Créer une galerie d’art pour accueillir des expo-ventes temporaires et faire découvrir l’Inde et ses multiples facettes, ses talents, ses couleurs, la finesse de ses oeuvres. Abbas Currimjee et sa fille, Maya, tous deux amoureux de l’Inde, ont voulu tenter l’expérience en organisant pour la première fois dans un beau showroom rénové à Phoenix une exposition qui durera jusqu’au mercredi 29 mai. Cette vitrine géante regorge de belles pièces provenant d’époques et de régions différentes de la Grande péninsule. Treasures of incredible India, ce sont des sculptures en marbre blanc, des peintures, une sélection d’objets d’art de qualité et de meubles anciens.
Ce matin-là, Maya Currimjee, souriante, accueille et guide ses premiers clients. Une musique orientale apaisante, des mélodies cristallines mêlées à une ambiance feutrée et à une lumière tamisée nous transportent dans un voyage à la découverte de l’Inde ancestrale.
Dans cette ancienne résidence entièrement rénovée et transformée en showroom, objets d’arts et mobilier ancien sont joliment disposés et mis en valeur. La mise en scène de la décoration a été réalisée avec l’aide de Roger Martin, un décorateur sud-africain résidant à Maurice. « Nous exposons environ 250 pièces différentes et des céramiques. C’est une petite sélection de ce que l’Inde peut offrir », nous explique Maya Currimjee, sous le charme de ce pays.
L’idée d’organiser cette expo-vente est venue de manière impromptue. « Après avoir été en Inde récemment, mon père m’a suggéré l’idée d’ouvrir une galerie d’art pour organiser des expositions. J’ai préféré commencer par une expo-vente temporaire. Peut-être que cette initiative se développera en business. Pour l’instant, c’est une expo temporaire. Pour la suite, les projets sont en discussion », dit-elle.
L’amour des belles choses, Maya l’a hérité de son père dont elle parle avec fierté. « Mon père a toujours été un amoureux des belles choses. Et moi, j’ai baigné dans ce milieu-là. J’ai beaucoup voyagé. Mes parents m’ont emmenée dans de beaux hôtels, m’ont fait visiter des musées, des palais et, comme eux, j’ai développé l’amour des belles choses », dit-elle.
Au showroom qui fait face au centre commercial de Phoenix, la collection de mobilier ancien a été soigneusement entretenue. Parmi les pièces exposées, certaines sont mis en vente, comme cette malle indienne en teak, autrefois utilisée pour la dot. L’on ne peut s’empêcher d’être émerveillé par la magnifique collection présentée dans ce nouveau centre d’exposition, d’admirer le talent artistique des maîtres artisans indiens, leur dextérité et inventivité. La beauté des objets d’art attire le visiteur et peut le clouer sur place pendant un bon moment. « Les visiteurs sont pour la plupart des amateurs d’art, des collectionneurs. Certains clients sont des décorateurs, des artistes, des hôteliers. Nous avons aussi un certains nombre d’acheteurs qui ont une prédilection pour ces antiquités en provenance de l’Inde », ajoute Maya Currimjee.
La grande diversité d’objets reflète toute la culture, la spiritualité, les talents et les couleurs de l’Inde ancestrale et permet de découvrir son histoire. À l’extérieur, un magnifique nandee (vache sacrée) en bronze et grandeur nature. De pièce en pièce, des objets d’exception s’offrent au visiteur : vaisselle en marbre blanc ou en céramique, et les formes les plus variées de l’artisanat que la diversité ethnique et culturelle de l’Inde a généré.
Chaque objet permet de découvrir toutes les matières nobles privilégiées des maîtres artisans. Comme la pierre, qui, depuis des siècles en Inde, a été sculptée pour lui donner les formes attribuées aux divinités. Le marbre blanc, employé pour des objets décoratifs pour orner temples et palais, est présenté sous diverses formes. Vases, bougeoirs, bustes sur lesquels d’habiles artisans incrustent nombre de jolis motifs floraux. L’argent est aussi largement employé dans l’artisanat de qualité. L’une des plus belles pièces est celle représentant la main du danseur traditionnel indien. Le bronze est aussi utilisé pour la confection d’objets décoratifs ou utilitaires : coffres à bijoux, vases, animaux (on y trouve des chevaux, des éléphants, des vaches sacrées, etc.), ustensiles pour la présentation d’offrandes dans des temples. L’Inde produit également une gamme intéressante d’objets en bois. Parmi, on citera le bois de rose et le teak.
L’on est émerveillé devant cette porte en bois finement sculptée et peinte. Elle est caractérisée par des parties en relief et l’emploi abondant de couleurs et d’éléments décoratifs. On trouve aussi des méridiennes en teak, en bois de rose et en osier. Le jute et la laine sont des matières qui se retrouvent dans des tapis artisanaux qui n’utilisent que des colorants végétaux. Les os de chameaux sont aussi utilisés dans la fabrication de consoles, miroirs ou boîtes de rangements.
Du côté des arts picturaux, on ne pouvait passer à côté de ces dessins représentant une chasse au Rhinocéros, ou des peintures de Maharajas, et d’autres tableaux représentant des princes ou autres divinités. Les plus beaux sont ceux en relief avec l’emploi de dorure ou de fils d’or incrustés pour former des motifs décoratifs. Dans cette expo, le visiteur peut aussi apprécier les miroirs vénitiens ou encore les icônes russes.
Ces objets fidèles d’une époque, d’un pays où le sacré se mêle à la vie de tous les jours, sont issus de meilleurs ateliers, comme ceux de Hemant Periwal, un antiquaire, collectionneur renommé du nord de l’Inde. C’est à travers les voyages d’Abbas Currimjee en Inde que les relations se sont créées avec cet antiquaire. Ce dernier a ouvert sa première galerie, Mayur Arts, en 1977, dans cet hôtel mondialement connu, le Taj Lake Palace, à Udaipur. Aujourd’hui, il a étendu son business dans d’autres villes de l’Inde, comme Jaipur et Mumbai. Il a aussi une grande équipe de maîtres artisans spécialisés dans l’artisanat traditionnel.