Avec l’annonce des risques de fortes averses sur l’ensemble du pays en cette fin de semaine les familles d’Anse-Courtois, à Pailles, vivant dans des habitations précaires au bord d’une rivière, ont quitté les lieux hier après-midi. Le Père Gérard Mongelard, leur protecteur, les a fait évacuer à l’aide de bénévoles et les a conduits vers la salle d’oeuvres de l’Église St Vincent de Paul, un endroit plus sûr, situé à un kilomètre plus loin. Ils ne retourneront plus à leur ancienne demeure. L’ENL Foundation témoigne d’un intérêt pour un projet de relogement de ces familles, qui comprendrait aussi un volet d’intégration sociale. Mais pour l’heure, un comité de soutien autour du Père Mongelard cherche d’urgence un endroit pour loger temporairement ces familles et lance un appel aux propriétaires qui auraient des espaces à louer à des prix raisonnables.  
En début d’hier après-midi, la nouvelle d’éventuelles « pluies fortes et orageuses » se faisant de plus en plus persistante à travers le pays est confirmée un plus tard par un communiqué de la météo. C’est aux alentours de 15 h hier que les familles de Anse-Courtois ont été informées par les bénévoles dans l’entourage de Gérard Mongelard qu’il va falloir quitter l’endroit avant la tombée de la nuit par mesure de précaution. « Ils ont été traumatisés par les récentes inondations. Je ne pouvais pas prendre des risques en les laissant là, il fallait les déloger », explique le Père Mongelard. « S’ils sont sortis ce n’est pas pour y retourner » précise le Père Mongelard. Ce dernier informe l’évêque de Port-Louis de sa décision. Toutefois il n’a pas voulu conduire ces familles dans les centres sociaux. Après concertations avec le Père Laurent Rivet, curé de la paroisse St Vincent de Paul, ce dernier accepte de mettre à leur disposition pour un ou deux jours la Salle d’oeuvres de cette église ; le temps de leur trouver un autre abri. Toutefois seuls les femmes et les enfants ont trouvé refuge à St Vincent de Paul ; les hommes sont restés dans le hameau d’Anse-Courtois pour veiller sur les effets personnels et aussi à cause d’un manque de place.
Les mères de familles n’ont emporté que les effets de première nécessité et, en quittant l’endroit à 17 h 75 elles ont exprimé un profond soulagement de se savoir à l’abri face aux menaces de pluies torrentielles. Elles confient qu’elles sont incertaines de leur situation dans les jours à venir mais gardent confiance. « Nou kone ki nou pou laba zis pou enn-de zour. Pa kone kot nou pou ete apre me nou fer konfians Per Gerard, nou apresie tou seki li pe fer pou nou », dit une mère de famille.
C’est à bord d’un camion et des voitures des bénévoles que ces habitants se sont rendus vers cet endroit pour se refugier. Au moment où ils faisaient leur entrée dans la cour les cloches de l’église sonnaient l’angélus du soir. Il était exactement 18 h. « Laklos pe sone kouma nou arive… gete kouma bondie pe akeyir nous ! » dit alors une mère de famille à sa petite fille qu’elle tenait dans ses bras.
Les différents mouvements de la paroisse et de nombreux autres bénévoles se sont mobilisés pour aider les Pères Mongelard et Rivet dans l’accueil et la prise en charge de ces familles en détresse durant tout le temps qu’ils y seront. « Tout s’est bien passé hier soir et ce matin. Tout le monde a bien dormi et ils sont en bonne santé. On s’organise pour la journée et la soirée d’aujourd’hui », dit France Lafleur, un des bénévoles qui accompagne ces familles depuis dimanche dernier.
Pour sa part, le Père Mongelard depuis ce matin est très occupé avec les multiples démarches et négociations pour un logement pour ces familles. Un comité de soutien l’aide dans cette tâche. « Il nous faut un logement en urgence pour ces familles mais nous ne souhaitons pas qu’elles soient dispersées dans les quatre coins du pays », dit Gerard Mongelard. Et celui-ci de lancer un appel aux personnes qui auraient de grands espaces à louer et demande à leurs propriétaires dans un geste de solidarité de les mettre à leur disposition à un prix raisonnable. « Nous discutons en ce moment avec le secteur privé sur un projet de relogement de ces familles. Il s’agit d’un projet très sérieux et qui comprend plusieurs autres aspects pour leur réinsertion dans la vie socio-économique. En attendant que ces familles aient leurs propres maisonnettes nous cherchons un espace à louer pour les loger temporairement », explique le Père Mongelard. L’ENL Foundation (société CSR du Groupe ENL) a manifesté un intérêt pour le relogement de ces familles d’Anse-Courtois et ses responsables discutent des modalités de la réalisation d’un tel projet.