« Le cinéma est un outil de représentation du monde, c’est la diversité des regards sur le monde… », explique Antoine Lopez, — réalisateur, conférencier et membre fondateur du Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand. Il intervenait sur le cinéma japonais des années 50 lorsqu’on l’a rencontré dans le cadre du projet L’Archipel des Cinémas, en collaboration avec le Festival du Court Métrage de Clermont Ferrand, le Mauritius Institute of Education et le Lycée des Mascareignes. La formation s’est tenue du 11 au 15 avril 2016 au MIE-Mauritius Institute of Education à l’initiative de l’Association Porteurs d’images.
Si une oeuvre cinématographique comporte une dimension signifiante dès lors qu’elle vaut pour celui qui la conçoit, mais aussi pour ceux qui l’appréhendent, elle peut être située dans le temps, socialement et son identité est relative aux significations construites dans la médiation autour d’elle.
Antoine Lopez s’intéresse au cinéma depuis 35 ans. Il y a une vraie demande, dit-il, en histoire du cinéma. Il structure et condense une histoire vaste et diverse pour des formateurs. Dans le cadre de la formation en histoire du cinéma donnée à Maurice essentiellement pour les formateurs, il a choisi d’intervenir sur la période 1895 – 1927 pour mettre en avant les moments forts en cinéma (le cinéma existant depuis 120 ans avec ses écoles, ses courants de pensée, etc.). Ses interventions ponctuées par des extraits de films choisis favorisent, nous semble-t-il, l’observation fine, la recherche de nouvelles informations, la construction de savoirs cinématographiques, mais aussi la capacité de mettre en question ses propres points de vue.
Pour saisir les enjeux d’apprentissage de l’éducation au cinéma, il faut expliquer que les savoirs sont pensés comme étroitement liés au processus culturel, la finalité étant de donner un bagage culturel à ceux qui veulent s’en emparer pour expérimenter des voies nouvelles, pour se projeter plus loin de ce qu’il est et de ce qui existe autour d’eux. « Il ne s’agit pas d’analyses poussées des courants et des écoles, mais de montrer que ces courants existent et qu’ils peuvent être déclencheurs de quelque chose… », nous dit A. Lopez. Ce n’est pas un atelier de travail pratique comme ça a été fait dans le passé, mais un état de ce qui a été fait dans le cinéma mondial à nos jours. L’objectif étant principalement d’apporter la connaissance du cinéma. « La culture est un ensemble de choses, c’est bien d’en connaître l’histoire… », explique notre intervenant. Quant à sa démarche, il s’agit de voir quelles sont les oeuvres produites, dans quels contextes, essayer de se pencher sur toutes ces oeuvres culturelles par le biais d’une caméra. L’enjeu pour les jeunes est de saisir les oeuvres cinématographiques comme des objets situés dans l’histoire du cinéma. Il ne s’agit plus seulement de comprendre, d’observer un film, mais aussi de le situer dans une histoire humaine et collective, dans une histoire des arts. On peut faire d’autres rapprochements : la manière de raconter un film, le plaisir procuré, ce besoin de magie pour vivre…