Jennifer Elliott, étudiante mauricienne préparant une thèse au Virginia Institute of Marine Science, et l’équipe de Reef Conservation se sont engagés depuis le début de janvier dans une nouvelle expérience susceptible d’avoir à terme des effets positifs sur la survie des coraux à Maurice. Ils se sont attelés à démontrer qu’il est possible de restaurer des récifs coralliens par la transplantation des coraux spécifiques provenant du lagon d’Anse-la-Raie. Ce programme de recherche bénéficie de l’apport du Dr Mark Patterson, professeur en sciences marines au Virginia Institute of Marine Science. Il étudie depuis plusieurs années les différents habitats marins, dont les coraux.
Ces recherches s’inscrivent dans le cadre d’un projet initié par Reef Conservation en partenariat avec le groupe hôtelier mauricien Attitude. Un des objectifs du projet, mené par Jennifer Elliott, le Dr Mark Patterson, Céline Miternique et Nathalie Summers, est de protéger le récif corallien et les écosystèmes marins qui y sont associés afin de trouver des solutions pour aider à la régénération de la biodiversité dans le lagon d’Anse-la-Raie. Dans ce contexte, Reef Conversation a débuté une étude écologique de ce lagon.
Les récifs coralliens, explique Céline Miternique, sont parmi les écosystèmes les plus divers dans le monde. Ils fournissent des services environnementaux très utiles tels que des nurseries pour les poissons juvéniles, la protection de la côte contre l’érosion et permettent l’amélioration de la qualité de l’eau de mer. À Maurice, comme ailleurs, les récifs coralliens subissent des impacts directs et indirects dus à l’activité humaine, tels que l’ancrage sauvage des bateaux dans les coraux, la surpêche, la pollution sédimentation et l’impact du réchauffement climatique mondial. Il est estimé qu’un tiers de la population mondiale des coraux est déjà mort et que d’ici 2030 nous en perdrons encore 60 %.
En juin 2010, une campagne d’inventaire rapide du lagon a été effectuée. Elle avait pour but principal la connaissance du milieu marin et des différents écosystèmes marins présents dans le lagon d’Anse-la-Raie. Les données biologiques ainsi récoltées ont permis de réaliser une cartographie du milieu avec les écosystèmes présents : herbiers, coraux, algues, zones sableuses. Tous ces écosystèmes sont utiles et nécessaires au maintien de la vie marine.
Entre juin et novembre 2011, Reef Conservation a effectué des investigations biologiques dans des zones délimitées du lagon pour avoir une première idée de la richesse spécifique des coraux et des poissons. Cette étude a permis de se faire une idée de la distribution des espèces. Une étude quantitative été effectuée durant le deuxième semestre de l’année dernière.
Site pilote
Afin de renforcer sa recherche scientifique dans le lagon d’Anse-la-Raie, Reef Conservation a inclus la mise en place des zones volontaires de conservation. Ce projet est basé principalement sur la participation volontaire et active des pêcheurs et de la communauté. Un site pilote à Roches-Noires est géré par des pêcheurs et des membres de la communauté encadré des biologistes marins de Reef Conservation qui se réjouit de l’apport de Jennifer Elliott à ce projet. Jennifer Elliott souhaite mettre toutes ses connaissances en biologie marine au profit de l’étude de l’état de santé des coraux à l’île Maurice. Dans cet objectif, elle réalise sa thèse à Maurice et étudie plus spécifiquement la possible restauration des récifs coralliens par la transplantation des fragments de coraux spécifiques provenant du lagon d’Anse-la-Raie. Son étude est soutenue par le ministère de la pêche (Albion Fisheries Research Center). Mark Patterson professeur en sciences au Virginia Institute of Marine Science, apportera son expertise en matière e scientifique.
En partenariat avec l’Albion Fisheries Research Centre (AFPC), des fragments de coraux sont ainsi collectés. Des essais de plantation de coraux seront effectués dans le lagon. « Au fil des mois, on fera un suivi pour étudier la croissance et le taux de survie des coraux. Le but de l’expérience est de déterminer les espèces qui ont le plus de chances de survie et de croissance », explique Jennifer Elliott.
Le projet d’Anse-la-Raie, qui s’étendra jusqu’à 2014, a aussi pour objectif d’évaluer la santé des récifs coralliens en répertoriant la diversité et l’abondance de coraux ainsi que de surveiller la qualité de l’eau dans le lagon. Il s’agira également d’évaluer la capacité de reproduction des coraux existants dans le lagon. L’éducation occupe une large place dans le projet. Les études effectuées dans le lagon seront présentées aux élèves des écoles primaires et secondaires, au personnel des hôtels Attitude et des touristes. Les résultats de l’étude seront publiés sous forme d’articles dans des revues scientifiques.