Alarmés par les éventuels effets néfastes des antennes-relais, les habitants de l’Avenue André Martin (ex-Clairfonds N°3), à Vacoas, remuent ciel et terre pour empêcher l’installation d’une telle infrastructure dans leur quartier. Ils s’interrogent par ailleurs sur les circonstances entourant la soumission de ce projet à la municipalité de Vacoas-Phoenix.
Dès février 2011, les résidents d’André Martin (ex-Clairfonds N°3), à Vacoas, dans une pétition à la mairie de Vacoas/Phoenix, s’élèvent contre ce projet d’installation d’une antenne-relais dans leur quartier.
« J’ai été stupéfait de constater un samedi matin qu’on avait apposé une “Application for Building and Land Use Permit Notice” sur un longanier se trouvant dans ma cour et sans ma permission. Cette “notice” annonçait l’intention d’une compagnie de communication de faire installer une antenne-relais dans notre petit morcellement privé », raconte au Mauricien Narendranath Gobin, un des pétitionnaires. Une trentaine de personnes avaient signé cette première pétition. « D’une part cette “notice” n’était pas vraiment lisible et d’autre part, aucun de nous, les voisins, n’en avaient été individuellement informés ni par la municipalité ni par les promoteurs et en outre personne d’entre nous avait vu une annonce quelconque dans ce sens dans aucun journal », ajoute-t-il.
« Tout le monde sait qu’une telle antenne, à cause de ses émissions électromagnétiques, a des effets négatives sur la santé de ceux qui vivent à proximité », explique pour sa part Kesree Mohabeer, une autre résidente du quartier dans une autre pétition à la municipalité de Vacoas/Phoenix. « Ma cuisine n’est qu’à quelques mètres du site où l’on se propose de faire construire cette antenne et comme nous y passons tout notre temps, nous sommes tous préoccupés par l’impact négatif que cette installation aura sur la santé de ma famille », s’alarme-t-elle encore dans sa pétition.
Un an après, le docteur Veekash Gobin, qui vit à quelques pas du site où l’on se propose d’installer l’antenne, attire lui aussi l’attention de la municipalité sur ce projet. « Pourquoi les riverains n’ont-ils pas été individuellement informés jusqu’ici ? », écrit-il. Il s’interroge également sur les circonstances entourant les démarches de la compagnie de communication pour installer l’antenne. « J’apprends par un avis de presse qu’une compagnie de communication se propose de faire installer une antenne-relais dans mon voisinage et que tous ceux qui s’élèvent contre ce projet ont un délai de 15 jours pour enregistrer leurs objections à la municipalité. Et à la municipalité j’apprends qu’il n’y a pas une telle demande. Comment peut-on alors objecter contre une demande qui n’existe pas ? », se demande-t-il.
Narendranath Gobin abonde lui aussi dans le même sens et va même plus loin, se demandant si toutes les procédures ont été suivies par cette compagnie de communication pour l’obtention de son permis de développement. « En février 2011, on a cloué une notice sur un longanier se trouvant dans mon allée privée. C’était presqu’illisible. En moins de cinq jours, nous avons envoyé pétition et lettres de protestation à la municipalité. À la municipalité, l’on nous a informés qu’il n’y a aucune demande de permis de développement pour l’installation d’une telle antenne », explique-t-il dans une lettre au début de ce mois à la municipalité de Vacoas/Phoenix. « Maintenant qu’un avis de presse a paru faisant état de ce projet d’installation d’une antenne-relais à André Martin, nous invitons les inspecteurs de la municipalité à venir sur le site pour constater que celui-ci n’est pas approprié pour un tel projet dans un quartier résidentiel », ajoute-t-il.
« Nous demandons à la municipalité de ne pas délivrer de permis pour que nous, de paisibles citoyens, n’ayons pas d’ennuis de santé », indique-t-il. « Suivant le principe de précaution, la municipalité est tenue de prendre en considération la santé des dizaines d’habitants du quartier au lieu de l’intérêt commercial d’une firme », conclut-il.
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Effets néfastes sur la santé
Voici les principales objections (liste non-exhaustive) à la présence d’antennes-relais en zone résidentielle :
• 75 % des recherches scientifiques indiquent des effets néfastes sur la santé.
• Sur 971 études en date, 652 ont conclu que ces antennes affectent la santé (http://wwws.powerwatch.org.uk/science/studies.asp).
• Il n’existe aucune étude sur ce que peut présenter comme menace à la sécurité publique une antenne de 3 mètres surplombant un haut bâtiment dans l’éventualité d’une catastrophe.
• Aucun habitant du quartier ne s’est plaint d’un problème de réception téléphonique.
• L’Appraisal Institute, un organisme international d’évaluateurs, a conclu qu’une antenne-relais dans un quartier résidentiel diminue la valeur foncière d’une résidence (www.appraisalinstitute.org).
• Une antenne-relais constitue une horreur (eyesore) dans un quartier, détériorant son esthétisme.
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Une association en voie de création
Devant le nombre grandissant d’antennes-relais, qui poussent du jour au lendemain dans divers quartiers de l’île au grand dam de leurs habitants souvent impuissants devant la lourde machinerie de l’administration des collectivités locales, des citoyens ont décidé de se regrouper en association pour s’opposer à leur installation dans des zones résidentielles. L’initiative revient à Jocelyne Boquée, une habitante de Malherbes, Curepipe. « Nous savons tous que les émissions électromagnétiques de ces antennes affectent la santé. Mais suivant le principe de précaution, qui stipule qu’il vaut mieux s’abstenir en cas de doute, les autorités locales doivent prendre la décision de ne pas accorder de permis pour l’installation de ces antennes dans des quartiers résidentiels », explique-t-elle.
Ceux désireux de se joindre à ce mouvement peuvent envoyer un sms à Jocelyne Boquée au 767 9111 ou au 918 9684.