Il est un des danseurs les plus prolifiques du pays. Pourtant, Anthony Joseph conserve jusqu’au bout sa modestie. Son rêve est de devenir professeur de danse contemporaine. À cet effet, il passera dans quelques mois l’examen d’aptitude technique pour l’entrée en formation au diplôme d’État de prof de danse.
Anthony Joseph, c’est une boule d’énergie, un homme au grand coeur qui, malgré ses impressionnantes références dans le circuit de la danse, n’a de cesse d’évoluer. « J’ai commencé avec Patrick Ahtaw, qui m’a formé et qui m’a appris le langage de la danse. C’est la télévision qui a été mon point de départ dans mon choix de carrière. Je voyais des danseurs en perpétuel mouvement et je voulais absolument avoir la même aisance. La danse a traversé toutes les générations. C’est comme la musique, il suffit d’être dans le rythme et d’avoir une bonne dose de patience et, surtout, de la passion. » Il a touché à tout : le disco, la danse contemporaine, le jazz, le classique, le modern jazz… « La danse, c’est une ouverture incroyable. C’est un passeport pour la vie. »
Présence scénique, personnalité, originalité, techniques de danse remarquables. Anthony Joseph semble avoir toutes les qualités pour ce métier. Rebelle dans l’âme, il va là où le portent les courants musicaux. Une fois Anthony sur scène, l’émotion envahit les spectateurs. A chacun de ses pas, à chaque cadence, il restitue chaque mouvement avec une grâce exemplaire. L’artiste fait corps avec la musique, danse comme s’il respirait la vie. A ce propos, il confie avoir mis au point une de ses créations, REM (Respiration, Énergie et Mouvement), l’anagramme de « MER ». Sa danse, il la conçoit comme un tourbillon d’émotions. Comme le titre de sa création REM, à chaque pas, il cherche l’air, élément vital de survie. Comme une ode pour rendre hommage à l’air, l’eau et le vent. « Un des plus grands problèmes pour un artiste demeure les finances et les sponsors, qui se font de plus en plus rares. Monter un spectacle demande à la fois de l’énergie et de l’investissement. C’est la raison pour laquelle plusieurs artistes baissent les bras. » On l’a vu dans West Side Story, dans Marron Lib, spectacle du Réunionnais Daniel Facérias, ou dans REM Dance. « Un danseur se doit d’être versatile. »
Son rêve : danser en solo
Aujourd’hui, Anthony a soif d’enseigner et souhaite ardemment devenir professeur de danse. Cette passion de l’enseignement, il la doit à Stephen Bongarçon de SR Dance, qui a été comme un mentor pour lui. « Stephen m’a montré les qualités qu’il y avait en moi et m’a encouragé à développer mes talents et à les mettre à la portée des autres. »
Notre intervenant raconte le trac qu’il a eu lors de ses examens pour l’obtention du Certificat EAT à La Réunion récemment, document qui lui permet d’entreprendre d’autres études pour enseigner la danse, l’enseignement étant pour lui l’aboutissement de toute une carrière de danseur. « Je veux insuffler cette passion à d’autres jeunes, les encadrer et, surtout, les amener à être créatifs. »
Revenant sur son examen, Anthony en rit aujourd’hui mais avoue ce n’était pas le cas lors des auditions.  « J’avais un trac fou. Quatre jurys me dévisageaient et j’avais l’impression que j’étais la proie de huit yeux. (rires). Ils m’ont jugé sur ma performance technique, ma personnalité, le charisme que je dégageais sur scène… Leur thème était basé sur la variation libre, variation qui nécessitait de l’improvisation et une chorégraphie, le tout en un temps bien minime. » Un des points forts de ce danseur est qu’il va toujours au bout de tout ce qu’il entreprend. Des projets, il en a plein la tête, dont celui de danser en solo. Il a une pensée spéciale aussi pour sa troupe REM Dance, composée de sept danseurs. « Ce qui fait le succès d’un danseur, c’est sa persévérance et la qualité du travail bien fait. La danse permet de s’évader et d’aller à l’essentiel. » Anthony Joseph donne des cours au JBM de Grand-Baie, chez Kadans Studio, à Curepipe, et à SR Dance, à Palma, Quatre-Bornes.  Danser la vie, c’est son équilibre à lui.