous voyons pour des répétitions en groupe. Nous travaillons avec sept musiciens », fait ressortir notre interlocuteur.
Au départ, le travail du groupe était plutôt axé sur une musique africaine. « Nous chantions dans les hôtels. En 2006, nous avons sorti notre premier album, Nouveau départ, qui comportait huit chansons ». Le suivant verra le jour trois ans plus tard. Le groupe présentera Esklisyon à l’occasion du festival intrnational créole et lors du spectacle, Reggae donn sa. Il participera aussi à une tournée à Rodrigues. Les chansons pour l’album à paraître en 2014 sont prêtes mais les titres pas encore finalisés, avance-t-il. Les thèmes abordés se rapportent à tout ce qui touche au quotidien des gens : l’amour, les difficultés qu’ils rencontrent, la drogue, la spiritualité.
Selon Jean-Marc Tourail, le travail se fait au quotidien. Ce marchand ambulant, opérant dans la capitale, affirme : « Inspirasyon vinn dan travay parfwa ; enn kou ou gagn enn melodi dan latet e kan mo rant lakaz mo pran lagitar et mo kontinie. » Il ajoute que des fois, il trouve et les paroles et la mélodie pour tout un couplet et le refrain de la chanson. Mais des fois, rien ne vient, insiste-t-il. La période creuse peut durer entre une journée et plusieurs jour voire même un mois. Selon lui, chaque instant peut être source d’inspiration. Gelosse souligne qu’il enregistre toujours les nouvelles mélodies, « pour ne pas les oublier ».
Lorsqu’une chanson est prête, les amis travaillent en groupe. « Des fois, on chante en solo, mais des fois d’autres peuvent interpréter les chansons que j’ai composées ou vice-versa, ou encore, ils font les choeurs. » Dans lequel cas, le travail est plus intense puisqu’il faut s’assurer que les tonalités soient harmonieuses et selon les niveaux requis pour telle chanson. Le groupe chante en créole avec de temps à autre des énoncés français. « Nou finn tradwir Bob Marley, “No more trouble” en créole », dit-il.
Comme beaucoup d’adolescents, Gelosse et ses amis aimaient se rencontrer au coin de la rue, à Coromandel, où il habitait à l’époque pour bat ravann. Un jour, il y a une quinzaine d’années, dit-il, à l’occasion du concours Sofé ravann, « un monsieur nous avait offert une chanson pour présenter. Depuis, je n’ai jamais arrêté », dit-il, même si ses amis de l’époque n’ont pas poursuivi dans cette voie. Jean-Marc Tourail est père d’un petit garçon de quatre ans qui semble déjà s’intéresser à la musique. « Li pran enn baget ou de bout dibwa, li tap tapé. »