Après que la situation à risques et les conditions de vie révoltantes des familles vivant à Anse-Courtois (voir photos Le Mauricien d’hier) ont été mises au grand jour lundi par le père Gérard Mongelard, plusieurs personnalités politiques et d’autres secteurs ainsi que de nombreux volontaires anonymes se sont rendus sur les lieux. Tous, à l’instar du président de la République Kailash Purryag — qui s’y est rendu en toute discrétion hier –, ont été choqués par ce qu’ils ont vu et souhaitent le relogement de ces familles au plus vite. D’autant qu’on anticipe des pluies torrentielles sur l’île dès demain. Selon le père Mongelard, le ministre Xavier-Luc Duval, qui était à Anse-Courtois ce matin, a promis de discuter avec la NHDC des possibilités d’un logement pour ces familles.
Parmi les personnalités qui ont visité les familles d’Anse Courtois à la suite du cri de coeur du Père Gérard Mongelard : Kailash Purryag (président de la République) Mgr Maurice Piat, Mgr Ian Ernest, Raj Makoond (directeur du Joint Economic Council), le PPS Aurore Perreau, le ministre Xavier-Luc Duval, la députée Arianne Navarre-Marie. Depuis quatorze ans qu’elle s’est installée dans ce hameau avec d’autres familles, Marie Dora, originaire de Rodrigues, confie qu’elle n’a jamais vu autant de « gran dimoun vinn ziska-la ». Et le Père Gérard Mongelard, qui se bat depuis dix ans pour le relogement de ces familles d’Anse Courtois dans un endroit nettement plus courtois et dans un environnement plus sain, est heureux que les autorités s’intéressent enfin à leur sort. Mais il trouve dommage qu’il a fallu les inondations de samedi dernier pour déclencher cet intérêt et ce mouvement immédiat de solidarité envers cette douzaine de familles. « J’apprécie la manière discrète et simple avec laquelle le président de la République a effectué cette visite hier. Il est venu comme un citoyen ordinaire et il a été choqué par ce qu’il a vu. J’ai insisté sur l’urgence de reloger ces familles et il est d’accord avec moi », raconte le Père Mongelard.
Xavier-Luc Duval, le ministre des Finances, qui était accompagné de la PPS Aurore Perreau ce matin à Anse Courtois, a promis qu’il enclenchera dès son retour au bureau des discussions avec les autorités concernées sur les possibilités de reloger ces familles dans un autre endroit dans les jours qui suivent. Mais le Père Mongelard insiste sur le départ de ces familles de cet endroit à risques avant ce week-end en raison des possibles pluies torrentielles sur le pays d’après une nouvelle de la BBC. « J’ai fait comprendre l’urgence de la situation au ministre des Finances et il m’a promis ce matin de négocier avec les autorités concernées comme par exemple la NHDC », affirme le Père Mongelard. Entouré de quelques bénévoles, qui depuis dimanche apportent un soutien aux familles, le Père Mongelard attend à présent la solution que lui communiqueront les autorités par rapport à cette demande de relogement.
Par ailleurs, la municipalité de Port-Louis depuis hier s’intéresse au statut de ce terrain situé au bord de la rivière et sur lequel pourtant quelqu’un a érigé une douzaine de cahutes en tôles rouillées et percées de tout côté et qui sont louées à des démunies au coût de Rs 1 700 à Rs 2 000. Dorine Chuckowry, la mairesse p.i à Port-Louis, souligne que la municipalité « vient d’hériter » en janvier dernier, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi pour les collectivités locales, du terrain de Pailles. Celui-ci était annexée jusqu’à décembre dernier au Conseil de district de Rivière-Noire. « Nous allons voir maintenant quel est le statut de ce terrain qui est situé sur la rivière et qui en est le propriétaire. Nous allons nous mettre en contact avec le District Council de Rivière-Noire pour avoir ces informations. Une fois qu’on sera fixé sur ce terrain nous allons décider ce qu’il faut faire. Nous sommes conscients que c’est un endroit à risque et qu’il ne peut y avoir d’habitation », a déclaré au Mauricien ce matin Dorine Chuckowry.