Alors que se tient actuellement au Labourdonnais Waterfront Hotel, Port-Louis, un atelier de travail de l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA) sur les radiofréquences, les habitants des morcellements St-Jean et Sodnac, à Quatre-Bornes, s’inquiètent depuis quelque temps déjà de la prolifération d’antennes relais téléphoniques dans leurs quartiers. Ils lancent une campagne pour alerter les autorités sur les possibles effets néfastes de ces structures sur leur santé.
« Du jour au lendemain, les résidents des morcellements St-Jean et Sodnac ont vu apparaître comme par enchantement des Tours Eiffel sur les toits de certaines maisons de leur quartier », explique le président de Solidarité Sodnac, Pravin Bhowanydeen. « Le comble, c’est que ces antennes semblent avoir été installées en catimini. Car personne ne se souvient d’avoir vu un panneau “Special Land Use Permit”, comme c’est généralement le cas quand il y a un développement dans un quartier résidentiel », s’indigne-t-il.
Ces habitants sont d’autant plus remontés contre la municipalité, responsable selon eux de l’octroi de tout permis de développement dans les limites de la ville, que lors d’une récente rencontre d’explications avec le maire et certains conseillers municipaux pour leur faire part de leurs doléances, ils se sont entendus dire que la responsabilité incombe aux cadres administratifs de la mairie, car depuis la promulgation de la dernière Local Government Act, les élus n’ont plus leur mot à dire dans l’octroi des permis de développement. « D’une part les élus adoptent une politique de “pa mwa sa, li sa”, et d’autre part les fonctionnaires municipaux avancent qu’il n’y a aucune preuve concrète que ces antennes sont une menace à la santé publique. Ils affirment que de toute façon c’est l’ICTA qui délivre les permis et qu’une fois que c’est fait la municipalité n’a rien à dire et doit entériner cette décision », élabore Pravin Bhowanydeen.
Selon le président de Solidarité Sodnac, ces antennes ont été installées malgré les véhémentes protestations des habitants. « Nous travaillons dur pour élever nos enfants et leur donnons tout ce qu’il y a de bon. C’est inacceptable que des gens viennent maintenant mettre en danger la santé de nos enfants (…). Aujourd’hui l’Internet (voir encadrés) abonde de recherches démontrant que ces antennes ne sont pas inoffensives. D’ailleurs, évoquant le Principe de précaution, l’Organisation mondiale de la santé a récemment alerté l’opinion internationale à l’effet que les ondes électromagnétiques émises par ces antennes relais et par les téléphones mobiles peuvent être dangereuses pour l’être humain. Alors n’est-ce pas légitime que nous nous sentions préoccupés par notre santé et par celle des membres de notre famille ? », poursuit-t-il.
« Outre d’être une menace certaine à notre santé, ces antennes sont aussi un “eyesore” et une menace à la sécurité publique », soutient Pravin Bhowanydeen. « Lors d’un dernier cyclone nous avons vu comment les vents violents ont fait tomber une grue à Port-Louis. On dit que des ingénieurs ont supervisé l’installation de ces antennes. Mais est-ce que les maisons sur lesquelles elles sont mises ont été construites initialement pour supporter un tel poids, surtout par temps cyclonique ? ».
« Nous sommes un jeune pays. Pourquoi devons nous singer bêtement tout ce qui se fait ailleurs. Pourquoi n’adoptons-nous pas le Principe de précaution et faisons attentions à ce que nous faisons ? Doit-on d’abord subir un drame pour que l’on réagisse ? », se demande encore le président de Solidarité Sodnac. « Nous allons nous mettre en campagne pour conscientiser les autorités des dangers des antennes relais dans les quartiers résidentiels. Elles ont le devoir de se préoccuper de la santé de la population ».