L’Anti Violence Support Organisation a proposé vendredi de 9 heures à midi une session de travail ayant pour thème « Together Towards a Safer Mauritian Society ». Ses membres se sont ainsi réunis au Day Care Centre à Quatre-Bornes pour trouver des solutions au problème de violence dans le pays.
« Nous vivons dans une société où le crime et la violence sont omniprésents », a lancé vendredi Kokila Devi Deepchand, présidente de l’Anti Violence Support Organisation (AVSO). « C’est devenu tout à fait banal d’entendre à la radio ou de lire dans les journaux qu’un fils a tué sa mère, qu’un époux sa femme, qu’un père a abusé de sa fille… il y a aussi des cas de vols avec violence et de viols collectifs. » Une situation qui alarme la population à tel point que certaines personnes n’osent plus sortir de chez eux. 
Qu’est-ce qui pousse au crime ? Comment réduire le nombre de crimes ? Ce sont autant de questions abordées lors de la session de travail de l’AVSO, qui soutient que « notre paradis connaît une lente descente en enfer ». Cette rencontre en deux parties a débuté par l’intervention de plusieurs personnes ressources, notamment Shiva Coothen (inspecteur de police), Mme A. Luckeenarrain (Assistant Commissioner au Probation and AfterCare Services) et Kushima Gowry (enseignante de biologie au Newton College).
« Pour vivre dans une île Maurice meilleure, on ne peut compter exclusivement sur le gouvernement et la police, la population doit aussi y mettre du sien. Nous avons des droits mais surtout des responsabilités », a expliqué l’inspecteur Shiva Coothen. Il est d’avis que seule une collaboration active entre la police et la population pourrait améliorer la situation. 
L’inspecteur Coothen a d’ailleurs fait mention du  Community Policy, qui consiste à trouver au sein de la communauté des partenaires afin de lutter contre le crime. Un Neighbourhood Officer a ainsi pour mission de rencontrer certains habitants de la région dont il est responsable pour les convier à des réunions. Organisées à intervalles régulières, ces rencontres leur permettent de faire part de leurs doléances à la force policière. Les plaintes vont d’une simple absence de lampadaire à des cas de vols. « On ne veut plus d’agressions et de victimes. On veut plus de sécurité et on compte sur la coopération du public pour nous aider en nous signalant, par exemple, des activités suspectes, par exemple. »
Mme A. Luckeenarrain, pour sa part, a mis l’accent sur le travail des Probation and AfterCare Services, qui concerne « la réhabilitation des criminels dans la communauté, une baisse du taux de crimes, la sensibilisation du public sur les problèmes sociaux et la protection du public ». « À Maurice, on fait peu de cas des victimes et du choc psychologique qu’elles ont subi », a déploré l’Assistant Commissioner. Elle suggère que les lois soient amendées en vue de fournir un support psychologique aux victimes de façon formelle. 
Kushima Gowry a, quant à elle, rappelé que la violence parmi les jeunes est bel et bien présente. Cette enseignante rapporte notamment des cas de brimades et dénonce l’utilisation malsaine de réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. « Ces sites sont utilisés par certains jeunes pour dénigrer leurs camarades ». En outre, elle souligne qu’en ayant des contacts sur Facebook qu’ils ne connaissent pas, « les jeunes s’exposent à des risques ». Mme Gowry lance par ailleurs un appel au gouvernement pour mettre à la disposition de chaque école un psychologue à plein  temps.
Séparés en deux groupes lors de la deuxième partie de la session de travail, les participants ont discuté des solutions qui pourraient être adoptées pour une île plus pacifique. Parmi : des campagnes de sensibilisation pour le préprimaire, le primaire, le secondaire et le tertiaire avec l’accent sur la résolution des conflits, des cours sur la préparation au mariage dans toutes les autres religions, un contrôle plus sévère de la vente d’alcool, la formation des élèves pour mieux utiliser les réseaux sociaux et communiquer sans faire preuve de violence.