Dans un entretien accordé vendredi matin à Week-End, le leader du groupe de l’alternance — qui avait appelé à boycotter l’assemblée générale élective de la Mauritius Football Association — revient sur les évènements du 11 octobre 2013 qui continuent à bouleverser le football mauricien. La MFA, comme on le fait n’a toujours pas de comité officiellement élu malgré les «agissements de Samir Sobha à ce poste.» Pour Anwar Elahee, qui fut candidat à la présidence, cette assemblée a été une épreuve enrichissante pour lui et parle aussi de son expérience et les travers du football mauricien. «Vous savez quand un adversaire dispose de l’appareil entre ses mains et qui en plus utilise des méthodes sportivement incorrectes pour obtenir le vote des équipes, il ne vous reste de ce fait que deux options: Soit  rejoindre la mascarade et se laisser duper par des gens qui veulent à n’importe quel prix ou pour des raisons obscures être président d’une fédération comme la MFA ou lutter contre cette injustice, les magouilles et les marionnettes en tout genre et aussi ne pas être complice de cette situation», explique-t-il à Week-End pour ajouter aussi que le football n’a jamais été la priorité des personnes qui se proclament encore à la direction de la MFA.
— Anwar Elahee, trois semaines après la tenue de l’assemblée générale élective de la MFA que votre groupe avait boycotté, peut-on savoir comment les choses ont évolué depuis  et quelle est désormais votre position?
— Dans le sillage de l’organisation de cette assemblée générale, malgré un avis contraire du représentant de la FIFA, Primo Corvaro,  au siège de la fédération le 11 octobre dernier mon groupe avait noté plusieurs cas importants de vices de procédures qui à notre avis était inacceptables. Dans vos précédentes éditions vous-même avez eu l’occasion de mettre en exergue les propres règles de la Mauritius Football Association  (MFA) qui n’ont pas été respectées de près comme de loin. Cependant je dois préciser que ces vices de procédures n’ont pas eu lieu uniquement dans l’organisation des élections sur le plan régional, mais aussi sur le plan national. Ce qui est encore plus grave et d’où la raison de mon groupe d’appeler à un boycott de ces élections.
Je ne suis certainement pas un homme heureux pour avoir eu à lancer un boycott contre ma fédération, mais du moins notre groupe a la satisfaction d’avoir attiré l’attention de tout un chacun, y compris celle de la FIFA sur les «magouilles» à peine voilées. De plus, la complicité du secrétariat de la MFA qui étaient en cours autour dans l’organisation cette assemblée générale élective est vraiment aberrante.
Dans les jours qui ont suivi cette assemblée, que je qualifierais d’illégale et non reconnue, encore jusqu’à aujourd’hui par la FIFA,  nous avons écrit une série de correspondances à plusieurs institutions dont la FIFA, notre fédération mère, la Confédération Africaine de Football (CAF) et le ministère des Sports pour expliquer cette longue liste de vices de procédures et de demander la réorganisation d’une assemblée générale élective où les règles seront respectées pour tout un chacun. C’est-à-dire d’avoir la chance d’être candidat et d’être élu sans ayant à avoir à vendre sa conscience à autrui. Nous attendons les explications de la MFA après que la FIFA lui ait ordonné de nous répondre.
Pour répondre à la deuxième partie de votre question, notre position reste inchangée depuis le 11 octobre et bien avant  même. Nous attendons et nous faisons confiance à la FIFA, qui elle aussi à travers son représentant avait constaté que l’assemblée organisée par Samir Sobha était illégale.
— Avec recul pensez-vous que ce fut une bonne démarche que de boycotter cette assemblée élective du 11 octobre de la MFA?
— Du moins c’était l’unique recours qui restait à notre groupe. Vous savez quand un adversaire dispose de l’appareil entre ses mains qui en plus utilisent des méthodes sportivement incorrectes pour obtenir le vote des équipes, il ne vous reste de ce fait que deux options. Soit rejoindre la mascarade et se laisser duper par des gens qui veulent à n’importe quel prix ou pour des raisons obscures être président d’une fédération comme la MFA ou lutter contre cette injustice, les magouilles et les marionnettes en tout genre et aussi ne pas être complice de cette situation.
Le groupe de l’alternance a choisi de lutter contre ces nouvelles formes de corruptions qui se sont installées depuis ces trois dernières années dans le football local. Même au risque de nous retrouver qu’avec quelques personnes seulement dans notre groupe. Le groupe de l’alternance a proposé un projet pour réformer le football à Maurice comme à Rodrigues. Notre démarche n’est pas d’offrir des « petits cadeaux » instantanés dans le seul but d’avoir un vote pour les élections.
Ma démarche depuis le départ était claire, elle consiste à mettre en place un projet viable pour le football mauricien. Dans toute cette mascarade que nous voyons depuis ces trois dernières années avec d’une part un président international en la personne de Vinod Persunnoo et un président local symbolisé par Samir Sobha jamais et je pèse bien mes mots JAMAIS le football a eu la priorité sur les affaires personnelles. Hier c’était Vinod Persunnoo, aujourd’hui c’est Prem Jodha, mais le marionnettiste reste Samir Sobha. Le football n’aura aucune priorité tant que ces mêmes personnes qui ont conduit cette discipline dans l’abîme dans lequel il se trouve aujourd’hui  seront à la tête de la MFA. On cherche à placer Samir Sobha à la tête de la MFA pour une autre mission, mais pas pour sauver le football. Posez vous la question:  à qui profite ce crime contre le football mauricien ? Cherchez bien et vous allez trouver…
— Anwar Elahee donnez-nous des indices ?
— Analysez de plus près et vous aurez la réponse. Aujourd’hui ce crime est en train d’être commis au sein du football hier le crime a déjà été commis dans d’autres fédérations.
— Ce que vous affirmez-là Anwar Elahee est très grave ?
— Je suis pleinement conscient que c’est très grave et c’est la raison pour laquelle j’attire l’attention des gens du football contre les « piecemeal solutions ». Dans la majorité des cas un club se résume au dévouement personnel d’une ou deux personnes. « Zot ki koné kouma fer chaque la fin di mois kouma pour tire diable par la queue ». Je trouve que c’est inacceptable qu’on cherche à corrompre ces personnes avec  « en ti cash ou dire zot ou koné mo capave habille ou depis enbas juska la haut mais donne moi ou vote». Non notre football mérite mieux. Notre football mérite un projet. Notre football mérite de se refaire valoir sur le plan africain. Notre football mérite mieux qu’une 45e  place sur 50 pays au classement Africain de la FIFA.
—  N’avez-vous pas peur que la décision de boycotter cette assemblée puisse finalement jouée contre votre groupe ?
— Je reste persuadé que notre cause est juste et que nos décisions et nos actions sont cohérentes avec notre propre conscience et notre volonté pour apporter ce qu’il y a de meilleur à notre football.
— La FIFA peut ne pas apprécier cette démarche n’est-ce pas?
—  J’ai eu l’occasion de vous dire plus haut que la FIFA était présente à cette assemblée par l’entremise de Primo Corvaro qui heureusement connait bien le dossier de Maurice. En deux fois nous avons eu l’occasion de le rencontrer avec notre groupe ou en compagnie du secrétariat de la MFA ou de Samir Sobha. A chaque fois des vices de procédures ont été constatés et Primo Corvaro a déconseillé à l’acting secretary de la MFA, Pathak Ballgobin d’aller de l’avant avec l’Assemblée Générale élective. Mais ce jour-là les hommes de Samir Sobha ont mis la pression et certains ont même usé d’un langage violent à l’égard de Primo Corvaro.  Du reste le président sortant de
la MFA a confirmé cette situation dans vos colonnes récemment.
Mais pensez-vous cependant que vos griefs ont été entendus par le représentant de la FIFA à cette assemblée, Primo Corvaro?
— Nous n’avons aucun doute dessus. Primo Corvaro n’a pas simplement entendu mais ils les ont confrontés avec l’acting secretary general de la MFA lors de la réunion tripartie qui s’était tenue avant l’assemblée générale. Une fois qu’il avait confirmé les vices de procédures avec Pathak Ballgobin, il a sur le champ confirmé que cette assemblée ne peut avoir lieu. Puis il y a un fait important dans ce dossier que les autorités mauriciennes compétentes ne doivent pas négliger. Samir Sobha n’a pas encore eu sa lettre de félicitations de la FIFA. Ce qui nous pousse à dire que pour la FIFA il n’est pas le président de la MFA .
— De ce fait qu’attendez-vous aujourd’hui de la FIFA par rapport à ces élections?
— Notre groupe n’attend que deux choses de la FIFA. Premièrement confirmée les observations de son observateur Primo Corvaro et deuxièmement demandée au secrétariat de la MFA d’organiser des nouvelles élections sous la supervision d’une institution, comme la commission électorale.
— On comprend de ce fait que ni Anwar Elahee ni votre groupe ne reconnaisse Samir Sobha comme président de la MFA et pourquoi?
 — Certainement pas. Samir Sobha n’est pas le président de la MFA. Tout ce que lui et sa clique sdnt en train de faire actuellement au sein de la fédération est illégale pour toutes les raisons que je vous ai données plus haut.
— Pourquoi alors votre club, l’ASPL 2000, participe aux  éliminatoires de la MFA Cup ?
— Je sentais que cette question allait venir et c’est tant mieux. Je m’explique nous faisons la différence entre l’institution qu’est la MFA et les gens qui l’ont envahi pour le moment. Donc l’ASPL 2000 de même que mes autres camarades participent à la MFA Cup parce que nous croyons dans le football et il y a des joueurs qui  vivent de ce jeu.
Mais laissez moi quand même vous dire qu’heureusement le ridicule ne tue pas à la MFA. La MFA Cup a été stoppée durant la saison 2012-13 en raison, supposément, de  l’organisation du congrès de la FIFA à Maurice. Je pense que c’est une première dans le monde. Ce tournoi reprend durant la saison 2013-14 donc avec des nouvelles licences avec pour conséquence que des joueurs ont joué pour un club la saison dernière et se retrouve dans un autre club cette saison pour un tournoi de la saison passée.
— Pour revenir à ces élections comment expliquez-vous que quatre de vos proches lieutenants ont quitté votre camp à la veille des élections?
— Sans doute pour les raisons que je vous ai expliquées au début  de cet entretien ou pour d’autres raisons. Des fois, il arrive que les gens ne partagent plus les mêmes valeurs que vous pour des raisons insoupçonnées. Ils ont pris leur décision et je tiens à les respecter. Mais comme dit ce dicton « birds of same feather flog together».
— Vous vous sentez trahi aujourd’hui?
— J’aurais aimé vous dire non mais comment ressentir le contraire. J’ai été naïf de croire que le transfuge existait uniquement dans la politique. J’ai donc appris à mes dépends. Car je faisais confiance à ces personnes et j’ai été aussi naïf de croire que nous formons une famille du football et qui croyait dans l’avenir du football mauricien.
Nazir Bowud par exemple connaissait tous nos secrets de campagne et en décidant de cross the floor il n’a pas trahi que moi mais aussi son ami de club qu’est Jacques Bodha. Quant à Prem Jodha, le policier qu’il est je lui laisse à sa conscience de même que les autres, car le tribunal du peuple a déjà prononcé son jugement à leur égard.
— Quelle sont les leçons que vous tirez de cette expérience?
 — Malgré les coups bas et les trahisons je vous dirais sans hésitation que ce fut une expérience enrichissante. Malgré la fait que je suis dans le football depuis mon enfance, cette campagne électorale m’a appris à connaître une autre facette de l’être humain. A un point que je me pose  cette question ; faut-il avoir des millions de roupies pour devenir président de la MFA aujourd’hui ?
Malgré le fait que notre football bat de l’aile depuis plusieurs années, pour beaucoup tout se résume à une question d’argent. Ils n’hésitent pas à monnayer leur vote au risque de tenir en otage la direction de notre football. Et malheureusement il y a des pseudos-dirigeants sportifs qui savent comment tirer profit de cette situation.  Malheureusement aussi une organisation sportive s’y mêle  dans cette mélasse avec une démarche complice alors que son rôle aurait dû être neutre.
Quelle est la place pour le football dans tout ça? Je suis peut être naïf, mais au sein de l’ASPL 2000 nous avons un projet pour le football dans la capitale. Nous faisons de notre mieux pour la réussite de ce projet. C’est avec cette idée que je me suis porté candidat à la présidence de la MFA avec le soutien de mes amis du football mauricien. Certains ont décidé de me trahir sur la dernière marche, je dirais que c’est tant mieux. Mais il y a un groupe qui est toujours présent et nous continuerons à mener cette bataille pour le football et rien que pour le football.
Notre football mérite une fédération bien meilleure, j’en suis persuadé.