Une veillée de prière nationale a eu lieu samedi sur la Place de la Cathédrale Saint-Louis en dépit du “oui” majoritaire au Parlement pour la dépénalisation de l’avortement dans des cas précis. Organisée par les paroisses de Port-Louis et présidée par Mgrs Ian Ernest et Maurice Piat, respectivement évêques de Maurice et de Port-Louis, cette veillée avait pour but de sensibiliser les Mauriciens, toutes confessions confondues, sur la valeur de la vie. Mgr Piat a invité les « Mauriciens qui aiment la vie » à poursuivre leur soutien envers « les femmes en détresse pour qu’elles gardent leur enfant ».
« Pour le droit de naître, le droit de vivre ». Devant la Cathédrale Saint-Louis samedi soir, une banderole portant ces phrases est affichée. En face, des Mauriciens, contre la légalisation de l’avortement dans des cas spécifiques, ont tenu à marquer de leur présence à cette veillée de prière. Intervenant après plusieurs discours, l’évêque de Port-Louis a rendu hommage « à quelques grands Mauriciens », en l’occurrence, les députés Aurore Perraud, Lysie Ribot, Arianne Navarre-Marie et Reza Uteem, qui se sont prononcés contre la dépénalisation de l’avortement dans certains cas au Parlement. « De vrais Mauriciens. On peut les applaudir », a estimé l’évêque catholique. Malheureusement, devait-il poursuivre, « j’ai senti un grand vide en dehors de ces quatre personnes ».
Mgr Maurice Piat a fait part de son constat au sujet des débats sur l’avortement. « Il y avait un point simple que personne ne voulait regarder en face. Le foetus qu’une mère porte en son sein, est-ce un objet ou est-ce un sujet ? C’est une chose ou bien un être vivant ? » Selon lui, tous les hommes de science y ont déjà répondu. « Le foetus n’est pas un objet, se pa enn dibyen. Se enn personn kinn komans viv. Si ti enn dibyen, nou ti kapav met li dan poubel. Me enn personn imin, nou pa kapav met li dan poubel. »
Selon le chef de l’Église catholique à Maurice, même si la loi sera prochainement votée au Parlement, « nous avons une responsabilité ». Il a ainsi exhorté « tous les Mauriciens qui aiment la vie, qui croient qu’un foetus n’est pas un objet » à continuer leur combat « pour aider les femmes en détresse à garder leur enfant ». Et d’ajouter : « kan nou trouv enn dimounn tonbe lor simin, ena enn la loi ki dir “non assistance à personne en danger”. » L’évêque a émis l’avis que « nous avons le devoir d’apporter notre soutien, d’une manière ou d’une autre, pour que l’enfant qui a commencé à vivre puisse naître. Nous devons collaborer avec les personnes qui le font déjà ».
L’évêque de Maurice Mgr Ian Ernest a quant à lui rappelé le sens étymologique du foetus qui, en latin, « veut dire engendrer de ma chair. Je suis simplement là pour dire que la justice doit triompher ». L’archevêque de l’océan Indien a invité à aborder cette question dans le sens de la justice. Et, s’inspirant de la Bible, il devait conclure : « Nous serons persécutés. Mais, heureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car le Royaume des cieux est à eux. »
Monique Dinan, du Mouvement d’Aide à la Maternité (MAM), a rappelé les paroles du pape Jean Paul II à la fin du XXe siècle : « Nous entrons dans une culture de la mort » en prenant la décision de légaliser l’avortement. Et celles du cardinal Jean Margéot en 2004 : « Un projet de légalisation […] à mon avis ne va pas dans le sens du progrès de notre société. C’est ouvrir la porte au déclin de notre pays. La protection de la vie humaine est une obligation. »
Toutes les paroisses à travers l’île avaient été invitées à organiser des veillées de prière ce week-end pour sensibiliser à la vie. Celle de la Cathédrale Saint-Louis, qui était animée par le père Gérard Mongelard, a été ponctuée de discours, de chants et de prières. Flambeaux à la main, les participants ont chanté Gard to la limyer alime. La soirée s’est clôturée par l’entraînant chant La Verite ki pou triyonfe.