Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, Cader Sayed-Hossen, le slogan « le consommateur est souverain, le consommateur est roi », n’est pas creux, « mais le gouvernement a la responsabilité de protéger les intérêts des consommateurs à travers des mesures appropriées et une structure légale ». Il l’a soutenu, hier, dans un discours lu par son Permanent Secretary, Fareed Chuttun, à l’ouverture d’un atelier de travail organisé par l’APEC (Association for the Protection of the Environment and the Consumers) pour marquer la Journée mondiale des consommateurs.
Le gouvernement, à lui seul, ne peut le faire, a prévenu le ministre de l’Industrie et du Commerce, il a besoin de partenaires stratégiques telles les organisations des consommateurs qui jouet un rôle crucial. « Le mouvement des consommateurs a été plus ou moins lent et n’a pas encore gagné de momentum. Cependant, les mesures prises par le gouvernement ont stimulé la création des associations de consommateurs telles que l’ACIM, l’APEC et l’ICP. Le mouvement n’a pas fleuri parce que ce ne sont pas toutes ces associations qui sont actives pour créer un impact », a soutenu le ministre. D’où, a-t-il ajouté, le peu de participation active des consommateurs au sein de ces organisations.
Selon Cader Sayed-Hossen, la majorité des consommateurs dans le pays ne connaissent même pas l’existence de tels mouvements et où et comment leur adresser leurs doléances. S’agissant des plaintes reçues à la Consumer Protection Unit (CPU), le nombre a atteint les 4 024 en 2012, 7 612 visites ont été effectuées et 573 contraventions dressées.
Le président de l’APEC, Suttyhudeo Tengur, a suggéré la création d’un Bureau de Consumer Ombudsperson afin d’assurer la protection des consommateurs. La Consumer Protection Unit doit être fusionnée avec ce bureau, a-t-il observé. Aux consommateurs, il a demandé d’être vigilants et de ne pas courir vers les hypermarchés et supermarchés où les prix sont réduits de manière artificielle pour faire de la place aux nouveaux stocks de marchandises qui arrivent. « Les consommateurs ne doivent plus jouer un rôle passif, ils doivent être pro-actifs », a-t-il souligné. Pour sa part, le ministre du Business et des Coopératives, Jim Seetaram, a estimé qu’il faut vulgariser davantage les droits des consommateurs « car si vous ne connaissez pas vos droits, comment saurez-vous qu’ils ont été bafoués ? Comment saurez-vous si tel produit ou tel service n’est pas conforme aux normes ? Pour cela, vous avez besoin d’experts dans le domaine. Pourquoi l’APEC ne sollicite-t-elle pas l’aide des experts dans tous les secteurs de la consommation ? Ils sont nombreux dans le pays », a-t-il déclaré.
Quant à Mitradev Peerthum, journaliste et resource person pour l’occasion, il a mis en garde les consommateurs contre les promotions organisées par certains importateurs, supermarchés et hypermarchés. Il a soutenu que la responsabilité principale pour défendre les droits des consommateurs dans une société incombe au gouvernement. « Nous pouvons faire autant de propositions que nous voulons mais nous ne pouvons promulguer des lois ou créer des institutions. Nous pouvons cependant collaborer avec le gouvernement qui seul est habilité à le faire et à veiller à ce que les lois sont appliquées », a-t-il fait ressortir.